Point de presse sur les déclarations de M. Sarkozy
22 avril 2009 par Le républicain Québécois
Dans relations France-Québec
Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois et Pauline Marois, chef du Parti Québécois et de l’opposition officielle réagissent aux propos de Nicolas Sarkozy, président de la France.
Lettre à Nicolas Sarkozy
5 février 2009 par Le républicain Québécois
Dans Souveraineté, relations France-Québec
Lettre conjointe présentée par les chefs du Parti Québécois, Paul Marois, et du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au Président français Nicolas Sarkozy.
Montréal, le 4 février 2009
Monsieur le Président,
Nous voulons réagir de deux façons aux propos que vous avez récemment tenus à l’Élysée au sujet du Québec. D’abord, vous nous voyez ravis de constater que vous trouvez trop timide la politique française antérieure qui parlait de « non indifférence » pour qualifier l’intensité des rapports entre nos deux peuples. Vous préférez, dites-vous, parler « d’amour » entre des nations frères faisant partie d’une même famille. Dans la même veine, et cela vous surprendra peut-être de la part de deux leaders indépendantistes, nous vous félicitons pour l’énergie que vous avez mise, et que vous mettez encore, à assurer le succès de dossiers franco-québécois que nous appuyons vivement : la reconnaissance réciproque des diplômes entre Français et Québécois, qui permettra à nos professionnels d’uvrer et de voyager plus facilement de part et d’autre, et le projet de libre-échange Canada-Union Européenne, dont le Québec est le principal promoteur et serait, de ce côté-ci de l’Atlantique, le pr! incipal bénéficiaire.
Car contrairement à l’idée que vous semblez avoir de nous, les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s’ouvrir au monde. Vous semblez l’ignorer, Monsieur le Président, car à l’Élysée, vous avez accompagné vos remarques fraternelles de remontrances à certains de vos frères, affirmant au sujet des indépendantistes québécois qu’ils n’adhèrent pas au « refus du sectarisme, de la division, de l’enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l’autre ».
De qui parlez-vous, Monsieur le Président ? Des 49,4 % de Québécois, et donc de la forte majorité de francophones, qui, le soir du 30 octobre 1995, ont voté Oui à la souveraineté du Québec ? Au 43 % qui, lors d’un sondage de la semaine dernière, ont réitéré ce choix ? Cela fait beaucoup de monde. La moitié de la famille, Monsieur le Président. « Sectaires » ? « Féroces » ? les électeurs québécois qui ont élu en octobre 49 députés indépendantistes, soit près des 2/3 de la députation québécoise à la Chambre des communes à Ottawa et, en décembre dernier, 51 députés à Québec, formant ainsi l’opposition officielle ? « Adeptes de l’enfermement », les Québécois qui ont élu quatre gouvernements souverainistes majoritaires au cours des 30 dernières années ?
Nous ne pensions pas que le général de Gaulle nous appelait à l’enfermement sur nous-mêmes lorsqu’il a souhaité, en juillet 1967, que « Vive le Québec libre ! » Nous jugeons toujours qu’il avait raison lorsqu’il a plus longuement expliqué ce qui suit en novembre 1967 : « Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. » Nous ne pensons pas, non plus, que les nombreux hommes et femmes politiques français, dont plusieurs ont joué et jouent un rôle éminent au sein de votre formation politique, qui nous ont prodigué conseils et encouragements au cours des années et encore aujourd’hui, veulent pousser le Québec au sectarisme.
Notre mouvement est fier d’avoir incarné au cours des années l’exact contraire de l’idée que vous vous en faites. C’est ainsi que le fondateur de notre mouvement, René Lévesque, s’est battu bec et ongles pour que le Québec puisse s’exprimer au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, lorsque le gouvernement canadien le lui refusait. On doit à son successeur Jacques Parizeau d’avoir, le premier, appuyé le projet de libre-échange canado-américain, contre les partis pro-canadiens à l’origine trop frileux pour s’y engager. La mobilisation de l’électorat souverainiste québécois en faveur de cet accord en a assuré le succès lors d’une élection cruciale en 1988.
