Présentation du budget québécois 2009

La fin de non-recevoir de Fillon aux syndicats

Après une nouvelle journée de mobilisation, le premier ministre estime que le gouvernement «a déjà pris beaucoup» de mesures face à la crise et «ne peut pas aller au-delà». Un nouveau plan de relance est donc exclu.

Un «nouveau plan de relance» face à la crise ? «Certainement pas». En deux mots, François Fillon a de nouveau balayé d’un revers de main toutes les revendications des syndicats, de l’opposition et des manifestants, qui étaient entre 1,2 et 3 millions à défiler ce jeudi en France. Même s’il trouve que les cortèges syndicaux ont exprimé «une inquiétude très légitime» lors de cette journée de mobilisation, pas question donc pour le premier ministre d’envisager des dispositifs supplémentaires.

«On a déjà pris beaucoup» de mesures face à la crise (notamment les 2,6 milliards d’euros après le sommet social) et «on ne peut pas aller au-delà. Il faut d’abord attendre les effets du plan de relance», a-t-il estimé au contraire jeudi soir sur TF1. «Nous avons pris des mesures pour donner du travail aux entreprises, étendre le chômage partiel et mieux l’indemniser, créer un fonds d’investissement social déjà doté de 3 milliards d’euros, avec une intervention au cas par cas dans les entreprises».

La suite sur le site du quotidien Le figaro

Les dirigeants de l’UE arrachent un accord sur le plan climat

BRUXELLES (AFP) — Les dirigeants de l’UE ont trouvé un accord vendredi pour mettre en oeuvre leurs ambitieux objectifs de protection du climat, qui doit servir d’exemple pour les négociations internationales, permettant à la France d’achever sur un succès sa présidence de l’UE.”Il n’y a pas un continent au monde qui se soit doté de règles aussi contraignantes”, s’est félicité le président français Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet.

“Nous avons réussi”, “nous sommes dignes de notre rôle d’avant-garde”, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

Cet accord a été scellé malgré la crise économique, face à laquelle les dirigeants de l’UE ont approuvé vendredi un plan de relance d’un montant global chiffré à “environ 1,5% du PIB” de l’UE, soit environ 200 milliards d’euros.

Lire la suite ici

Les conclusions de la Présidence relatives au Conseil européen des 11 et 12 décembre sont téléchargeables ici

« Si tu peux tuer ton ennemi, fais-le, sinon fais-t’en un ami »

Machiavel, Le Prince

Nicolas MachiavelLes Premiers Ministres Charest et Harper, chacuns dans les tours de Québec et d’Ottawa, nous démontrent actuellement la grande justesse du propos machiavelien sur le cynisme en politique.

Le premier, c’est l’homme qui, sous couvert d’une implacable déroute financière mondiale, a lancé sa Province dans une élection que nul ne voulait pour le simple plaisir de se doter d’un majorité parlementaire. Nous ne répéterons jamais assez qu’il est profondément irresponsable de lâcher la barre d’un bateau pendant un mois pour dépenser quelques 80 millions de dollars. Comble de l’incohérence, les deux partis d’oppositions ne souhaitaient pas renverser le Gouvernement libéral et ont demandé, à plusieurs reprises, de collaborer avec lui.

Le second, quant à lui, pousse l’art du cynisme à son paroxysme. Le même homme qui refusait d’intervenir dans l’économie quand les marchés dégringolaient en pleine campagne électorale et qui ne souhaite toujours pas prendre de mesures drastiques pour anticiper les conséquences de la crise naissante (le plan de relance de l’économie ne sera présenté que dans quelques mois, les salariés précaires lui en sauront certainement gré), prendra vraisemblablement deux mesures idéologiques qui briseront toutes formes de contestations du pouvoir fédéral. Après les coupes dans le financement des programmes culturels, Stephen Harper a donc suspendu le droit de grève des fonctionnaires fédéraux. Les serviteurs de l’État canadien seront donc la première variable d’ajustement budgétaire en leur interdisant la capacité de contester toute forme de régression salariale. Et comme Stephen Harper semble concourrir dans la catégorié “démagogie galopante”, il a donc purement et simplement demandé que le système de financement publique des partis politiques (1,95$/voix) soit supprimé. Les finances du PCC sont saines, tant mieux pour lui et on pourra reprocher aux autres partis de ne pas s’engager plus dans les levées de fonds; mais supprimer le financement publique c’est asphyxier l’opposition et supprimer les vivres des petites formations politiques. C’est aussi ouvrir la boîte de Pandore et accepter que les méthodes douteuses de financement refassent surface.

