Point de presse sur les déclarations de M. Sarkozy
22 avril 2009 par Le républicain Québécois
Dans relations France-Québec
Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois et Pauline Marois, chef du Parti Québécois et de l’opposition officielle réagissent aux propos de Nicolas Sarkozy, président de la France.
La réponse de Nicolas Sarkozy à Pauline Marois et Gilles Duceppe
16 février 2009 par Le républicain Québécois
Dans relations France-Québec
Étant donné que du côté français, personne ne voyait d’inconvénient à dévoiler le contenu de la lettre de Sarkozy qui répondait à Pauline Marois et Gilles Duceppe, voici donc le contenu de ladite lettre.
Madame la Chef de l’opposition officielle, Monsieur le Chef du Bloc québécois,
Je vous remercie de votre lettre du 4 février dernier, qui a retenu toute mon attention.
Depuis mon élection, j’ai eu pour but de refonder la relation franco-québécoise en lui donnant un nouvel élan et en élargissant plus encore le champ de notre coopération.
C’est dans cet esprit que je me suis exprimé en octobre dernier devant l’Assemblée Nationale du Québec en mettant en valeur la relation de fraternité qui unit Français et Québécois. L’importance de la participation de la France à la commémoration du 400ème anniversaire de la fondation de Québec et l’éclat de ces manifestations en France ont été en 2008 une illustration de l’intensité de notre relation et du profond attachement du peuple français au peuple québécois,
C’est dans cet esprit également que j’ai signé avec le Premier ministre du Québec une Entente en matière de reconnaissance des qualifications professionnelles qui favorisera la mobilité professionnelle entre la France et le Québec. Elle permettra aux Français qui ont fait le choix de s’installer au Québec de réussir plus facilement leur intégration professionnelle comme aux Québécois de pouvoir exercer leur profession en France. Il s’agit là d’un progrès social et humain exceptionnel, sans équivalent entre deux partenaires situés sur des continents différents.
C’est dans cet esprit enfin que la France a tenu à rendre hommage au peuple québécois en distinguant en 2008 quinze personnalités québécoises de tout premier rang en leur remettant les insignes de l’Ordre national du Mérite ou de la Légion d’Honneur. Dans ce contexte, j’ai eu le plaisir de décorer le 2 février le Premier ministre du Québec des insignes de Commandeur de la Légion d’Honneur. J’ai souligné que cet hommage s’adressait à la personne du Premier ministre mais, au-delà, à la Nation québécoise toute entière.
Ma volonté est d’aller plus loin encore, en approfondissant dans tous les domaines la relation unique qui lie la France et le Québec. Je pense notamment aux domaines économique, scientifique et universitaire, car ce sont les clefs de notre avenir commun, ou encore à notre coopération dans les domaines de la santé et de l’environnement.
Je souhaite que cette nouvelle relation franco-québécoise s’épanouisse en harmonie avec la relation que la France entretient avec le Canada dans son ensemble. Cette communauté d’action est déterminante pour faire avancer les causes auxquelles nous tenons. La victoire commune que nous avons remportée pour la reconnaissance de la diversité culturelle en est l’illustration. Je pense également au projet de nouvel accord entre l’Union européenne et le Canada, pour lequel le Québec joue un rôle moteur. Cette communauté d’action est d’autant plus nécessaire dans le contexte de la crise économique mondiale que nous subissons, dans laquelle la langue française et les valeurs de la francophonie que nous portons ensemble constituent l’un de nos atouts les plus précieux.
Les Québécois, dans la diversité de leurs engagements et de leurs opinions, tiennent une place particulière dans le cœur des Français. Ce lien si profond qui nous unit, fondé sur le respect, la fraternité et la francophonie, constitue notre trésor commun. C’est ce trésor que je voudrais, avec tous les Québécois, promouvoir et valoriser davantage encore.
Je vous prie de croire, Madame la Chef de l’opposition officielle, Monsieur le Chef du Bloc québécois, à l’assurance de ma considération.
Lettre à Nicolas Sarkozy
5 février 2009 par Le républicain Québécois
Dans Souveraineté, relations France-Québec
Lettre conjointe présentée par les chefs du Parti Québécois, Paul Marois, et du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au Président français Nicolas Sarkozy.
Montréal, le 4 février 2009
Monsieur le Président,
Nous voulons réagir de deux façons aux propos que vous avez récemment tenus à l’Élysée au sujet du Québec. D’abord, vous nous voyez ravis de constater que vous trouvez trop timide la politique française antérieure qui parlait de « non indifférence » pour qualifier l’intensité des rapports entre nos deux peuples. Vous préférez, dites-vous, parler « d’amour » entre des nations frères faisant partie d’une même famille. Dans la même veine, et cela vous surprendra peut-être de la part de deux leaders indépendantistes, nous vous félicitons pour l’énergie que vous avez mise, et que vous mettez encore, à assurer le succès de dossiers franco-québécois que nous appuyons vivement : la reconnaissance réciproque des diplômes entre Français et Québécois, qui permettra à nos professionnels d’uvrer et de voyager plus facilement de part et d’autre, et le projet de libre-échange Canada-Union Européenne, dont le Québec est le principal promoteur et serait, de ce côté-ci de l’Atlantique, le pr! incipal bénéficiaire.