Ce sont des politiques économiques mises en uvre par des gouvernements du Parti Québécois qui ont permis au Québec d’avoir une économie plus ouverte sur le monde que celle de la plupart des pays occidentaux. Ce sont des politiques linguistiques introduites par le Parti Québécois qui assurent désormais au sein de la majorité québécoise l’intégration de vagues d’immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux.
C’est l’Assemblée nationale du Québec, sous la direction d’un président indépendantiste, qui a organisé la Conférence des parlementaires des Amériques, contre le vu du gouvernement canadien et malgré les obstacles qu’il lui a opposés. Les exemples sont nombreux.
Nous ne savons pas d’où vous est venue l’idée que nous réclamons de vous que vous détestiez le Canada. Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population. Nous pensons que l’indépendance du Québec mettrait un terme aux rancurs et aux débats épuisants qui jalonnent l’histoire de notre présence dans le Canada. Dans l’argumentaire que nous distribuons largement, nous affirmons à tous que « le Canada et le Québec seront de bons partenaires au sein de la communauté internationale. Souverain, le Québec discutera de pays à pays avec le Canada et les chicanes fédérales-provinciales seront choses du passé. Nos deux nations sont destinées à collaborer, histoire et géographie obligent. »
Vous n’êtes pas sans savoir que les Nations-Unies ont accueilli, depuis 1980, pas moins de 38 nouveaux pays. Chacun a choisi de parler de sa propre voix, plutôt que de prolonger sa présence au sein d’un pays plus large qui n’était pas le sien. Loin de condamner leur arrivée, de leur faire des remontrances sur l’enfermement, la France les a accompagnés, les a reconnus. C’est ce que les Québécois attendent d’elle.
Mais nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d’État étranger n’a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté. Plusieurs chefs d’État et de gouvernement, surtout du monde anglophone, ont publiquement souhaité le maintien d’un Canada uni, vantant, comme l’avait fait le président Bill Clinton en 1995, la qualité des rapports entre son pays et le Canada. D’ailleurs, George Bush père avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où « il faut rester courageusement assis en coulisses ». Aucun n’a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.
Mais puisque vous parlez d’enfermement, Monsieur le Président, laissez-nous vous éclairer davantage. Vous avez affirmé lors de votre passage en octobre que le Canada, « par son fédéralisme, a décliné un message de respect de la diversité et d’ouverture ». Savez-vous que depuis maintenant plus d’un quart de siècle, le Québec est gouverné par une constitution canadienne qui lui a été imposée contre sa volonté, qui restreint son autonomie en matière d’éducation, de langue et de culture, qui n’a pas été soumise à un référendum et qu’aucun premier ministre québécois, depuis René Lévesque jusqu’à Jean Charest, n’accepte de signer ? Savez-vous qu’aucune réparation de cette situation inacceptable n’est envisagée ou envisageable ? La France accepterait-elle de rester dans l’Union Européenne si le reste de l’Europe lui imposait un nouveau traité réduisant unilatéralement sa souveraineté sur des questions identitaires, sans même la consulter par référendum ? Nous n’osons imaginer quell! e serait votre réaction si une telle injustice était infligée à votre nation.
Enfermement encore : nous savons désormais qu’au soir du référendum de 1995, si une majorité de Québécois avaient démocratiquement voté en faveur de la souveraineté du Québec, le premier ministre canadien Jean Chrétien aurait refusé de reconnaître ce choix.
C’est ce qu’il a avoué depuis, même s’il avait déclaré cinq jours auparavant, dans une adresse solennelle à la nation, qu’un choix pour le Oui serait « irréversible ». Toute honte bue, le premier ministre canadien maintient que, même en votant majoritairement pour la souveraineté, le Québec n’aurait pu quitter le Canada. Nous savons cependant que, simultanément, votre prédécesseur, le président Jacques Chirac, aurait reconnu la décision politique des Québécois, se rangeant ainsi du côté de la démocratie et l’accompagnant dans son choix. Plusieurs pays francophones auraient fait de même et nous savons que la démocratie l’aurait emporté.
Il est vrai, Monsieur le Président, que les Québécois ne seront pas appelés à revoter sur cette question dans l’avenir immédiat. Cependant, puisque rien de fondamental n’est résolu dans les rapports Québec-Canada, il n’est pas impossible que cela survienne pendant que vous présidez aux destinées de la France. Il n’est pas impossible que la démocratie québécoise ait besoin de l’appui de tous ses amis, de tous ses frères.
