Blog-note des radicaux de gauche de la belle province
23 août
Joël-Denis Bellavance
La Presse
Ottawa
Le premier ministre Stephen Harper songe à déclencher des élections générales avant la rentrée parlementaire du 15 septembre et avant même les élections partielles prévues le 8 septembre dans les circonscriptions de Saint-Lambert et Westmount–Ville-Marie, au Québec, et dans Guelph, en Ontario, ont confirmé hier des stratèges conservateurs.
M. Harper songe donc à déclencher des élections générales avant la rentrée parlementaire du 15 septembre et avant même les élections partielles prévues le 8 septembre dans les circonscriptions de Saint-Lambert et Westmount-Ville-Marie, au Québec, et dans Guelph, en Ontario, ont confirmé hier des stratèges conservateurs. Une quatrième élection partielle doit avoir lieu dans Don Valley Ouest, le 22 septembre. [...]
23 août
Ceux qui ont pour habitude de consulter leur messagerie dès leur réveil auront pu trouver ce matin un courriel signé Barack, envoyé à 3h13, sur “le prochain vice-président“. Il semblerait que les choses aient été annoncées 2 heures avant sur certaines chaînes états-uniennes.
Le candidat démocrate y annonce qu’il a “une nouvelle importante” qu’il veut “rendre officielle” : “J’ai choisi Joe Biden pour être mon colistier“. Cette fois, c’est le candidat lui-même qui signe le message et invite à envoyer un courriel de bienvenue “au prochain vice-président“. Le lien renvoie à une nouvelle page sur le site du candidat, qui montre les deux hommes tous sourires, regardant dans la même direction: “Prenez une minute pour partager un mot personnel de bienvenue à Joe dans notre mouvement pour le changement“.
21 août
Voici ce qu’on a pu lire, hier, dans un communiqué du Parti Québécois :
La chef péquiste Pauline Marois a rapidement tempéré les propos du député François Legault, selon qui le Parti Québécois devrait mettre de côté son projet souverainiste en raison du cynisme de la population à l’égard de la classe politique.
Au cours d’un point de presse en marge de la réunion des députés péquistes, à Bécancour, Mme Marois a affirmé cet après-midi que le PQ avait au contraire lancé des comités de travail qui préparent actuellement un manifeste pour la souveraineté, qui sera présenté en octobre.
Selon elle, il est faux de prétendre que la population n’est pas prête à entendre parler de grand projet collectif.
En matinée, le député Legault estimait qu’il n’était pas réaliste de proposer un projet collectif de cette ampleur dans de telles conditions de crise de confiance. Il proposait de mettre de l’avant des projets de gouvernance pour régler les problèmes en santé et mieux faire face au ralentissement économique, notamment.
Ce matin, les choses s’affinent et on peut lire dans le Devoir que François Legault estime que le PQ doit se contenter d’offrir à l’électorat de former un bon gouvernement. «Les gens se disent: avant de m’embarquer dans un grand projet, un grand changement, y a-t-il moyen de régler les problèmes financiers, nos problèmes dans nos écoles, les inquiétudes qu’on peut avoir au niveau de notre emploi, de notre économie?», a-t-il fait valoir.
En soit, voici une affirmation qui tombe sous le sens. Nous lui répondrons néanmoins que c’est souvent l’objectif des campagnes électorales que de gagner la confiance des citoyens-électeurs. Cependant, là où se trompe François Legault c’est que le Parti Québecois souffrira toujours d’une espèce de schizophrénie s’il n’assume pas son souverainisme. Or, ce souverainisme forme toute sa valeur intrinsèque. Le PQ à certes des tendances réformistes et de certaines accointances pour le centre-gauche, mais cela ne forme nullement son identité et bien de ses membres n’épousent pas ces idées progressistes.
En clair, prétendre qu’il faille se contenter d’une saine gouvernance relève d’une grave erreur de jugement. Gouverner, c’est faire des choix, car comme le disait Anatole france «il n’y a pas de gouvernement populaire. Gouverner, c’est mécontenter», et le PQ se verra éternellement éconduit à de nouvelle dissonances internes si il n’assume pas ce qui constitue son mortier idéologique : son souverainisme.
16 août
… C’est du moins ce qu’affirme le chef souverainiste du Bloc Québécois, Gilles Duceppe.
Selon lui, plus le temps passe et plus le gouvernement fédéral tend à adopter des politiques et des lois fondées sur des valeurs hyper conservatrices, rigides et autoritaires à tel point qu’il a affirmé ne pas vouloir « vivre dans une société où Harper serait le Big Brother», le jugeant « inquiétant, très inquiétant ».
