Indifférence et non-ingérence – Quatre siècles de relations entre la France, le Canada et le Québec

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Par Stéphane Baillargeon, Publié dans l’édition du samedi 3 janvier 2009du quotidien Le Devoir

FRANCE-CANADA-QUÉBEC, 400 ANS DE RELATIONS D’EXCEPTION
Serge Joyal et Paul-André Linteau,
Presses de l’Université de Montréal, 2008, 319 pages

Si on causait de l’abandon quasi volontaire par la France de la Nouvelle-France ? Au fond, malgré ce que raconte une certaine historiographie québécoise, bien réchauffée par les nationalistes, l’État français, royal ou républicain, n’a jamais cherché à conserver cette colonie et s’en est à peu près complètement désintéressée dans les décennies qui ont suivi la bataille des Plaines.

Voilà une des hypothèses les plus déstabilisantes (et des plus stimulantes) examinées dans l’ouvrage France-Canada-Québec, publié en l’année du 400e anniversaire de l’installation de Champlain. Le beau livre savant rassemble les analyses d’une douzaine d’historiens oeuvrant des deux côtés de l’Atlantique Nord. Elles ont d’abord été défendues lors d’un colloque de l’Association interparlementaire Canada-France tenu en mars dernier à Paris, puis à Ottawa. D’où la codirection du travail mené par l’historien Paul-André Linteau, mais aussi par le sénateur Serge Joyal. D’où également la présence de certains précieux éléments des archives privées du sénateur dans la riche documentation iconographique de la publication.

La question de l’attitude de la métropole entre le milieu du XVIIIe et le milieu du XIXe siècles est examinée dans le détail, sans flagornerie ni tabou, par l’historienne Françoise Le Jeune, de l’Université de Nantes. Mme Le Jeune a eu la très heuristique idée de dépouiller les correspondances secrètes et autres mémoires concernant le Canada enfouis dans les archives du ministère des Affaires étrangères, à Paris.

Les documents révèlent que le royaume avait à toute fin utile sinon abandonné, du moins négligé sa colonie boréale des Amériques bien avant le traité de Paris du 10 février 1763. Paris n’en avait que pour ses îles esclavagistes et sucrières des grandes eaux chaudes du Sud. Quelques arpents de canne, quoi.

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