Pour Pauline Marois, «faire le possible n’est plus suffisant: il faut faire le nécessaire»

Le débat des chefs de mardi semble avoir donné un second souffle à une qui campagne qui, jusque là, manquait de mordant.

Alors que la campagne électorale provinciale suivait un train de sénateur depuis 1 mois, le débat des chefs a relancé le débat. Plus que cela, la relative non-chalance de Jean Charest et son inaptitude à se poser en réel “patron” de l’économie l’ont disqualifié. L’homme qui souhaite un mandat majoritaire pour mener le Québec en temps de crise s’est montré incapable de déterminer le montant exact de la dette (même s’il est expliqué plus longuement sur le sujet le lendemain) et a réitéré son souhait de garder secret l’état de la Caisse des dépôts et placements au prétexte de ne pas la politiser. Dans ce même élan, il s’est refusé de défendre son bilan en reportant constamment la faute sur le Gouvernement péquiste précédent. En conférence hier à l’UdeM, Pauline Marois a déclaré avec humour qu’elle avait eu «peur que M. Charest dise que c’était de la faute au Parti Québécois si les Alouettes [l'équipe de football de Montréal] ont perdu la coupe Grey dimanche soir».

Jean Charest, le libéral qui dit «L’économie d’abord, Oui», trouve en face de lui une femme d’État qui lui répond que «l’économie et le social doivent être mis l’un au service de l’autre et non pas opposés l’un à l’autre». Elle a conclu son intervention dans un ardent plaidoyer pour l’indépendance du Québec car, pour elle, «la souveraineté, c’est se donner les moyens normaux d’un peuple normal».

Suivez en direct le débat des chefs 2008

Le débat des chefs sera retransmis en direct à partir de 20h00 sur le réseau TVA.
[Edit. du 26 nov. 2008] Écoutez le reportage de Robert Plouffe, qui résume les faits saillants du débat et consultez d’autres capsules vidéos sur le site de LCN.

Logo TVA

Débat des chefs: rendez-vous le 25 novembre

Sur le site de Radio Canada:

Il y aura bel et bien un débat des chefs pour la présente campagne électorale.

Le consortium des télédiffuseurs s’est entendu avec les principaux partis politiques, en premier lieu le Parti libéral, pour permettre la tenue de ce débat.

Il aura donc lieu le 25 novembre au restaurant Le Parlementaire de l’Assemblée nationale. Il sera animé par Stéphan Bureau. Le PLQ a finalement accepté, pour l’essentiel, la formule proposée par le consortium des télédiffuseurs.

Selon John Parisella, représentant du PLQ, il va y avoir du « face à face ». De plus à la fin des quatre segments, « il va y avoir un échange libre qui va être animé par le modérateur, l’animateur ».

Jean Charest souhaite-t-il une élection sans débat?

CharestNon-content d’imposer une élection provinciale à 83M $Can. que nul ne souhaite, le Premier Ministre québécois Jean Charest continue de manifester sa désapprobation à l’égard du format que prendra le débat télévisuel des chefs. Pourtant, les équipes adéquistes et péquistes ont d’ores et déjà accepté de se conformer à la proposition formulée par le consortium télévisuel.

Le PLQ est le seul parti à s’opposer à un débat de type «table ronde», tel qu’employé récemment dans le cadre de l’élection fédérale canadienne.

La Presse Canadienne précise que des gens de l’entourage du chef libéral Jean Charest ont indiqué que la contre-proposition du PLQ a été présentée mardi en fin d’après-midi et que des représentants du consortium des télédiffuseurs se réuniront à 20h00, mardi soir, afin de l’étudier.

Le PLQ ne fermerait pas la porte au format fédéral, mais tiendrait à ce qu’il puisse y avoir des échanges directs «un contre un» entre les chefs. Du coté des diffuseurs, le porte-parole Denis Pellerin a indiqué que les membres du consortium tiennent à un renouvellement de la formule du débat. Or, on a pu constater que cette nouvelle formule a séduit les téléspectateurs le mois dernier, les télévisions enregistrant des records d’audience pour un tel débat. En tout état de cause, le débat 2008 semble clairement menacé.

M. Charest a déclenché ces élections en prétextant qu’il ne lui était plus possible de conduire une politique lorsque, pour reprendre ses mots, trois paires de mains sont sur le volant et qu’elles ne souhaitent pas aller dans la même direction. Croit-il qu’en ces temps d’incertitude économique il soit de bon ton de lâcher les commandes pour partir en campagne? De surcoît, alors que les deux partis d’opposition avaient formulé officiellement le souhait de ne pas renverser le Gouvernement, le chef libéral s’est entêté dans son arrogante démarche d’élection plébiscitaire. Comment peut-il aujourd’hui se permettre de ne pas assumer les obligations que celles-ci lui imposent, à commencer par débattre de ses projets en toute transparence?