Selon lui, le genre de politiques mises de l’avant par les conservateurs depuis quelque temps, « on retrouve cela à la droite du Parti républicain, aux États-Unis ». Pour appuyer sa thèse, il a évoqué notamment le dépôt du projet de loi C-10 qui, selon ses détracteurs, ouvrirait la porte à la censure au cinéma, et surtout l’abolition de plusieurs programmes culturels. Par ailleurs, depuis le printemps dernier, ce ne sont pas moins de 10 programmes de Patrimoine canadien qui ont été abolis, dont ceux destinés à financer les tournées d’artistes à l’étranger.
Le fait qu’au total Ottawa épargnera ainsi 23 millions, sur un budget total de 220 milliards, lui fait dire que la motivation réelle du gouvernement n’est pas économique, mais idéologique.
Quant aux libéraux, ils comptent bien tirer partie de ces annonces de compressions budgétaires. En conférence de presse, vendredi à Montréal, le porte-parole libéral chargé du patrimoine, Denis Coderre, a dit s’attendre à ce que le comportement du gouvernement de Stephen Harper ait « un effet catalyseur ».
S’inquiétant des restrictions de plus en plus grandes dans le milieu culturel, il a d’ailleurs avancé qu’il s’attendait à ce que le Fonds canadien de télévision (avec un budget annuel de 250 millions $) ainsi que le secteur de l’édition deviennent à court terme d’autres cibles pour des réductions budgétaires de la part des conservateurs.
16 août
Sur le site toutelatele.com :
Ce vendredi 15 août, le magazine Faut pas rêver a, une nouvelle fois, convaincu les amateurs de l’évasion et du voyage. Pour ce nouveau rendez-vous, Laurent Bignolas est parti visiter le Québec.
De Montréal à la piste des trappeurs en passant par le Grand Nord ou l’oeil de cristal de Nunavik, 2.81 millions de téléspectateurs ont suivi ce périple montrant toute l’étendue du Québec.
En rassemblant 17.1% du public présent devant son poste de télévision, Faut pas rêver a réalisé sa meilleure performance de l’été et a permis à France 3 d’être la 2e chaine la plus regardée de la soirée.
Trois autres numéros seront proposés avant le retour de l’inoxydable Thalassa avec comme destination, le Bénin, la Mongolie et l’Argentine.
13 août
Depuis le début de la semaine, de nombreuses analyses regardent de l’autre côté de l’Atlantique pour comprendre le phénomène des émeutes. Mais le Québec n’est pas la France! Préservons le modèle québécois par la recherche du dialogue et du respect.
Quelques jours après les tragiques évènements dans Montréal-Nord, certains osent déjà établir des parallèles entre ces derniers et le détestable climat qui règne depuis plusieurs années dans les banlieues françaises. Il est vrai que s’il existe une concordance réelle et non fantasmée entre le traitement médiatique des émeutes que nous venons de vivre à ici avec ce qui a pu se produire de l’autre côté de l’Atlantique ces dernières années, ce serait certainement les interrogations sur la validité des modèles d’intégration nationaux.
De manière plus générale et sans céder au sensationnalisme adopté par certaines presses, on a communément pointé du doigt l’échec du multiculturalisme anglais après les attentats de Londres; les ratages du melting-pot et du rêve américain après les ravages du cyclone Katrina sur la Nouvelle-Orléans; la fin du modèle néerlandais après les meurtres du réalisateur polémiste Théo Van Gogh et du leader d’extrême-droite Pim Fortuyn ainsi que la récente fatwa contre Ayaan Hirsi Ali; l’incapacité du modèle d’intégration républicaine français à dépasser sa diversité cuturelle et peut-être va-t-on bientôt s’interroger à l’étranger de la validité du multiculturalisme canadien. Il reste toujours plus évident de stigmatiser la crise naissante des différents« modèles » pourvu qu’il s’agisse de celui du voisin…
Or, affirmer que les modèles d’identités nationales, à l’heure d’une mondialisation inéluctable, soient en crise n’a rien d’extravagant; mais affirmer l’échec d’un modèle plutôt qu’un autre révèle plus un cloisonnement nationaliste quand il faut se rendre à l’évidence qu’il n’existe aucune modèle universel fiable. Les évènements actuels doivent donc s’appréhender dans une perspective beaucoup plus généraliste.