Car contrairement à l’idée que vous semblez avoir de nous, les indépendantistes québécois sont favorables à tout ce qui permet au Québec de s’ouvrir au monde. Vous semblez l’ignorer, Monsieur le Président, car à l’Élysée, vous avez accompagné vos remarques fraternelles de remontrances à certains de vos frères, affirmant au sujet des indépendantistes québécois qu’ils n’adhèrent pas au « refus du sectarisme, de la division, de l’enfermement sur soi-même, au refus de définir son identité par opposition féroce à l’autre ».
De qui parlez-vous, Monsieur le Président ? Des 49,4 % de Québécois, et donc de la forte majorité de francophones, qui, le soir du 30 octobre 1995, ont voté Oui à la souveraineté du Québec ? Au 43 % qui, lors d’un sondage de la semaine dernière, ont réitéré ce choix ? Cela fait beaucoup de monde. La moitié de la famille, Monsieur le Président. « Sectaires » ? « Féroces » ? les électeurs québécois qui ont élu en octobre 49 députés indépendantistes, soit près des 2/3 de la députation québécoise à la Chambre des communes à Ottawa et, en décembre dernier, 51 députés à Québec, formant ainsi l’opposition officielle ? « Adeptes de l’enfermement », les Québécois qui ont élu quatre gouvernements souverainistes majoritaires au cours des 30 dernières années ?
Nous ne pensions pas que le général de Gaulle nous appelait à l’enfermement sur nous-mêmes lorsqu’il a souhaité, en juillet 1967, que « Vive le Québec libre ! » Nous jugeons toujours qu’il avait raison lorsqu’il a plus longuement expliqué ce qui suit en novembre 1967 : « Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. » Nous ne pensons pas, non plus, que les nombreux hommes et femmes politiques français, dont plusieurs ont joué et jouent un rôle éminent au sein de votre formation politique, qui nous ont prodigué conseils et encouragements au cours des années et encore aujourd’hui, veulent pousser le Québec au sectarisme.
Notre mouvement est fier d’avoir incarné au cours des années l’exact contraire de l’idée que vous vous en faites. C’est ainsi que le fondateur de notre mouvement, René Lévesque, s’est battu bec et ongles pour que le Québec puisse s’exprimer au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie, lorsque le gouvernement canadien le lui refusait. On doit à son successeur Jacques Parizeau d’avoir, le premier, appuyé le projet de libre-échange canado-américain, contre les partis pro-canadiens à l’origine trop frileux pour s’y engager. La mobilisation de l’électorat souverainiste québécois en faveur de cet accord en a assuré le succès lors d’une élection cruciale en 1988.
Ce sont des politiques économiques mises en uvre par des gouvernements du Parti Québécois qui ont permis au Québec d’avoir une économie plus ouverte sur le monde que celle de la plupart des pays occidentaux. Ce sont des politiques linguistiques introduites par le Parti Québécois qui assurent désormais au sein de la majorité québécoise l’intégration de vagues d’immigration successives, jouissant de politiques plus ouvertes et plus généreuses que celles de la plupart des pays occidentaux.
C’est l’Assemblée nationale du Québec, sous la direction d’un président indépendantiste, qui a organisé la Conférence des parlementaires des Amériques, contre le vu du gouvernement canadien et malgré les obstacles qu’il lui a opposés. Les exemples sont nombreux.
Nous ne savons pas d’où vous est venue l’idée que nous réclamons de vous que vous détestiez le Canada. Malgré nos différends importants avec nos voisins, nous respectons ce pays, ses valeurs et sa population. Nous pensons que l’indépendance du Québec mettrait un terme aux rancurs et aux débats épuisants qui jalonnent l’histoire de notre présence dans le Canada. Dans l’argumentaire que nous distribuons largement, nous affirmons à tous que « le Canada et le Québec seront de bons partenaires au sein de la communauté internationale. Souverain, le Québec discutera de pays à pays avec le Canada et les chicanes fédérales-provinciales seront choses du passé. Nos deux nations sont destinées à collaborer, histoire et géographie obligent. »
Vous n’êtes pas sans savoir que les Nations-Unies ont accueilli, depuis 1980, pas moins de 38 nouveaux pays. Chacun a choisi de parler de sa propre voix, plutôt que de prolonger sa présence au sein d’un pays plus large qui n’était pas le sien. Loin de condamner leur arrivée, de leur faire des remontrances sur l’enfermement, la France les a accompagnés, les a reconnus. C’est ce que les Québécois attendent d’elle.
Mais nous devons à la vérité de vous faire savoir que jamais un chef d’État étranger n’a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté. Plusieurs chefs d’État et de gouvernement, surtout du monde anglophone, ont publiquement souhaité le maintien d’un Canada uni, vantant, comme l’avait fait le président Bill Clinton en 1995, la qualité des rapports entre son pays et le Canada. D’ailleurs, George Bush père avait affirmé en 1990 que notre cas était parmi ceux où « il faut rester courageusement assis en coulisses ». Aucun n’a utilisé envers le mouvement indépendantiste les épithètes pour tout dire méprisantes que vous employez.