Dans cette hypothèse, il vous reviendra de décider si vous souhaitez laisser, ou non, la marque d’un président qui, à un moment crucial, a su répondre avec une réelle fraternité à l’appel de l’Histoire.
Pauline Marois
Chef du Parti Québécois
Chef de l’opposition officielleGilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois
Budget fédéral : le PLC se résigne et signe l’arrêt de mort de la coalition
28 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
Le choix du PLC a été annoncé ce matin et les libéraux ne s’opposeront pas au budget présenté par Jim Flaherty, Ministre du budget de Stephen Harper. Pis, ils iront même jusqu’à lui apporter leur soutien.
À cette volte-face, certains émettent l’hypothèse que l’arrivée de Michael Ignatieff à la la tête du PLC signait de facto la fin de l’entente entre les partis d’opposition. Bien sûr, le nouveau chef libéral ne sait jamais montré ardent défenseur de l’option de coalition, on le sait, mais ce serait avant tout la remontée du PLC dans les sondages depuis son arrivée à la direction qui aurait marqué le virage stratégique. En toute logique, un parti libéral qui se voyait pousser des ailes dans les intentions de vote avait toutes les raisons de s’émanciper d’un allié turbulent comme le NPD et d’un soutien intransigeant comme le Bloc.
Enfin, il y a eu ce que Denis Coderre, lieutenant d’Ignatieff au Québec, a appelé “l’intérêt national” en se retranchant derrière des arguties juridiques pour justifier la peur d’être conduit à de nouvelles élections générales. La coalition aura donc été utilisée comme l’épée Damoclès.
En tout état de cause, la fin de la crise parlementaire ouvre une certaine redéfinition du champ politique canadien: les libéraux peuvent désormais se targuer de faire manger les conservateurs au creux de leurs mains, ces derniers devant impérativement se recentrer pour préserver leur cabinet.
Pourtant, les libéraux pourraient être les premières victimes de leur revers. En effet, si le Gouvernement Harper aura plus que jamais besoin des voix du PLC pour persister, ce dernier devra compter sur ces anciens compagnons de route pour renverser les conservateurs. Or, une telle chose ne sera plus si simple puisque le NPD aura toutes les raisons du monde de se méfier ce faux-frère-ennemi de centre gauche: de l’eau devra couler sous les ponts avant d’envisager de nouveaux partenariats. Enfin, les troupes de Gilles Duceppe ont tout intérêt désormais à percevoir Michael Ignatieff comme un challenger sérieux au Québec, bien plus dangereux que n’ont pu l’être Stephen Harper et Stéphane Dion.
Pour illustrer ce nouveau paradigme, voici une dépêche de la Presse canadienne relative à la réaction de Gilles Duceppe.
Duceppe accuse les libéraux de laisser tomber le Québec en appuyant le budget
OTTAWA — L’ère de la collaboration et de la bonne entente entre le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada scellée en décembre dernier par le pacte donnant naissance à une coalition des partis d’opposition a pris fin abruptement mercredi avec la décision du parti fédéraliste de Michael Ignatieff d’appuyer le budget conservateur.
Pour le chef bloquiste, Gilles Duceppe, ce geste constitue rien de moins qu’une trahison.
“En votant en faveur de ce budget conservateur, les libéraux vont aussi voter contre le Québec. Comme les conservateurs, les libéraux vont eux aussi voter contre la justice sociale, contre le droit à l’équité salariale et ils vont voter contre une économie verte”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
M. Duceppe, qui ne s’en était pas pris directement aux libéraux depuis des mois, leur a reproché mercredi de renouer avec leur “tradition prête à laisser tomber le Québec à la première occasion”.
“On a la politique de nos intérêts et les intérêts du Canada ne sont pas ceux du Québec. Quand ils ont à choisir entre l’Ontario et l’Ouest et le reste du Canada et le Québec, le choix se fait facilement”, a-t-il fait valoir.
Le chef souverainiste a prévenu les libéraux, qui espèrent faire des gains au Québec lors du prochain scrutin, qu’ils paieraient le gros prix pour leur attitude.