En France, en 2005, toute la classe politique s’était unie dans une forme d’union républicaine (plutôt rare au quotidien) pour affirmer l’impérieuse nécessité de restaurer les « principes républicains ». Cependant, le débat qui en a suivi n’a fait que révéler des problématiques beaucoup plus concrètes, relevant notamment de la perte de légitimité de l’État-nation dans ses prérogatives classiques. Ce constat découle plus de l’intégration européenne et de la loi des marchés transnationaux que de l’improbable oubli de valeurs aussi fondamentales que l’égalité ou l’humanisme. Précisons d’ailleurs que ces dernières, d’ailleurs, n’ont jamais constitué un corpus monolithique car faut-il rappeler que le prétendu « âge d’or » de la République française a été bousculé par des groupes aussi différents que radicaux laïcs, communistes, socialistes démocrates, catholiques, royalistes, populistes voire même groupes fascisants. Et, au Québec, pas moins qu’ailleurs, le rapport à l’identité collective est aussi protéiforme que mouvant dans le temps et l’espace.
Alors pour refuser de céder à certaines tentations d’analyses discriminantes, il est nécessaire de concentrer nos efforts sur la place à consentir aux institutions publiques dans la vie de la cité. On l’a vu, la cible des émeutes reste le dépositaire de l’autorité publique. Quoi qu’on en pense, le Maire de Montréal, Gérald Tremblay, l’aura noté en affirmant qu’il ne tolérerait « pas que des policiers, des pompiers et des ambulanciers soient victimes d’atteintes physiques ». En ce sens, le débat sur le rapport à la collectivité des différentes communautés culturelles ne serait en fait qu’un avatar rassurant pour oublier le problème réel de la vie quotidienne de milliers de citoyens. Le prétexte d’un débat sur l’intégration de la diversité ne serait qu’une illusion, or, lorsqu’on se trompe de problème, on ne risque pas de résoudre quoi que ce soit.
L’expression imparfaite d’une critique sociale justifiée
En fait, ce n’est pas l’intégration en elle-même qui doit être remise en cause, mais plutôt notre rapport à une classe sociale pauvre (un néo-lumpenproletariat pour certains, une underclass pour d’autres). En l’absence d’études sur les phénomènes des émeutes puisque le celui-ci est nouveau ici, nous pouvons constater qu’ailleurs, globalement, les parents des jeunes en révolte furent pour la plupart membres de la classe ouvrière. La désindustrialisation (et, par là même, la disparition de la culture ouvrière traditionnelle), a conduit à une forte dévalorisation de la valeur du travail. Le problème des « pauvres », c’est que l’économie moderne n’en a plus besoin. Et cela est un phénomène que la France partage avec le reste du monde occidentale. Aussi, le combat pour l’intégration d’une underclass est le même de Londres à Los Angeles en passant par Montréal ou Paris. En l’absence d’une socialisation par la travail telle qu’elle avait pu exister par le passé (association ouvrières, syndicats, etc.), la crise actuelle n’est pas nécessairement une spécificité française. Elle est plutôt un phénomène commun aux sociétés post-industrielles, même si, bien sûr, l’état du marché de l’emploi reste ici éminemment différent et le taux de chômage français (réel pas officiel) bien supérieur à nos réalités.
Après les émeutes de 2005, le sociologue français Jean-Jacques Yvorel avait proposé que si « les pratiques des émeutiers se situent hors du répertoire d’action collective légitime de la France d’aujourd’hui », il n’en demeure pas moins qu’elles « ne saurai[en]t être rejetée dans la délinquance pure et simple ou l’insignifiance ». Il assimile donc ces mouvement à ce qui constitue « un répertoire d’action collective ancien, “protopolitique” », c’est-à-dire où les perspectives de transformation politique ou sociale sont absentes, mais qui comporte néanmoins une critique de l’ordre établi. Il établit d’ailleurs de sérieux points de convergence entre les « émotions paysannes » des XVIIe-XVIIIe siècles ou les rébellions de « l’été rouge » de 1841 et les émeutes de novembre 2005.
Évitons le discours politique amalgamant et réducteur
Peu compréhensif, on a connu Nicolas Sarkozy pour le moins vindicatif à l’égard des « jeunes », tant par le préjugé négatif (« caïds », « racailles », etc.) que dans certains échanges verbiaux, notamment sur un plateau de télévision où il avait répondu « vous êtes ici entre gens bien élevés ». Or, le langage de ces jeunes, relégués au rang de « citoyens de deuxième zone », n’a malheureusement pas été baigné par la rhétorique universitaire ou politicienne.