Mais puisque vous parlez d’enfermement, Monsieur le Président, laissez-nous vous éclairer davantage. Vous avez affirmé lors de votre passage en octobre que le Canada, « par son fédéralisme, a décliné un message de respect de la diversité et d’ouverture ». Savez-vous que depuis maintenant plus d’un quart de siècle, le Québec est gouverné par une constitution canadienne qui lui a été imposée contre sa volonté, qui restreint son autonomie en matière d’éducation, de langue et de culture, qui n’a pas été soumise à un référendum et qu’aucun premier ministre québécois, depuis René Lévesque jusqu’à Jean Charest, n’accepte de signer ? Savez-vous qu’aucune réparation de cette situation inacceptable n’est envisagée ou envisageable ? La France accepterait-elle de rester dans l’Union Européenne si le reste de l’Europe lui imposait un nouveau traité réduisant unilatéralement sa souveraineté sur des questions identitaires, sans même la consulter par référendum ? Nous n’osons imaginer quell! e serait votre réaction si une telle injustice était infligée à votre nation.
Enfermement encore : nous savons désormais qu’au soir du référendum de 1995, si une majorité de Québécois avaient démocratiquement voté en faveur de la souveraineté du Québec, le premier ministre canadien Jean Chrétien aurait refusé de reconnaître ce choix.
C’est ce qu’il a avoué depuis, même s’il avait déclaré cinq jours auparavant, dans une adresse solennelle à la nation, qu’un choix pour le Oui serait « irréversible ». Toute honte bue, le premier ministre canadien maintient que, même en votant majoritairement pour la souveraineté, le Québec n’aurait pu quitter le Canada. Nous savons cependant que, simultanément, votre prédécesseur, le président Jacques Chirac, aurait reconnu la décision politique des Québécois, se rangeant ainsi du côté de la démocratie et l’accompagnant dans son choix. Plusieurs pays francophones auraient fait de même et nous savons que la démocratie l’aurait emporté.
Il est vrai, Monsieur le Président, que les Québécois ne seront pas appelés à revoter sur cette question dans l’avenir immédiat. Cependant, puisque rien de fondamental n’est résolu dans les rapports Québec-Canada, il n’est pas impossible que cela survienne pendant que vous présidez aux destinées de la France. Il n’est pas impossible que la démocratie québécoise ait besoin de l’appui de tous ses amis, de tous ses frères.
Dans cette hypothèse, il vous reviendra de décider si vous souhaitez laisser, ou non, la marque d’un président qui, à un moment crucial, a su répondre avec une réelle fraternité à l’appel de l’Histoire.
Pauline Marois
Chef du Parti Québécois
Chef de l’opposition officielleGilles Duceppe
Chef du Bloc Québécois
Budget fédéral : le PLC se résigne et signe l’arrêt de mort de la coalition
28 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
Le choix du PLC a été annoncé ce matin et les libéraux ne s’opposeront pas au budget présenté par Jim Flaherty, Ministre du budget de Stephen Harper. Pis, ils iront même jusqu’à lui apporter leur soutien.
À cette volte-face, certains émettent l’hypothèse que l’arrivée de Michael Ignatieff à la la tête du PLC signait de facto la fin de l’entente entre les partis d’opposition. Bien sûr, le nouveau chef libéral ne sait jamais montré ardent défenseur de l’option de coalition, on le sait, mais ce serait avant tout la remontée du PLC dans les sondages depuis son arrivée à la direction qui aurait marqué le virage stratégique. En toute logique, un parti libéral qui se voyait pousser des ailes dans les intentions de vote avait toutes les raisons de s’émanciper d’un allié turbulent comme le NPD et d’un soutien intransigeant comme le Bloc.
Enfin, il y a eu ce que Denis Coderre, lieutenant d’Ignatieff au Québec, a appelé “l’intérêt national” en se retranchant derrière des arguties juridiques pour justifier la peur d’être conduit à de nouvelles élections générales. La coalition aura donc été utilisée comme l’épée Damoclès.
En tout état de cause, la fin de la crise parlementaire ouvre une certaine redéfinition du champ politique canadien: les libéraux peuvent désormais se targuer de faire manger les conservateurs au creux de leurs mains, ces derniers devant impérativement se recentrer pour préserver leur cabinet.
Pourtant, les libéraux pourraient être les premières victimes de leur revers. En effet, si le Gouvernement Harper aura plus que jamais besoin des voix du PLC pour persister, ce dernier devra compter sur ces anciens compagnons de route pour renverser les conservateurs. Or, une telle chose ne sera plus si simple puisque le NPD aura toutes les raisons du monde de se méfier ce faux-frère-ennemi de centre gauche: de l’eau devra couler sous les ponts avant d’envisager de nouveaux partenariats. Enfin, les troupes de Gilles Duceppe ont tout intérêt désormais à percevoir Michael Ignatieff comme un challenger sérieux au Québec, bien plus dangereux que n’ont pu l’être Stephen Harper et Stéphane Dion.
