Le Parti Socialiste français dans la tourmente

Sur la France entière, Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix

N’étant pas membres du parti Socialiste français nous nous sommes efforcés de ne pas prendre position dans le cadre de cette investiture du prochain Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Mais, à évènement exceptionnel, réponse exceptionnelle… La situation paraissant tellement inextricable aujourd’hui, nous nous permettrons de présenter les principaux faits de ces dernères heures.

Au terme d’un long processus de désignation (dépôt puis vote de motions, congrès, et deux tours de scrutin) Martine Aubry devance Ségolène Royal de 42 voix sur l’ensemble du territoire pour l’élection du Premier secrétaire du PS, après la comptabilisation du vote des militants socialistes en Guadeloupe.

Au nom du camp Royal, selon l’AFP, le député de l’Essonne Julien Dray, a refusé de valider ce résultat. “Non“, a-t-il répondu alors qu’on lui demandait si c’était le cas. Il a évoqué “beaucoup de PV [procès verbaux de dépouillement] qui n’ont pas été signés par les scrutateurs, où il y a des problèmes avec les résultats“, estimant que “si on fait le total de tous ces problèmes-là, on voit bien que les 42 voix… on ne sait plus où l’on en est dans l’écart“.

À l’inverse, du côté de Mme Aubry, une source à la fédération du Nord a évoqué “des dysfonctionnements dans le vote de certaines fédérations, notamment celle de l’Hérault“, favorable à Mme Royal.

Martine Aubry a recueilli 50,02% des voix des adhérents socialistes lors de l’élection au poste de Premier secrétaire, contre 49,98% à Ségolène Royal, d’après le camp Aubry.

Sur les ondes de RTL ce matin, Manuel Valls a dénoncé l’organisation d’un second tour vendredi (c’est à dire le lendemain du 1er) “sans profession de foi, sans possibilité de faire campagne, quelques heures après le premier tour!“. “Cela ne se voit nulle part, dans aucune démocratie“, a-t-il lancé. “Le seul moyen d’être au clair, c’est d’organiser de nouveau ce deuxième tour, un scrutin totalement encadré, totalement transparent, dans toutes fédérations pour qu’il n’y ait pas de contestation.

Nous ne pouvons bien évidemment que déplorer l’incapacité de nos compagnons socialistes à sortir de l’ornière. Entre course à la chefferie dénuée de toute innovation programmatique, et probabilités de fraudes électorales, le PS n’est vraiment plus à la hauteur des responsabilités qui devraient être les siennes en tant que premier parti d’opposition en France. Ses vélléités hégémoniques au sein du camp progressiste et son incapacité à produire un système clairement démocratique en son sein ne lui permettent résolument plus de prétendre à la place de meneur de la Gauche.