Avec surprise, on a pu lire dans un autre quotidien que lorsque Nicolas Sarkozy a été muté à l’Économie et aux Finances, en 2004, « le climat avait beaucoup changé en France. La racaille ne faisait plus la loi ». Bien que fausse et péremptoire, cette affirmation contient une mince vérité. Le climat avait effectivement changé: il avait réussi à diffuser à la fois une idée et une image, celles des jeunes, en déshérence sociale, dont il a fait des « quasi sous-hommes » parce qu’ils ne disposeraint pas du même capital économique, social et culturel. Mais si l’on a beaucoup focalisé notre attention sur Nicolas Sarkozy, il ne faut pas oublier qu’un ancien Ministre de gauche, Jean-Pierre Chevènement, avait qualifié ces mêmes jeunes de « sauvageons » quelques années auparavant.
Le Canada dispose d’un héritage politique certain et la construction d’un rêve multiculturaliste crée la spécificité de son identité. Elle ne doit pas pour autant constituer une outrageante fierté, car elle n’est pas exempte de vicissitudes, et d’autres choix auraient pu être faits sans être pour autant blâmables. Cela dit, il existe au Québec une quête de l’identité collective qui tranche avec une tendance naturelle à l’individualisme anglo-saxon et qui constitue, en cela, un atout majeur pour répondre aux défis qui se posent aujourd’hui.
La France n’a jamais su tirer les enseignements de 30 années d’embrasements de ses banlieues. Les politiques et autres« plans banlieues » se sont multipliés sans réels changements et, surtout, aucune tentative sérieuse n’a été menée pour redessiner les rapports entre un État en perte de vitesse et ses quartiers. Peu à peu, la France s’est retirée de ces derniers qualifiés de « zones de non-droit », à commencer par une éducation nationale qui ne sait plus comment répondre correctement à des enjeux auxquels elle ne s’est jamais préparée… Et la politique répressive de Nicolas Sarkozy n’a rien arrangé à l’affaire lorsqu’il s’est évertué, dès 2003, à contester l’intérêt d’une « police de proximité » qui privilégierait le travail social dans les quartiers aux résultats, notamment en matière d’interpellations. La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a régulièrement relevé l’augmentation des plaintes depuis 2002 jugeant également que certaines méthodes de la police comme la fouille à corps et le menottage sont utilisées abusivement. Entre 2006 et 2005, les saisines de cette commissions ont augmenté de 25%!
Alors oui, la Québec n’est pas la France: il faut que notre société, celle dont nous héritons ou que nous avons adopté par choix, soit à même de corriger au plus vite ses faiblesses. En ces instants d’une rare gravité, l’actualité laisse entrevoir un espoir. Malgré le traumatisme, et grâce à cette incroyable fierté et volonté de surmonter les problèmes, Montréal-Nord s’est rapidement ressaisi. Institutionnels, citoyens, politiciens, intervenants sociaux et communautaires se mobilisent déjà. Certains auraient pu y voir là une crise insurmontable, car « la crise vient justement de ce que le vieux meurt et de ce que le neuf ne peut pas naître ». Mais les citoyens montréalais sauront donner tort à Antonio Gramsci en rendant le plus bel hommage qui soit à Freddy Villanueva, celui de contribuer à l’émergence de solutions renouvelées et apaisées aux tensions sociales et institutionnelles qui minent les quartier les plus défavorisés des cités occidentales.
12 août
Voir aussi l’article d’André Pratte sur le site de La Presse
10 août
Le Nouveau Parti démocratique de Jack Layton se retrouve au cœur d’une polémique après le dépôt à la Chambre des communes, en juin dernier, d’une pétition par Libby Davies. Celle-ci est présidente le groupe parlementaire du NPD.
Le 10 juin 2008, Libby Davies, a donné lecture à la Chambre des communes du Canada d’une pétition de citoyens appelant à l’ouverture d’une enquête canadienne sur les attentats du 11 septembre 2001.
Signée par 500 personnes, cette pétition accuse «des éléments au sein du gouvernement» états-unien de «complicité de meurtre» pour avoir orchestré les attentats du 11 septembre 2001. En conséquence, elle demande à Ottawa de mener sa propre enquête sur les événements dans le but de «poursuivre en justice les vrais coupables devant les juridictions internationales».