A l’instar du Nouveau Parti démocratique, le Bloc s’oppose à un budget qui à ses yeux fait passer “l’idéologie avant l’économie”, ne vient pas en aide aux travailleurs et aux chômeurs et ne respecte pas les compétences provinciales.
Le Bloc a déposé mercredi un sous-amendement au budget qui reprend le texte d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale demandant une aide pour les secteurs manufacturier et forestier, un meilleur accès à l’assurance-emploi, le maintien de la péréquation dans sa forme actuelle et l’arrêt du projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne.
Le vote sur ce texte aura lieu jeudi. Pour M. Duceppe, tous les élus du Québec auront alors à prendre clairement position, non seulement sur le budget mais aussi sur une série d’enjeux chers à leur province d’origine.
“Au moment du vote sur ce sous-amendement tous les élus du Québec feront face à un choix qui est très clair: c’est le choix entre le Québec ou le Canada. Tous les élus du Québec qui voteront contre ce sous-amendement et en faveur de ce budget conservateur auront choisi le Canada au détriment du Québec”, a-t-il insisté.
Le NPD a d’ores et déjà indiqué qu’il appuierait le sous-amendement du Bloc. Le parti ne compte cependant qu’un député au Québec, l’ancien ministre Thomas Mulcair qui représente la circonscription montréalaise d’Outremont. [...]
Les réactions au discours du trône
27 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale
Michaelle Jean a présenté, hier, son discours du trône dont voici un extrait:
Honorables Sénatrices et Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs,En ces temps incertains où le monde entier est menacé par une économie qui vacille, il devient urgent de travailler ensemble, d’unir nos efforts et d’en appeler à une plus grande solidarité.
Dans le respect de notre tradition démocratique, les Canadiennes et les Canadiens s’attendent à ce que leurs représentants élus se concertent pour que le Canada sorte plus fort de cette grave crise économique.
Une fois de plus, les représentants de la population se rassemblent pour examiner les priorités de la prochaine session parlementaire. [...]
La suite à cette adresse: http://www.sft-ddt.gc.ca/fra/media.asp?id=1384
Ci-dessous, voici la réaction de Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois:
Des interventions de Jack Layton (NPD), Michael Ignatieff (PLC) et Christian Paradis (“lieutenant” de S. Harper au Québec) peuvent être consultées sur le site de Radio Canada en cliquant sur le logo ci-dessous:
Nous ne publions pas de vidéos de ces deux leaders dans le présent billet pour la simple raison que leur parti n’en proposent pas (à notre connaissance) sur les sites de partages vidéos tels Youtube, Dailymotion ou Google Videos.
Une semaine importante débute à Ottawa
26 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale

Dénouement de près de deux mois de tractations politique, cette semaine débutera par la lecture du discours du trône de Michelle Jean. Sauf réelle surprise, ce dernier devrait être relativement proche de celui prononcé il y a deux mois, se focalisant notamment sur l’enjeu économique actuel.
Le projet de budget quant lui, sujet de toutes les attentions, devrait être présenté demain. En effet, devant les menaces de coalition PLC-NPC, la prorogation de la session parlementaire, le 04 décembre dernier, a permis aux conservateurs de Stephen Harper d’obtenir un sursis de 7 semaines pour revoir leur copie budgétaire.
Le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, ne souhaite pas se prononcer sur une éventuelle censure du Gouvernement. avant d’avoir pris connaissance de celui-ci. D’ores et déjà, le Nouveau Parti Démocratique de Jack Layton a annoncé qu’il s’opposerait à son adoption. Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, a, pour sa part, indiqué qu’il conservait un mince espoir de voir le texte correspondre à ses attentes, mais à répété à plusieurs reprises qu’une coalition soutenue par le Bloc restait d’acutalité.
Sur le fond, des trois partis d’opposition, tous s’entendent néanmoins pour considérer que l’annonce de déficits beaucoup plus importants que ce qui était planifié il y a encore quelques semaines ne contribue pas à restaurer la confiance à l’égard des conservateurs. Enfin, la rumeur d’une baisse généralisée (mais limitée dans le temps à la période de crise) est un autre point de tension: depuis la baisse de la TPS (impôt fédéral indirect sur la consommation), le Gouvernement a d’ores et déjà fragilisé les caisses de l’État canadien sans obtenir les conséquences escomptées sur le dynamisme économique. Plutôt qu’une relance économique, PLC, NPC et Bloc Québécois s’inquiètent du possible glissement progressif vers un déficit structurel.