Pour illustrer ce nouveau paradigme, voici une dépêche de la Presse canadienne relative à la réaction de Gilles Duceppe.
Duceppe accuse les libéraux de laisser tomber le Québec en appuyant le budget
OTTAWA — L’ère de la collaboration et de la bonne entente entre le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada scellée en décembre dernier par le pacte donnant naissance à une coalition des partis d’opposition a pris fin abruptement mercredi avec la décision du parti fédéraliste de Michael Ignatieff d’appuyer le budget conservateur.
Pour le chef bloquiste, Gilles Duceppe, ce geste constitue rien de moins qu’une trahison.
“En votant en faveur de ce budget conservateur, les libéraux vont aussi voter contre le Québec. Comme les conservateurs, les libéraux vont eux aussi voter contre la justice sociale, contre le droit à l’équité salariale et ils vont voter contre une économie verte”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
M. Duceppe, qui ne s’en était pas pris directement aux libéraux depuis des mois, leur a reproché mercredi de renouer avec leur “tradition prête à laisser tomber le Québec à la première occasion”.
“On a la politique de nos intérêts et les intérêts du Canada ne sont pas ceux du Québec. Quand ils ont à choisir entre l’Ontario et l’Ouest et le reste du Canada et le Québec, le choix se fait facilement”, a-t-il fait valoir.
Le chef souverainiste a prévenu les libéraux, qui espèrent faire des gains au Québec lors du prochain scrutin, qu’ils paieraient le gros prix pour leur attitude.
A l’instar du Nouveau Parti démocratique, le Bloc s’oppose à un budget qui à ses yeux fait passer “l’idéologie avant l’économie”, ne vient pas en aide aux travailleurs et aux chômeurs et ne respecte pas les compétences provinciales.
Le Bloc a déposé mercredi un sous-amendement au budget qui reprend le texte d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale demandant une aide pour les secteurs manufacturier et forestier, un meilleur accès à l’assurance-emploi, le maintien de la péréquation dans sa forme actuelle et l’arrêt du projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne.
Le vote sur ce texte aura lieu jeudi. Pour M. Duceppe, tous les élus du Québec auront alors à prendre clairement position, non seulement sur le budget mais aussi sur une série d’enjeux chers à leur province d’origine.
“Au moment du vote sur ce sous-amendement tous les élus du Québec feront face à un choix qui est très clair: c’est le choix entre le Québec ou le Canada. Tous les élus du Québec qui voteront contre ce sous-amendement et en faveur de ce budget conservateur auront choisi le Canada au détriment du Québec”, a-t-il insisté.
Le NPD a d’ores et déjà indiqué qu’il appuierait le sous-amendement du Bloc. Le parti ne compte cependant qu’un député au Québec, l’ancien ministre Thomas Mulcair qui représente la circonscription montréalaise d’Outremont. [...]
Les réactions au discours du trône
27 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale
Michaelle Jean a présenté, hier, son discours du trône dont voici un extrait:
Honorables Sénatrices et Sénateurs,
Mesdames et Messieurs les Députés,
Mesdames et Messieurs,En ces temps incertains où le monde entier est menacé par une économie qui vacille, il devient urgent de travailler ensemble, d’unir nos efforts et d’en appeler à une plus grande solidarité.
Dans le respect de notre tradition démocratique, les Canadiennes et les Canadiens s’attendent à ce que leurs représentants élus se concertent pour que le Canada sorte plus fort de cette grave crise économique.
Une fois de plus, les représentants de la population se rassemblent pour examiner les priorités de la prochaine session parlementaire. [...]
La suite à cette adresse: http://www.sft-ddt.gc.ca/fra/media.asp?id=1384
Ci-dessous, voici la réaction de Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois:
Des interventions de Jack Layton (NPD), Michael Ignatieff (PLC) et Christian Paradis (“lieutenant” de S. Harper au Québec) peuvent être consultées sur le site de Radio Canada en cliquant sur le logo ci-dessous:
Nous ne publions pas de vidéos de ces deux leaders dans le présent billet pour la simple raison que leur parti n’en proposent pas (à notre connaissance) sur les sites de partages vidéos tels Youtube, Dailymotion ou Google Videos.
Une semaine importante débute à Ottawa
26 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale

Dénouement de près de deux mois de tractations politique, cette semaine débutera par la lecture du discours du trône de Michelle Jean. Sauf réelle surprise, ce dernier devrait être relativement proche de celui prononcé il y a deux mois, se focalisant notamment sur l’enjeu économique actuel.
Le projet de budget quant lui, sujet de toutes les attentions, devrait être présenté demain. En effet, devant les menaces de coalition PLC-NPC, la prorogation de la session parlementaire, le 04 décembre dernier, a permis aux conservateurs de Stephen Harper d’obtenir un sursis de 7 semaines pour revoir leur copie budgétaire.