La logique économique (je parle d’Économie avec un grand “É”, pas la realpolitik de gestion budgétaire) de Stephen Harper est nulle et injustifiable. Qui peut croire que les 30 ou 40 millions économisés à coup de hache dans les partis permettront de stimuler l’économie et venir en aide au secteur manufacturier? Le Gouvernement Harper n’est pas celui du bon sens comme il se prétend être: il est l’oeuvre d’une idéologie libérale et néo-conservatrice que George W. Bush n’aurait pas renié. À deux reprises, il n’a pu obtenir de majorité à Ottawa. Or, couper les vivres de ces opposants les mettra à genoux et lui ouvrira les portes d’un mandat majoritaire. Il est donc légitime que l’opposition songe à renverser le Gouvernement en formant une coalition car il s’agirait là d’un inquiétant glissement vers une spirale monopartisane.

Étouffer la contestation et agir librement, sans débat ni controverse, sont les ultimes conséquences des choix d’Harper car, pour reprendre une dernière fois les mots de Nicolas Machiavel, « la soif de dominer est celle qui s’éteint la dernière dans le coeur de l’homme »

Défiée mais solide, l’économie sociale doit revenir à ses fondamentaux

T. JeantetA lire aujourd’hui sur le site Rue89, une tribune signée Thierry Jeantet (Vice-président du parti Radical de Gauche,  auteur de « L’Economie sociale, une alternative au capitalisme », éd. Economica, 2008, et président des Rencontres du Mont-blanc, forum mondial des dirigeants de l’économie sociale) sur l’état de l’économie SocSolid en cette période crise financière.

L’économie sociale est-elle a l’abri de l’actuelle crise financière et économique et peut-elle apporter des réponses spécifiques ? Oui, à condition de réaffirmer l’originalité de sa gouvernance : la démocratie (une personne=une voix), la propriété collective choisie (des fonds propres impartageables), la répartition juste des excédents entre partenaires, la solidarité.

Il est beaucoup glosé sur certaines banques coopératives ou même sur des accidents ponctuels rencontrés par des mutuelles, ce qui mettrait en cause le modèle coopératif même ! Bien sûr, l’utilisation de supports financiers complexes peut mettre des groupes de ce type en porte à faux avec leurs propres principes et les exposent aux mêmes risques que le banques classiques.

Mais un retour aux sources, à la base territoriale, au plus proche des usagers, est actuellement ressenti. C’est ce que prouve par exemple le « retour » au pouvoir des Caisses d’Epargne régionales au pouvoir dans la Caisse nationale de l’Ecureuil, ou celui des caisses régionales du Crédit Agricole au niveau central. Des réseaux bancaires à l’écoute des besoins d’usagers dont une bonne partie ont des revenus fort modestes, à l’écoute des petits et moyens entrepreneurs, sont de plus en plus nécessaires face au risque global de récession.

Lire la suite ici

Nicolas Sarkozy se veut le sauveur du capitalisme

Publié dans le quotidien l’Humanité du 22 oct. 2008

En affirmant que “l’idéologie de la dictature des marchés est morte”, le chef de l’Etat tient un discours volontairement critique d’un système capitaliste qu’il entend pourtant en définitive renforcer.

Pour Nicolas Sarkozy, la crise est “mondiale”, “structurelle”, et “n’est pas une parenthèse qui sera bientôt refermée”. “C’est une révolution intellectuelle et morale qui est en train de s’opérer et qui va continuer”.

Pour autant, les solutions esquissées lors du discours en Haute-Savoie ne dérogent pas à la langue libérale. Travailler plus et plus longtemps, moins de fonctionnaires, “on ne pourra pas après cette crise continuer de gouverner le monde avec les outils, les institutions, les idées du passé”", a-t-il déclaré. Selon lui, “cette crise marquera sans doute pour l’histoire le commencement véritable du XXIème siècle”.

La suite sur le site du journal à l’adresse suivante : http://www.humanite.fr/Crise-des-mesures-pour-les-PME

Crise financière: l’intervention d’Yvon Collin au Sénat

Débat spécial sur la crise financière au Sénat, le 8 octobre 2008, intervention d’Yvon Collin, Président radical de gauche du Groupe Rassemblement Démocratique et Social Européen (RDSE) :

Yvon CollinMonsieur le Président,
Madame le Ministre,
Mes chers collègues,

La pensée économique libérale, hier si arrogante, si sûre de détenir la vérité incontestable, semble découvrir aujourd’hui un mot qu’elle rejetait avec dédain jusque-là : régulation.

La crise financière a au moins un mérite, celui d’avoir fait vaciller un dogme, celui de l’établissement probable d’une démocratie universelle fondée sur un marché libre et sans entrave.

Les causes de la situation actuelle, nous les connaissons tous. La première est indiscutablement la déconnexion totale entre l’activité financière et l’économie de production.