Simple couardise politique ou véritable mépris démocratique?… Quit à souhaiter une élection sans débat, autant demander d’être nommé Premier Ministre sans prendre la peine de demander avis aux électeurs…

Retour sur les débat des chefs 2008

Débat des chefsAux lendemains des débats des chefs, nous pouvons nous réjouir de la qualité des échanges qui s’y sont tenus. Même si le débat en français a révélé l’inconfort persistent de Jack Layton et Stephen Harper (il est inutile de revenir sur les difficultés d’Elisabeth May), les canadiens des deux langues ont pu assister à des débats de plutôt bonne qualité.

Concernant la formule de débat autour de la table, cela a certainement contribué à pacifier les échanges. Par contre, on ne pourra nier que la présence de 5 chefs a handicapé quelque peu la possibilité d’entretenir des conversations plus approfondies. La gestion constante du temps s’est d’ailleurs révélée plus difficile dans la formule anglaise du débat, à moins qu’il ne s’agisse là d’une “déformation” due à la traduction.

Stephen Harper a été la cible majeure et constante des attaques des 4 autres partis. Cette position, pour le moins inconfortable, a été amplifiée pendant le débat en français alors qu’il s’entêtait à considérer la situation économique canadienne comme ayant des “fondements beaucoup plus stables”. Entre l’autosatisfaction, la nonchalance et la confiance, il était difficile de lire clairement le sentiment du chef conservateur. À plus forte raison, on peut s’interroger, au regard de sa médiocre performance en la matière, sur ce qui a pu l’inciter à étendre le débat économique à 30 minutes…

Dans les deux débats, Jack Layton a voulu se présenter comme une alternative valable aux conservateurs, reléguant les libéraux au rôle de bons troisièmes. Il s’est évertué à se présenter comme un possible Premier Ministre ou, en tous cas, comme un chef de l’opposition potentiel. Cette stratégie d’affirmation correspond à ce qu’il a chercher à démontrer sur l’enesemble de sa campagne. s’est montré proche des préoccupations quotidiennes des gens. Indéniablement, il a été le plus agressif contre l’actuel Premier Ministre. Par contre, au milieu de ces innombrables attaques, il serait surprenant de constater que les téléspectateurs aient y percevoir la vision précise d’une société canadienne par un Gouvernement néo-démocrate. Premier opposant, peut-être, mais Premier Ministre… il reste encore une marche à gravir.

Concernant Stéphane Dion, les sondages le donnent tellement perdant depuis 1 mois que l’on ne pouvait s’attendre à un renversement de situation en sa faveur. Par contre, force est de constater qu’il s’est montré meilleur que ce qu’on pouvait s’attendre de lui. Rigueur, respect et volontarisme sont autant de valeurs que l’on a pu percevoir en lui. Par contre, sa proposition de présenter un plan d’action pour contrer la crise économique dans les 30 premiers jours n’a pas eu l’effet souhaité: présentée trop tôt dans le débat, alors que le chef libéral faisait encore état d’une certaine anxiété, il a “dégainé trop vite”… De plus, à y regarder de plus près, est-ce vraiment un plan ou un “plan-visant-à-mettre-en-place-un-plan”? Sur le second débat en anglais, il était clair qu’il lui revenait de remporter le débat pour modifier les tendances lourdes indiquées par les sondages. Malheureusement pour lui, s’il maîtrisait bien l’anglais, il a paru moins solide que la veille.

Gilles Duceppe quant à lui s’est une fois de plus présenté comme un très bon contradicteur, poussant à plusieurs reprises Stephen Harper dans les cordes (notamment au sujet de l’approche territoriale dans la gestion des Gaz à Effets de Serre), sans pour autant parvenir à asséner le coup de grâce. Égal à lui-même, il n’a ni surpris ni déçu.

Enfin, Elisabeth May a dépassé les attentes que l’on avait d’elle sur son expression en France. Bien évidemment, sa performance a été bien meilleure en anglais, notamment pour contrecarrer le plan conservateur en environnement.

Débat des chefs 2008

Débat des chefsLes 5 principaux chefs de partis canadiens (Elisabeth May, Verts; Stéphane Dion, PLC; Gilles Duceppe, BQ, Stéphen Harper, PCC; et Jack layton, NPD) participeront au débat des chefs 2008 dès 20h00. Radio Canada diffusera une émission spéciale de 19h00 à 24h00.

Demain, à 21h00 vous pourrez assister au débat des chefs en anglais