Le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, ne souhaite pas se prononcer sur une éventuelle censure du Gouvernement. avant d’avoir pris connaissance de celui-ci. D’ores et déjà, le Nouveau Parti Démocratique de Jack Layton a annoncé qu’il s’opposerait à son adoption. Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, a, pour sa part, indiqué qu’il conservait un mince espoir de voir le texte correspondre à ses attentes, mais à répété à plusieurs reprises qu’une coalition soutenue par le Bloc restait d’acutalité.
Sur le fond, des trois partis d’opposition, tous s’entendent néanmoins pour considérer que l’annonce de déficits beaucoup plus importants que ce qui était planifié il y a encore quelques semaines ne contribue pas à restaurer la confiance à l’égard des conservateurs. Enfin, la rumeur d’une baisse généralisée (mais limitée dans le temps à la période de crise) est un autre point de tension: depuis la baisse de la TPS (impôt fédéral indirect sur la consommation), le Gouvernement a d’ores et déjà fragilisé les caisses de l’État canadien sans obtenir les conséquences escomptées sur le dynamisme économique. Plutôt qu’une relance économique, PLC, NPC et Bloc Québécois s’inquiètent du possible glissement progressif vers un déficit structurel.
Du 22 novembre à aujourd’hui, retrouvez la chronologie complète des évènements sur le site de Radio Canada.
Le gouvernement conservateur en sursis jusqu’au 26 janvier
5 décembre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale
Le Gouvernement de coalition n’aura finalement pas lieu. Du moins pas tout de suite. Car, hier matin, le suspense aura duré deux heures et demie, mais le premier ministre Stephen Harper aura finalement obtenu de la la Gouverneure Générale, Mme Michaëlle Jean, la prorogation qu’il réclamait, fermant le Parlement avant que le couperet du vote de confiance ne tombe sur son gouvernement. Le chef conservateur a par ailleurs promis d’ici janvier de tendre la main à ses adversaires pour planifier le budget, mais pas au Bloc Québécois, dont les visées sont, selon-lui, contraires aux intérêts du Canada.
Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, s’est montré choqué de cette exclusion de la représentation du Québec. «Stephen Harper s’est sciemment et brutalement lancé dans la pire des politiques, celle de la division, de la peur et du mensonge, a-t-il déclaré. En contestant la légitimité des élus du Bloc québécois, le chef conservateur a dénigré le vote des Québécois. Il a poussé ses partisans à se lancer dans les pires attaques contre le Québec qu’on a vues depuis les événements de Meech. Stephen Harper s’est comporté comme un incendiaire, simplement pour sauver sa peau.»
Plusieurs députés de l’opposition ont déclaré craindre qu’en acceptant de proroger la Chambre pour la seule raison de permettre à M. Harper de s’éviter une motion de censure, Michaëlle Jean n’ait donné le feu vert à tout futur premier ministre de mettre la clé dans la porte du Parlement chaque fois qu’il sentira la soupe un peu chaude.
Gilles Duceppe martèle son opposition aux conservateurs devant plus de 2000 militants
6 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale, Élections fédérales 2008
Nous nous sommes rendus au grand rassemblement du Bloc Québécois à Ste-Hyacinthe d’hier matin. Dans une salle plaine à craquer, plus de 2 000 citoyens québécois, venus des 4 coins de la Province (dont la superficie est 2,3 fois plus grande que celle de la France!) en bus, ont pu chaudement applaudir les différents intervenants qui, tour à tour, ont conspué la politique rétrograde de Stephen Harper.
L’ancien député bloquiste et prêtre catholique Raymond Gravel a qualifié M. Harper de « sans cœur », alors que la professeure Louise Vandelac a reproché au chef du PCC son « obscurantisme » idéologique et son « négationisme » environnemental. L’acteur Gilles Renaud a vigoureusement critiqué les compressions en culture: « Si cela ne s’appelle pas fermer la gueule à une nation, je ne sais pas comme cela s’appelle ».
De leurs côtés le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, et le meneur du Forum Jeunesse du Bloc Québécois, Jean-François Landry, ont tous les deux proposés des discours d’une grande qualité oratoire. Le premier avec la force du tribun et le second avec une certaine finesse d’esprit ont séduit un auditoire déjà captivé.
Enfin, après la présentation de l’ensemble des candidats du Bloc, le chef du parti souverainiste, Gilles Duceppe, n’a pas ménagé son rival conservateur: rétrograde, menteur, tricheur, obscurantiste, vendu au pétrole! Autant d’attaques dirigées exclusivement à l’encontre de Stephen Harper.
Il est clair qu’avec ce rassemblement, Gilles Duceppe a voulu amorcer la dernière ligne droite de sa campagne avec une démonstration de force. À ce titre, les commentateurs considèrent qu’il a pris la parole hier dans la plus importante assemblée organisée par un parti depuis le début de la campagne fédérale 2008.
Voici un extrait du discours de Gilles Duceppe, publié en communiqué par le Bloc Québécois :
« Quelqu’un qui copie, on n’appelle pas ça un leader, on appelle ça un tricheur », a lancé le chef du Bloc, en faisant évidemment référence aux récentes révélations de plagiats de discours du chef du Parti conservateur.