Même si Mme Davies affirme ne pas adhérer au contenu de ladite pétition (elle n’en est d’ailleurs pas signataire), à sa lecture, les partisans d’une analyse «complotiste» des évènements du 11 septembre y ont reconnut un soutien à leur démarche.
Quoiqu’on puisse penser, en son fort intérieur, du contenu de cette pétition (qui est ouvertement partiale, chose qui n’honore pas la demande d’éclaircissement), il n’est pas anodin qu’un pays allié des États-Unis, en arrive à s’interroger sur le processus qui l’a conduit à s’engager dans l’injustifiable guerre d’Irak. Ce ne sont que les légitimes soubresauts d’un peuple qui comprend lui aussi que son adhésion n’a été obtenue que par le mensonge.
Fantasme paranoïaque ou requête valable, peu importe: il est inadmissible qu’un Gouvernement persiste à utiliser le traumatisme du 11 septembre pour justifier son alignement idéologique avec Washington, notamment quand Harper annonce des dépenses de 490G$ de dollars d’ici 2028 en dépenses militaires.
Voici le texte de la pétition :
«Nous, les soussignés, citoyen du Canada, voulons attirer l’attention de la Chambre sur ce qui suit :
Que, des témoignages et des preuves scientifiques démontrent que le rapport de la commission d’enquête officielle sur les évènements du 11 septembre 2001 est un document frauduleux et que ses auteurs, consciemment ou inconsciemment, sont coupables d’occulter les évènements réels du 11 septembre 2001. Les preuves amassées démontrent de façon évidente que les tours 1, 2 et 7 du World Trade Center ont été démolies a l’aide d’engins explosifs et que la théorie officielle supportant la thèse que les trois tours se sont écroulées suite à l’impact des avions et de la chaleur des incendies qui suivirent est de façon irréfutable, fausse.
Nous croyons fermement que des éléments au sein du gouvernement états-unien ont été complices du meurtre de milliers d’innocents le 11 septembre 2001. Cet évènement a conduit le Canada à s’engager dans la prétendue « guerre au terrorisme » et à changer notre politique nationale et internationale pour le pire. Le 11 septembre 2001 va continuer à avoir des conséquences néfastes pour tous si nous refusons d’examiner les faits attentivement et de façon objective.
Par ces motifs, les signataires de la présente pétition demandent au Parlement :
(1) De lancer immédiatement sa propre enquête sur les évènements du 11 septembre 2001 au nom des 24 citoyens canadiens tués le 11 septembre 2001 à New York City.
(2) Agir de façon légale, à la lumière de sa propre enquête, en aidant à poursuivre en justice les vrai coupables devant les juridictions internationales.
Pour la vérité et la responsabilité,»
8 août
Quelle laïcité le Québec doit-il inventer pour le XXIe siècle? La laïcité est-elle un concept suffisamment pertinent pour affronter des défis comme le multiculturalisme, la menace intégriste et le besoin de se référer à des valeurs solides pour répondre aux multiples questions d’ordre éthique? En bref, est-elle le fruit dépassé d’archaïques querelles ou un idéal suffisamment mobilisateur pour répondre collectivement aux défis de l’avenir et inspirer pour de bon les rapports entre États et citoyens, dans toutes leurs diversités?
Au sujet du fait religieux, et avec la crainte grandissante du monde occidental à l’égard de l’islam, la presse internationale aura certainement retenu ces derniers jours le fait que le Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir en Turquie, a frôlé l’interdiction en raison du potentiel danger qu’il ferait peser sur la République laïque.
Le 30 juillet dernier, après de longues heures de délibérations, le président de la Cour constitutionnelle turque, M. Hasim Kilic, a annoncé que l’AKP ne tomberait pas sous le coup d’une interdiction. Lors d’un vote pour le moins serré (six voix se sont prononcées en faveur d’une interdiction), une seule voix de plus aurait permis de changer la donne. Autant dire que l’AKP a sauvé sa peau d’extrême justesse…
Parallèlement, à 7 600 km de là, choqué qu’une prière ait pu être prononcée à plusieurs reprises en Conseil municipal, un citoyen de Saguenay, appuyé par le Mouvement Laïque Québécois (MLQ), lance une poursuite de 100 000 $ en dommages et intérêts contre la Ville et son maire, Jean Tremblay. Déjà, le 22 septembre 2006, la tribunal des droits de la personne s’était rendu aux arguments invoqués par le Mouvement Laïque du Québec (MLQ), en statuant sur le fait que de telles prières devaient cesser, car portant atteinte « de façon discriminatoire au droit à la reconnaissance et à l’exercice de la liberté de religion et de conscience » des citoyens. Enfin, en mai dernier, la Commission des droits de la personne avait déjà estimé que la prière avant les séances du conseil municipal de Saguenay contrevenait à l’obligation de neutralité des pouvoirs publics.