Du 22 novembre à aujourd’hui, retrouvez la chronologie complète des évènements sur le site de Radio Canada.
Les résultats se précisent…
15 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Élections fédérales 2008

Résultats des élections fédérales canadiennes:
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Élections fédérales: résultats partiels
15 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Élections fédérales 2008
Résultats des élections fédérales canadiennes (résultats partiels à 01h30):
- PCC: 143 élus (37,68%)
- PLC: 78 élus (26,34%)
- BQ: 48 élus (10,13%)
- NPD: 37 élus (18,00%)
- Indép.: 2 élus (0,67%)
… au Québec:
- BQ: 48 élus (38,26%)
- PLC: 15 élus (23,59%)
- PCC: 10 élus (21,74%)
- NPD: 1 élu (12,15%)
- Indép.: 1 élu (0,65%)
Gilles Duceppe martèle son opposition aux conservateurs devant plus de 2000 militants
6 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale, Élections fédérales 2008
Nous nous sommes rendus au grand rassemblement du Bloc Québécois à Ste-Hyacinthe d’hier matin. Dans une salle plaine à craquer, plus de 2 000 citoyens québécois, venus des 4 coins de la Province (dont la superficie est 2,3 fois plus grande que celle de la France!) en bus, ont pu chaudement applaudir les différents intervenants qui, tour à tour, ont conspué la politique rétrograde de Stephen Harper.
L’ancien député bloquiste et prêtre catholique Raymond Gravel a qualifié M. Harper de « sans cœur », alors que la professeure Louise Vandelac a reproché au chef du PCC son « obscurantisme » idéologique et son « négationisme » environnemental. L’acteur Gilles Renaud a vigoureusement critiqué les compressions en culture: « Si cela ne s’appelle pas fermer la gueule à une nation, je ne sais pas comme cela s’appelle ».
De leurs côtés le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, et le meneur du Forum Jeunesse du Bloc Québécois, Jean-François Landry, ont tous les deux proposés des discours d’une grande qualité oratoire. Le premier avec la force du tribun et le second avec une certaine finesse d’esprit ont séduit un auditoire déjà captivé.
Enfin, après la présentation de l’ensemble des candidats du Bloc, le chef du parti souverainiste, Gilles Duceppe, n’a pas ménagé son rival conservateur: rétrograde, menteur, tricheur, obscurantiste, vendu au pétrole! Autant d’attaques dirigées exclusivement à l’encontre de Stephen Harper.
Il est clair qu’avec ce rassemblement, Gilles Duceppe a voulu amorcer la dernière ligne droite de sa campagne avec une démonstration de force. À ce titre, les commentateurs considèrent qu’il a pris la parole hier dans la plus importante assemblée organisée par un parti depuis le début de la campagne fédérale 2008.
Voici un extrait du discours de Gilles Duceppe, publié en communiqué par le Bloc Québécois :
« Quelqu’un qui copie, on n’appelle pas ça un leader, on appelle ça un tricheur », a lancé le chef du Bloc, en faisant évidemment référence aux récentes révélations de plagiats de discours du chef du Parti conservateur.
« Nous sommes plus de 2000 militantes et militants rassemblés aujourd’hui pour nous élever contre les politiques des conservateurs de Stephen Harper qui vont à l’encontre des intérêts et des valeurs du Québec. Une telle mobilisation ne peut que passer un message puissant aux conservateurs, donner un avant-goût de ce que Stephen Harper va trouver sur son chemin le 14 octobre », a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au cours du grand rassemblement du Bloc Québécois qui avait lieu aujourd’hui à Saint-Hyacinthe.
D’entrée de jeu, le chef du Bloc Québécois a souligné que l’enjeu de ces élections, c’est d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité à la Chambre des communes. « À dix jours du vote, la situation est parfaitement claire : au Québec, nous pouvons battre les conservateurs, les empêcher d’obtenir une majorité et d’imposer leur idéologie sans limites », a poursuivi Gilles Duceppe.