« Nous sommes plus de 2000 militantes et militants rassemblés aujourd’hui pour nous élever contre les politiques des conservateurs de Stephen Harper qui vont à l’encontre des intérêts et des valeurs du Québec. Une telle mobilisation ne peut que passer un message puissant aux conservateurs, donner un avant-goût de ce que Stephen Harper va trouver sur son chemin le 14 octobre », a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au cours du grand rassemblement du Bloc Québécois qui avait lieu aujourd’hui à Saint-Hyacinthe.
D’entrée de jeu, le chef du Bloc Québécois a souligné que l’enjeu de ces élections, c’est d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité à la Chambre des communes. « À dix jours du vote, la situation est parfaitement claire : au Québec, nous pouvons battre les conservateurs, les empêcher d’obtenir une majorité et d’imposer leur idéologie sans limites », a poursuivi Gilles Duceppe.
« Stephen Harper a dit hier qu’il ne comprenait pas les Québécoises et les Québécois qui refusaient de voter pour lui et appuyaient plutôt le Bloc Québécois. Ça le dépasse, Stephen Harper, que des gens décident de voter pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils aiment. Il ne comprend pas, Stephen Harper, que reconnaître l’expression nation québécoise, ne reconnaître que les mots, ça ne suffit pas. Encore faut-il reconnaître ce que nous sommes, ce que nous voulons, ce que nous pensons. Mais Stephen Harper ne comprend rien au Québec! », a encore affirmé Gilles Duceppe.« Stephen Harper a déclaré que c’était absurde que les Québécoises et les Québécois demeurent dans les estrades en votant pour le Bloc Québécois. Voilà une déclaration d’un rare mépris envers la démocratie et insultante pour tous ceux et celles qui choisissent d’appuyer le Bloc Québécois. La Chambre des communes, ce ne sont pas des estrades, c’est l’endroit où les élus du peuple prennent des décisions et votent. Ces propos en disent long : ce qu’il nous dit, Stephen Harper, c’est que s’il obtient une majorité, il va ignorer la Chambre des communes et régner en maître, n’en faire qu’à sa tête. Le chef conservateur vient de nous donner une raison de plus de l’empêcher d’obtenir une majorité. C’est ce que nous allons faire! », a-t-il enchaîné.
Le chef du Bloc Québécois a rappelé que le refus de Stephen Harper de soutenir l’économie, son mépris envers la culture, la langue, l’environnement, les droits des femmes et des jeunes, ainsi que sa propension à trahir ses promesses, notamment en ce qui concerne le remboursement du Supplément de revenu garanti et l’octroi au Québec d’un siège à l’UNESCO, tous ces indicateurs démontrent la nécessité de barrer le chemin à un gouvernement conservateur majoritaire à Ottawa.
« Depuis le début de cette campagne électorale, chaque jour des Québécoises et des Québécois se sont élevés contre les politiques rétrogrades, le mépris et l’arrogance de Stephen Harper et des conservateurs. Les artistes, des maires des villes du Québec, les représentants des régions, les décideurs économiques, les défenseurs de l’environnement, des chômeurs, les femmes, les personnes âgées, les démunis, les jeunes, les avocats, les policiers ont tous, les uns après les autres, rejeté les politiques de Stephen Harper », a repris Gilles Duceppe.
« Au Québec, il n’y a que le Bloc Québécois qui est en mesure d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité. Nous avons une grande tâche à accomplir et c’est de rassembler derrière le Bloc Québécois un maximum de Québécoises et de Québécois de toutes les allégeances. Nous devons convaincre le maximum de nos concitoyens d’exercer leur droit de vote. Nous devons rallier tous ceux et celles qui disent NON à Stephen Harper. Nous devons nous retrousser les manches et faire en sorte que le 14 octobre, Stephen Harper trouve tout le Québec sur son chemin », a conclu Gilles Duceppe.
Retour sur les débat des chefs 2008
3 octobre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale, Élections fédérales 2008
Aux lendemains des débats des chefs, nous pouvons nous réjouir de la qualité des échanges qui s’y sont tenus. Même si le débat en français a révélé l’inconfort persistent de Jack Layton et Stephen Harper (il est inutile de revenir sur les difficultés d’Elisabeth May), les canadiens des deux langues ont pu assister à des débats de plutôt bonne qualité.
Concernant la formule de débat autour de la table, cela a certainement contribué à pacifier les échanges. Par contre, on ne pourra nier que la présence de 5 chefs a handicapé quelque peu la possibilité d’entretenir des conversations plus approfondies. La gestion constante du temps s’est d’ailleurs révélée plus difficile dans la formule anglaise du débat, à moins qu’il ne s’agisse là d’une “déformation” due à la traduction.