Bien sûr d’aucuns diront qu’il ne peut s’agir ici du même différend, qu’on ne peut mettre sur le même plan des inquiétudes à l’égard de politiques fondées sur une doctrine religieuse dans un pays de 70 millions d’habitants et un rituel aussi coutumier que folklorique dans le Conseil municipal d’une ville de 145 000 personnes.
Et puis, en France, le Président Sarkozy s’est évertué, tout au long de l’année à défendre le principe d’une laïcité dite « ouverte » aux contours aussi flous que menaçants à l’égard d’une tradition qui est devenue séculaire.
De l’intérêt de la constitutionnalisation de la laïcité
Quoiqu’il en soit, le concept de laïcité à la française, souvent considéré comme le plus radical, est de toute évidence fort différent de celui adopté par le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le modèle républicain français est fondé sur le résultat d’une soustraction des prosélytismes religieux dans la sphère publique, c’est à dire la suspension de la foi comme base de l’association politique. Celle-ci se fonde sur le pouvoir critique et rationnel d’individus singuliers et libres et qui n’a aucune dette, du coup, à l’égard d’une quelconque appartenance religieuse, culturelle ou autre. Cette conception, fruit des Lumières, doit beaucoup à Condorcet prônant la souveraineté individuelle. « L’individu n’a aucune raison de faire confiance, de croire sur parole: car seul le vrai a valeur d’autorité et hors de l’usage de la raison, il n’existe pas de critère absolu du vrai; dans ces conditions l’État devra faire le maximum pour armer les citoyens contre l’erreur. Tel est au fond la mission première de l’école publique. Tel est aussi le rôle de la loi qui est là pour protéger l’instruction, pour écarter les pouvoirs, toujours suspects, autrement dit pour garantir l’indépendance de chacun ». En conséquence, pour que l’État respecte toutes les croyances de manière égale, il ne devrait en reconnaître aucune. Ce principe a été énoncé essentiellement en deux temps , à commencer, bien sûr, par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui est reprise par le préambule de la Constitution de 1958, dont l’article premier énonce que « la France est une République laïque ». Pour résumer, la laïcité française doit s’appréhender comme étant une séparation formelle et réciproque entre les Églises et l’État. À l’inverse, la laïcité turque est unilatérale et est de nature à garantir l’ordre public.
Ne l’oublions pas, constitutionnellement, « l’État turc est [viscéralement] républicain, nationaliste, populiste, étatiste, laïque et réformateur » (« Türkiye Devleti, Cumhûriyetçi, Milliyetçi, Hâlkçı, Devletçi, Laik ve İnkılâpçı’dır »). Cet héritage que les turcs doivent à Mustapha Kemal est le principal produit d’une laïcisation qui avait été engagée plusieurs années auparavant et dont la principale conséquence sera certainement le droit de vote aux femmes dès 1934 (6 ans avant le Québec et 11 ans avant la France !). Ainsi, bien qu’à 99 % musulmane, la Turquie interdit le port du voile dans ses écoles et ses institutions publiques. D’ailleurs une tentative récente d’autoriser le voile dans les universités a été refoulée par la Cour constitutionnelle. Pourtant, la laïcité turque n’est pas une laïcité de stricte séparation: l’État garde un contrôle sur l’islam officiel et il a intégré l’essentiel du corpus de l’islam réformiste. Aussi, en Turquie, comme en France d’ailleurs, le fait laïc est produit d’une lutte sociétale, une rupture franche avec le passé, qui n’aura eu de cesse de combattre des décennies d’emprise du religieux sur la vie des citoyens.
L’autre système plus anglosaxon qui est fondé sur une conception éclatée de communautarismes juxtaposés, c’est à dire une communauté des communautés, telle que la définit Robert Stanfield et Jœ Clark, ex-Premiers ministres. L’État détermine alors ce qu’il est en mesure de tolérer dans le cadre de sa responsabilité de sûreté publique, de protection des biens et de paix civile, notamment en veillant à harmoniser les différentes composantes de la nation. Cela l’amène nécessairement à accommoder autant que faire se peut les différentes communautés culturelles et religieuses.