« Stephen Harper a dit hier qu’il ne comprenait pas les Québécoises et les Québécois qui refusaient de voter pour lui et appuyaient plutôt le Bloc Québécois. Ça le dépasse, Stephen Harper, que des gens décident de voter pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils aiment. Il ne comprend pas, Stephen Harper, que reconnaître l’expression nation québécoise, ne reconnaître que les mots, ça ne suffit pas. Encore faut-il reconnaître ce que nous sommes, ce que nous voulons, ce que nous pensons. Mais Stephen Harper ne comprend rien au Québec! », a encore affirmé Gilles Duceppe.« Stephen Harper a déclaré que c’était absurde que les Québécoises et les Québécois demeurent dans les estrades en votant pour le Bloc Québécois. Voilà une déclaration d’un rare mépris envers la démocratie et insultante pour tous ceux et celles qui choisissent d’appuyer le Bloc Québécois. La Chambre des communes, ce ne sont pas des estrades, c’est l’endroit où les élus du peuple prennent des décisions et votent. Ces propos en disent long : ce qu’il nous dit, Stephen Harper, c’est que s’il obtient une majorité, il va ignorer la Chambre des communes et régner en maître, n’en faire qu’à sa tête. Le chef conservateur vient de nous donner une raison de plus de l’empêcher d’obtenir une majorité. C’est ce que nous allons faire! », a-t-il enchaîné.
Le chef du Bloc Québécois a rappelé que le refus de Stephen Harper de soutenir l’économie, son mépris envers la culture, la langue, l’environnement, les droits des femmes et des jeunes, ainsi que sa propension à trahir ses promesses, notamment en ce qui concerne le remboursement du Supplément de revenu garanti et l’octroi au Québec d’un siège à l’UNESCO, tous ces indicateurs démontrent la nécessité de barrer le chemin à un gouvernement conservateur majoritaire à Ottawa.
« Depuis le début de cette campagne électorale, chaque jour des Québécoises et des Québécois se sont élevés contre les politiques rétrogrades, le mépris et l’arrogance de Stephen Harper et des conservateurs. Les artistes, des maires des villes du Québec, les représentants des régions, les décideurs économiques, les défenseurs de l’environnement, des chômeurs, les femmes, les personnes âgées, les démunis, les jeunes, les avocats, les policiers ont tous, les uns après les autres, rejeté les politiques de Stephen Harper », a repris Gilles Duceppe.
« Au Québec, il n’y a que le Bloc Québécois qui est en mesure d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité. Nous avons une grande tâche à accomplir et c’est de rassembler derrière le Bloc Québécois un maximum de Québécoises et de Québécois de toutes les allégeances. Nous devons convaincre le maximum de nos concitoyens d’exercer leur droit de vote. Nous devons rallier tous ceux et celles qui disent NON à Stephen Harper. Nous devons nous retrousser les manches et faire en sorte que le 14 octobre, Stephen Harper trouve tout le Québec sur son chemin », a conclu Gilles Duceppe.
Débat des chefs 2008
1 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale, Élections fédérales 2008
Les 5 principaux chefs de partis canadiens (Elisabeth May, Verts; Stéphane Dion, PLC; Gilles Duceppe, BQ, Stéphen Harper, PCC; et Jack layton, NPD) participeront au débat des chefs 2008 dès 20h00. Radio Canada diffusera une émission spéciale de 19h00 à 24h00.
Demain, à 21h00 vous pourrez assister au débat des chefs en anglais
Multiculturalisme et société québécoise: un impossible mariage ?
23 septembre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Actualité québécoise, Politique fédérale, Élections fédérales 2008
Le Bloc québécois profite de la présente campagne électorale pour réaffirmer sa revendication de soustraire le Québec de la Loi sur le multiculturalisme canadien. Cette demande a été reformulée hier (lundi 22/09/08) par deux députés bloquistes de Montréal, Vivian Barbot (Papineau) et Thierry St-Cyr (Jeanne Le Ber).