Stephen Harper a été la cible majeure et constante des attaques des 4 autres partis. Cette position, pour le moins inconfortable, a été amplifiée pendant le débat en français alors qu’il s’entêtait à considérer la situation économique canadienne comme ayant des “fondements beaucoup plus stables”. Entre l’autosatisfaction, la nonchalance et la confiance, il était difficile de lire clairement le sentiment du chef conservateur. À plus forte raison, on peut s’interroger, au regard de sa médiocre performance en la matière, sur ce qui a pu l’inciter à étendre le débat économique à 30 minutes…
Dans les deux débats, Jack Layton a voulu se présenter comme une alternative valable aux conservateurs, reléguant les libéraux au rôle de bons troisièmes. Il s’est évertué à se présenter comme un possible Premier Ministre ou, en tous cas, comme un chef de l’opposition potentiel. Cette stratégie d’affirmation correspond à ce qu’il a chercher à démontrer sur l’enesemble de sa campagne. s’est montré proche des préoccupations quotidiennes des gens. Indéniablement, il a été le plus agressif contre l’actuel Premier Ministre. Par contre, au milieu de ces innombrables attaques, il serait surprenant de constater que les téléspectateurs aient y percevoir la vision précise d’une société canadienne par un Gouvernement néo-démocrate. Premier opposant, peut-être, mais Premier Ministre… il reste encore une marche à gravir.
Concernant Stéphane Dion, les sondages le donnent tellement perdant depuis 1 mois que l’on ne pouvait s’attendre à un renversement de situation en sa faveur. Par contre, force est de constater qu’il s’est montré meilleur que ce qu’on pouvait s’attendre de lui. Rigueur, respect et volontarisme sont autant de valeurs que l’on a pu percevoir en lui. Par contre, sa proposition de présenter un plan d’action pour contrer la crise économique dans les 30 premiers jours n’a pas eu l’effet souhaité: présentée trop tôt dans le débat, alors que le chef libéral faisait encore état d’une certaine anxiété, il a “dégainé trop vite”… De plus, à y regarder de plus près, est-ce vraiment un plan ou un “plan-visant-à-mettre-en-place-un-plan”? Sur le second débat en anglais, il était clair qu’il lui revenait de remporter le débat pour modifier les tendances lourdes indiquées par les sondages. Malheureusement pour lui, s’il maîtrisait bien l’anglais, il a paru moins solide que la veille.
Gilles Duceppe quant à lui s’est une fois de plus présenté comme un très bon contradicteur, poussant à plusieurs reprises Stephen Harper dans les cordes (notamment au sujet de l’approche territoriale dans la gestion des Gaz à Effets de Serre), sans pour autant parvenir à asséner le coup de grâce. Égal à lui-même, il n’a ni surpris ni déçu.
Enfin, Elisabeth May a dépassé les attentes que l’on avait d’elle sur son expression en France. Bien évidemment, sa performance a été bien meilleure en anglais, notamment pour contrecarrer le plan conservateur en environnement.
Journal de campagne
13 septembre 2008 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale, Élections fédérales 2008
La campagne électorale ayant commencé “sur les chapeaux de roues”, il a semblé préférable d’attendre quelques jours afin de laisser un peu décanter l’information ; mais, promis-juré, le journal de campagne sera alimenté beaucoup plus régulièrement à compter de ce jour…
Le Bloc Québécois, prisonnier du « bric-à-brac idéologique de la gauche » ?
En ce début de campagne l’équipe de Gilles Duceppe a subit de nombreuses attaques sur les valeurs défendues par le Bloc. Or, une grande partie de ces critiques proviennent de souverainistes déçus, à commencer par Jacques Brassard, ancien ministre péquiste de l’environnement.
« Il me semble que le Bloc est désemparé d’avoir perdu ces fringants chevaux de bataille qu’étaient le scandale des commandites et le déséquilibre fiscal. Alors, il sort de l’écurie les vieilles picouilles de gauche (Kyoto, la paix, la haine des Américains, la droite nazifiée, la diabolisation des armes à feu, l’Alberta dégueulasse, etc.). Je ne suis pas certain que ces vieux canassons vont se rendre au fil d’arrivée dans la course électorale qui commence »
Dans deux lettres distinctes, le Bloc Québécois par l’intermédiaire de Jacques Léonard, et Bernard Landry, 26e Premier Ministre du Québec, se sont fendus d’une attaque réglée contre celui dont la lente dérive droitière justifierai l’aigreur des propos. Nous l’avons dit dans un précédent post, la vision de nationalisme peut être extrêmement variable. Le nationalisme peut être traditionnel, c’est à dire reposer sur une vision classique de l’État-Nation (comme la France ou l’Angleterre) ; il peut aussi être oppresseur, voire impérialiste, niant dès lors l’existence d’entités nationales minoritaires pourtant bien réelles ; il peut être libérateur, c’est à dire visant à atteindre la libération nationale, régionaliste, ou séparatiste ; il peut, enfin relever de la tradition nationaliste européenne proche de “la nouvelle droite”. Le Bloc a fait le choix de défendre un souverainisme de progrès qui défend une vision moderne et humaniste du Québec, dans une société canadienne de plus en plus en proie à la Réaction soutenue par le Parti Conservateur.