Pourquoi ces interprétations? Simplement en raison des Constitutions nationales. Si la France à exclu au moins théoriquement Dieu des débats politiques, il n’en va pas de même au Canada. Dieu est présent dans la Constitution canadienne qui, bien que jamais ratifiée par le Québec l’y assujettit. Il est présent aussi dans le préambule de la Charte des Droits et Libertés. Il y est écrit: « Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit…. ». En bref, le Québec ne saura sortir des vicissitudes des accommodements raisonnables sans constitutionnaliser la laïcité. N’oublions pas qu’il n’y a pas si longtemps encore, étudier se faisait sous les hospices de l’Église. La Révolution tranquille avait peut-être laïcisé les institutions, mais il a fallu attendre la fin des années 1990 pour que l’école publique devienne laïque.
On le voit, la laïcité n’est pas un bloc monolithique de granit, et s’il est une erreur du camp laïc, c’est de considérer que la laïcité est un principe, par essence intangible et universel. Cela rappellerait d’ailleurs le mot de Robespierre, si on se permet de le paraphraser très imparfaitement, « périssent le bien commun, plutôt qu’un principe ». La laïcité est plus qu’un principe, elle est un outil d’affirmation de l’homme, de sa prédominance sur la routine des préjugés; mais si la laïcité est certainement le plus formidable moyen pour l’homme de se désaliéner, elle reste constamment menacée, car elle repose sur la remise en cause constante du dogme. La laïcité est rationaliste dans le sens qui en est donné par Gaston Bachelard: il faut « remplacer le savoir fermé et statique par une connaissance ouverte et dynamique ». Or, pour tout individu, qu’y a-t-il de plus compliqué que le constante dé-construction de son opinion? Pourtant, c’est là la première mission de l’État, contribuer, par sa neutralité, à ce que l’individu puisse cheminer librement dans sa Raison: la laïcité protège la liberté de penser.
Cette neutralité des institutions prévaut aussi dans le respect de la diversité. La démocratique reconnaissance de la diversité d’opinion, de croyance, de conviction, etc. implique nécessairement le fait qu’aucune de ses identités intellectuelles ne soient privilégiées, au risque, à défaut, de mettre au ban de la société tout un pan de la diversité qui constitue autant de richesse. En refusant la primauté d’un groupe sur une autre, la laïcité protège la liberté de croire.
Au point de confluence de ces deux aspects, il y a la pratique individuelle de la laïcité qui permet la libre pratique du culte religieux, dans les limites et le respect des lois et règlements, au sens qu’implique l’article 3 de la Charte des droits et libertés de la personne qui érige la liberté de conscience, de religion, d’opinion, d’expression, la réunion pacifique et d’association en liberté fondamentale.
En théorie, la laïcité « à la française » ne se décline point, elle s’applique. La fameuse loi de 1905 si souvent invoquée en France ne comporte pas une seul fois le mot laïcité. Ce n’est autre qu’une loi de régulation des rapports de l’État français avec les Églises. Elle introduit les principes de non-ingérence et de séparation avec les institutions religieuses. L’essentiel n’est donc pas dans le droit, mais dans l’esprit: c’est le vote de la loi qui a marqué la laïcisation de le France, pas sa publication. Pendant longtemps la France s’est contentée de cela et ce n’est qu’avec la judiciarisation progressive du débat que la laïcité a commencé à perdre du terrain. Du Conseil d’État aux récents discours de Nicolas Sarkozy sur la « laïcité positive » en passant par la loi de 2004, c’est en cherchant à y apporter des réponses modulées et autres atermoiements que l’on a finalement réussi à la vider de sa substance.
Si la laïcité doit être protéiforme car devant s’adapter au temps et à l’espace, elle doit néanmoins être homogène. Elle ne peut viser certaines communautés plutôt que d’autres. Elle doit, surtout, s’appliquer en priorité à l’État et à ses représentants élus. Ces derniers sont dépositaires d’un mandat donné par l’ensemble de la communauté des citoyens. Ils doivent s’efforcer de représenter y compris ceux qui n’ont pas voté pour eux. C’est en ce sens que les membres du Conseil municipal de Saguenay, tout comme ceux de l’Assemblée nationale du Québec ne peuvent et ne doivent cautionner la prééminence d’un culte sur l’autre que ce soit par une prière ou un crucifix.
Dans le quotidien Le Devoir des 27 et 28 octobre 2007, Gil Courtemanche, affirmait avec justesse que « les valeurs qui définissent le Québec d’aujourd’hui ne sont pas celles qui définissaient notre identité quand l’Église et Duplessis régnaient sur le Québec. [...] Le catholicisme ne fait pas partie de l’ADN identitaire québécois, il fait partie de son curriculum vitæ ».