Les deux députés sortants ont exhorté Ottawa à faire preuve de cohérence après la reconnaissance de la nation québécoise dans un Canada uni. Ils ont donc demandé aux partis fédéralistes de donner à la province le moyen de défendre et de promouvoir sa langue et sa culture, comme il l’entend.
Thierry St-Cyr a ensuite précisé cette idée: “puisqu’ils sont infiniment minoritaires sur le continent nord-américain, les Québécois ont besoin d’une politique d’intégration plus proactive que cette politique du multiculturalisme, contre-productive, qui encourage chaque communauté à vivre en vase clos plutôt que de venir enrichir la nation québécoise en s’y intégrant.“
Viviane Barbot a conclu en développant le concept d’intégration des nouveaux immigrants. “[Ils choisissent] de se joindre à une nation qui a une histoire, des valeurs, une culture et un désir de vivre ensemble. En encourageant les nouveaux immigrants à se greffer à ces valeurs communes, le Québec leur permet de prendre une part active au développement de la société tout en enrichissant celle-ci [et cela] afin de favoriser l’intégration de tous au sein de la nation québécoise et de préserver un espace neutre et laïc”.
Cependant, si on s’intéresse au cas français, on sait que le politique d’intégration n’est pas aussi aisée à faire prendre corps au quotidien, et les accointances de Nicolas Sarkozy pour le multiculturalisme canadien en est un révélateur. Remettre en cause cet idéal n’est ni inexplicable ni inévitable. Cela demeure néanmoins une évidence quand on sait les difficultés rencontrées en France, notamment dans certains quartiers de banlieues. Et puis, force est de reconnaître que le multiculturalisme a cela de séduisant qu’il est assez peu “coûteux”: appartenir à une communauté nationale tout en conservant sa culture, voire en l’entretenant, sans fournir d’effort à l’égard de sa nouvelle société, est assez simple… mais cette idéal ne résiste pas à l’épreuve des faits. Il débouche inéluctablement sur le communautarisme le plus exacerbé, tout en fragilisant les bases d’un “vivre-ensemble” partagé et transcendant les cultures, croyances et philosophies. Relisons ces quelques mots de Pierre-André Taguieff, Directeur de recherche au CNRS dans un ouvrage au titre évocateur “La République enlisée“…
“Le multiculturalisme politique – ou la politique des identités – se fonde sur un principe fondamental, celui du respect inconditionnel du “droit à la différence” des communautés minoritaires, présumées victimisées, et revendiquant le droit de vivre et de penser selon leurs valeurs et leurs normes identitaires respectives. Le multiculturalisme politique constitue donc, au sens strict, un modèle de société multicommunautaire, qui s’oppose sur l’essentiel au modèle républicain de la nation marquée par l’idéal régulateur de l’intégration et par le principe de laïcité. Il favorise enfin la coexistence de communautés à base ethnique, linguistique ou religieuse, aux valeurs et aux normes différentes, voire incompatibles entre elles. Ces communautés de divers ordres risquent d’entrer en conflit, soit par le choc de leurs croyances respectives, soit par la quête de leurs intérêts respectifs. L’espace public risque ainsi de se transformer insensiblement en espace conflictuel.“
Il est est clair que le modèle d’intégration interculturaliste est encore une option viable. Plus que cela il peut s’ériger en modèle de société visionnaire, ouverte sur un XXIe siècle mondialisé. Il ne faudrait cependant pas croire que la charge de l’intégration pèse uniquement sur l’immigrant. De la même manière que la “main-invisible” libérale est illusoire, l’intégration ne peut pas être une génération spontanée, encore moins l’œuvre de l’esprit sain… Elle implique au contraire un effort réciproque d’acceptation de l’autre, de “l’étranger”, dans la communauté nationale. De cela découle l’idée que cette dernière doit s’impliquer elle-même dans cet effort d’intégration, en particulier au travers de ces institutions, qu’il s’agisse alors d’un État ou d’un Province. Et cela passe notamment par une diffusion pro-active de ses valeurs fondamentales.
En somme, on pourrait émettre l’hypothèse d’un parallélisme entre le traitement interculturaliste de l’immigration et l’interventionnisme économique: en ce sens, le système d’intégration nationale serait au multiculturalisme ce que l’État-providence est à la déréglementation libre-échangiste.


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