Comme le conclu Jacques Léonard, “l’une de ces valeurs, c’est le statut de la langue française au Québec. Vieille picouille, mon œil!. C’est cette idée d’un peuple fier de son identité culturelle, inscrite dans une dimension tolérante de la diversité qui a été développée par le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au cours de son assemblée d’investiture à Laurier – Ste-Marie. Le mouvement souverainiste se grandit de ne pas céder à la tentation du nationalisme excluant et passéiste. Il en résulte que le Bloc devient un parti aux idéaux encore plus grands lorsqu’il dépasse la seule question de la souveraineté en anticipant, dès aujourd’hui, la société de demain.
Au cours de ce même discours, Gilles Duceppe en a profité pour critiquer avec vigueur Stephen Harper et Mario Dumont sur leurs inconstantes visions de la défense des intérêts du Québec. L’un comme l’autre ils n’assument pas jusqu’au bout les conséquences de leurs déclarations:
Le plan environnemental du NPD
“Compenser les pollueurs qui réduisent leur pollution et pénaliser ceux qui ne le font pas, c’est le pilier du système adopté par l’Union européenne, a expliqué Jack Layton. Les deux candidats à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama et John McCain, l’ont proposé aussi. Cela permettra au Canada d’adopter une solution de plus en plus globale, qui pourrait être intégrée.” Voilà en résumer ce que le NPD a lancé dans la marre pour débuter sa campagne sur le terrain des idées. Jack Layton, à la différence de Dion, a eu l’intelligence d’arriver avec un plan bien ficelé en la matière. Il propose notamment d’aider les familles à faire la transition vers une économie durable à l’aide d’un fonds pour les emplois verts de 750 millions de dollars, ou encore de mettre un terme aux nouveaux projets d’exploitation des sables bitumineux jusqu’à ce que les émissions en soient limitées, voire d’instaurer un marché du carbone… chose qui été initialement défendue par Stéphane Dion quand il dénonçait la probable inefficacité de la Taxe carbone…
Les dérives grossières du PCC
On le savait, les conservateurs n’allaient certainement pas inventer l’eau chaude au cours de cette campagne. La campagne de 2006 avait été remportée sur la base de 5 ou 6 idées forces reprises en boucle. Aujourd’hui, il est clair que Stephen Harper n’a pas encore fait preuve d’innovation programmatique. Les inquiétudes restent les mêmes lorsque l’on a découvert que la candidate conservatrice de la circonscription Saint-Bruno-Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, fait partie de l’Opus Dei, et qu’elle en avait même été porte-parole. Bien sûr, ce genre de révélations ne fait que corroborer les inquiétudes qui avaient pu naître notamment du projet de loi C-484, modifiant le Code criminel (blesser ou causer la mort d’un enfant non encore né au cours de la perpétration d’une infraction). Et comme l’alliance des conservateurs de tous poils n’est jamais loin, on ne sera pas étonné d’apprendre que la Cardinal Turcotte, s’est introduit dans la campagne électorale en remettant son insigne de l’Ordre du Canada après qu’un ardent défenseur de l’avortement y est été admis.
Dans cette droite ligne, deux gaffes ont entaché la crédibilité du PCC: un membre de l’équipe de communication a maladroitement utilisé un témoignage de père de soldat mort en Afghanistan comme argument politique, et, enfin une animation sur le site conservateur mettait en scène, dans un montage scatologique de pré-adolescent, Stéphane Dion dans une situation peu avantageuse… Tout simplement idiot…
“Ensemble, tout est possible”: Stéphane Dion se prend pour Nicolas Sarkozy
Avec tout le respect que nous pouvons avoir pour le plan Vert de M. Dion, auquel nous croyons sincèrement, force est de constater que sa campagne patine… D’ailleurs, a-t-elle réellement commencé ? Si le slogan de campagne est on ne peut plus copié sur celui de l’ex-candidat Sarkozy, voilà bien la seul comparaison que l’on peut faire entre les deux hommes. Son manque de leadership est réel et dans quelque déclaration que ce soit, il est impossible d’y lire la moindre combativité. Même si son programme est plutôt éloigné de nos convictions, il est fort dommage que le Parti Libéral ne réussisse pas à se saisir d’une opportunité en or: les conservateurs sont les sortants et la perspective de les voir former un gouvernement majoritaire effraie au plus au point! En tout état de cause, il aurait pu opter pour une stratégie payante en se posant comme rempart du PCC, il a préféré jouer la carte risquée du pari écologique…
Les Verts au débat des chefs
Épiphénomène dans cette campagne, sous la pression médiatique, Jack Layton et Stephen Harper se sont résignés à accepter la présence du parti Vert au débat des chefs. La groupusculaire formation qui totalise 1 député en tout est pour tout (et encore, depuis quelques semaines!) sera donc à même de rivaliser sur le plateau de télévision. Un avantage indéniable à cela: cela fera une occasion de plus de pousser M. Harper dans ses retranchements, alors qu’il s’évertue à nier l’urgence écologique.


Du 22 novembre à aujourd’hui, retrouvez la chronologie complète des évènements sur le site de Radio Canada.
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