Une autre cause est à rechercher dans l’organisation de pénuries factices. Quand le calcul froid autorise des acteurs financiers à organiser, pour leur seul intérêt à court terme, la raréfaction de biens aussi essentiels que les ressources naturelles, les sources énergétiques ou les produits alimentaires de base, l’économie n’a plus aucune colonne vertébrale de morale.

Et ces causes n’ont pu jouer que grâce à un abandon politique général : nous avons consenti au retrait quasi total de la puissance publique du champ économique. Je dis bien nous car la gauche, notamment européenne, s’est montrée parfois aussi empressée que la droite à se prosterner devant le marché-roi, limitant alors son projet à une redistribution sociale à la marge.

Alors oui, il faut réguler :

Le système de Bretton-Woods doit être totalement repensé.
Les marchés de bourse doivent être encadrés.

Il faut imposer aux institutions financières de nouvelles règles de responsabilité quant à leurs risques et à leurs liquidités.

Enfin, il est impératif que la puissance publique rassure les épargnants, affolés par l’imprévoyance -peut-on dire l’incompétence ?- de spécialistes réputés.

Mais quand nous aurions fait tout cela, nous aurions finalement échappé à l’essentiel du diagnostic : quand l’économie, la technique, l’emportent sur la politique et la culture, quant l’argent vaut plus que l’homme, il ne s’agit plus d’une crise financière mais d’une crise de civilisation.

Alors que faire si l’on ne se contente pas du rôle de Cassandre ?

Premièrement, revenir à l’économie réelle. Dans le plan d’urgence esquissé par le gouvernement français, chacun voit que la préoccupation essentielle va vers les banques avec le souci de rassurer les particuliers. Même si je ne compte pas pour rien l’annonce du rachat de 30.000 logements ni celle d’une ligne de crédit en faveur de l’investissement des PME, il m’apparaît que c’est bien peu à côté de la
garantie donnée aux risques bancaires. Or, nous ne rééquilibrerons pas le système sans changer cette disproportion.

Je vois aussi venu le temps d’une grande initiative européenne inspirée, disons-le, du Keynésianisme et non plus de la stricte orthodoxie monétaire dont chacun peut mesurer les effets.

Un programme européen de grands travaux, aussi bien pour l’Europe elle-même que pour le monde en développement, pourquoi pas ?

Pourquoi pas aussi un Fonds européen de développement ayant pour double objectif de soutenir le regroupement des entreprises européennes en les aidant à faire face à la concurrence extérieure et particulièrement à celle des pays émergents en forte croissance, mais également en forçant à la
constitution de pôles européens de développement industriel et de services à forte valeur ajoutée ?

C’est aussi une nouvelle éthique du rapport entre le pouvoir politique et le pouvoir économique que la crise doit nous aider à concevoir. Demain, comme l’exemple des entreprises mondiales les plus performantes le montre déjà, l’aide publique ne sera utile que si elle est assortie de critères environnementaux, de conditions sociales et d’un impératif démocratique, dans les pays de production comme à l’intérieur des unités de production. Inventons et tâchons d’exporter un nouveau modèle de civisme d’entreprise.

Et l’on me permettra enfin de poser une question précise au Gouvernement : puisque le dogme du marché et de la concurrence sacro-sainte s’écroule, est-il encore temps de faire du dogmatisme ?

Je ne prendrai qu’un seul exemple puisqu’il est dans l’actualité, celui de La Poste pour laquelle l’expression « ouverture du capital » cache mal l’objectif véritable de privatisation. A l’heure où même les Etats-Unis volent au secours d’institutions privées avec de l’argent public, à l’heure où l’Angleterre nationalise une banque aussitôt prise d’assaut par les épargnants rassurés, à l’heure où Mme Merkel renonce à son
libéralisme pour sauver « sa » banque, à cette heure-là, est-il bien raisonnable de démanteler un service public qui garantit la solidarité entre nos territoires et la proximité avec les personnes les plus faibles ?

C’est au contraire le temps de réhabiliter le service public et de plaider pour de grand services publics européens (l’eau de l’Europe, les trains de l’Europe, la poste de l’Europe.) qui feraient enfin vivre
concrètement l’idée européenne aux yeux et au cour de nos concitoyens.

Je suis, comme la plupart d’entre vous, un militant engagé, c’est-à-dire un optimiste pour qui le pire n’est jamais certain. Vous avez tous en mémoire la formule consacrée « Vive la crise ». Grâce à elle, ce que
nous hésitions à faire pour l’environnement, pour le droit social, pour l’homme plus généralement, la crise va nous forcer à l’entreprendre. Alors, au-delà des querelles stériles ou des clivages partisans, en avant !

Car la résignation creuserait la dépression. Seule l’action politique résolue permettra de la surmonter. »