Alors pourquoi devrait-on enlever son symbole religieux quand d’autres ont le droit d’arborer les leurs jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir? Catholiques, chrétiens, orthodoxes ne sont rien d’autres que des communautés culturelles au sein d’une société laïque, et la faute ne pèse nullement sur les autres communautés qui sont logiquement en droit d’avoir des demandes similaires.
Napoléon se serait demandé en 1801 « comment avoir de l’ordre dans un État sans religion? La société ne peut exister sans l’inégalité des fortunes et l’inégalité des fortunes ne peut subsister sans la religion ». Sans en partager l’aura, M. Nicolas Sarkozy en partage au moins le cynisme. Affirmer à Riyad que « Dieu est au cœur de chaque homme » est un desiderata philosophique inquiétant de la part du chef d’un État laïque. Lors de sa visite au Vatican, Nicolas Sarkozy avait évoqué « les racines chrétiennes de la France », mais il également appelé à les « valoriser » tout en précisant que la religion était « un atout ». Cela nous rappelle également certaines de ses initiatives communautaristes comme la mise en place du Conseil Consultatif du Culte Musulman. Cela n’est pas sans rappeler la Turquie dans le sens où il n’y a pas de séparation stricte entre la religion et l’État, mais plutôt une mise sous tutelle de la religion par l’État.
La laïcité n’est pas un acquis immuable mais un combat quotidien. La laïcité impose au Président de la République de se refuser à mettre sa pratique religieuse en avant. Elle garantit un vivre ensemble respectueux dans notre société où cohabitent cultes et cultures différents.
Au Québec, preuve que le rapport Bouchard-Taylor n’est pas prêt d’être adopté en l’état, les députés ont adopté à l’unanimité une motion qui consacre « [l'] attachement à notre patrimoine religieux et historique représenté par le crucifix de notre Salon bleu et nos armoiries ornant nos institutions ».
Alors, malgré les différences culturelles et historiques qui existent entre la France, la Turquie et le Québec, l’erreur de MM. Nicolas Sarkozy, Jean Tremblay et autres ardents défenseurs de laïcité positive est commune: elle confond la laïcité et l’inéluctable sécularisation des mœurs et des croyances. La Révolution tranquille a fait triompher une nouvelle société post-matérialiste et sécularisée au Québec, d’où l’effritement de valeurs fondées sur le catholicisme; mais, au nom d’une « laïcité positive », en fait néo-cléricale, est-ce aux représentants des citoyens de suppléer ce que le discours religieux a perdu en pertinence et en capacité à convaincre?
Comme la tutelle de l’Église a été vécue comme une étouffante chape de plomb, le modèle québécois s’identifie par sa sensibilité naturelle plutôt au modèle français qu’anglosaxon. Pourtant, de par sa généalogie, la pratique québécoise est au centre de tensions entre une charte canadienne des droits qui instaure une suprématie des droits individuels et les désirs de sa majorité francophone pour une citoyenneté collective qui résulte d’une quête identitaire commune.
C’est en notamment en raison de l’émergence des droits dans des nations émancipées de la tutelle religieuse qu’ont pu apparaître des États démocratiques, insoumis aux groupes confessionnels rivaux. La laïcité est devenue une sorte de bien commun qu’il faut, coût que coût, préserver. Alors si M. Tremblay pense qu’il« est poursuivi parce qu’on fait notre prière [et] parce qu’on aime le Bon Dieu », il se trompe. Il est simplement poursuivi, en tant que Maire et non en tant qu’individu, pour avoir privilégié une conscience plutôt qu’une autre.
3 août
Le PCC n’obtiendrait pas une majorité absolue, en cas de déclenchement d’élections dès cet automne, mais ils conservent une avance sur l’opposition, c’est du moins ce que démontre un sondage publié hier par l’institut Ipsos Reid, pour le compte du groupe de presse Canwest et Global Televisions.
Le parti de S. Harper est crédité de 34% des intentions de vote, contre 30% pour le Parti libéral.
Un tel résultat accoucherait donc vraisemblablement sur un nouveau gouvernement minoritaire conservateur, mais pourrait aussi donner lieu à un gouvernement minoritaire libéral, d’autant que le parti d’opposition bénéficierait d’une avance sérieuse dans les deux provinces de l’Ontario et du Québec.