Budget fédéral : le PLC se résigne et signe l’arrêt de mort de la coalition

Le choix du PLC a été annoncé ce matin et les libéraux ne s’opposeront pas au budget présenté par Jim Flaherty, Ministre du budget de Stephen Harper. Pis, ils iront même jusqu’à lui apporter leur soutien.

À cette volte-face, certains émettent l’hypothèse que l’arrivée de Michael Ignatieff à la la tête du PLC signait de facto la fin de l’entente entre les partis d’opposition. Bien sûr, le nouveau chef libéral ne sait jamais montré ardent défenseur de l’option de coalition, on le sait, mais ce serait avant tout la remontée du PLC dans les sondages depuis son arrivée à la direction qui aurait marqué le virage stratégique. En toute logique, un parti libéral qui se voyait pousser des ailes dans les intentions de vote avait toutes les raisons de s’émanciper d’un allié turbulent comme le NPD et d’un soutien intransigeant comme le Bloc.

Enfin, il y a eu ce que Denis Coderre, lieutenant d’Ignatieff au Québec, a appelé “l’intérêt national” en se retranchant derrière des arguties juridiques pour justifier la peur d’être conduit à de nouvelles élections générales. La coalition aura donc été utilisée comme l’épée Damoclès.

En tout état de cause, la fin de la crise parlementaire ouvre une certaine redéfinition du champ politique canadien: les libéraux peuvent désormais se targuer de faire manger les conservateurs au creux de leurs mains, ces derniers devant impérativement se recentrer pour préserver leur cabinet.

Pourtant, les libéraux pourraient être les premières victimes de leur revers. En effet, si le Gouvernement Harper aura plus que jamais besoin des voix du PLC pour persister, ce dernier devra compter sur ces anciens compagnons de route pour renverser les conservateurs. Or, une telle chose ne sera plus si simple puisque le NPD aura toutes les raisons du monde de se méfier ce faux-frère-ennemi de centre gauche: de l’eau devra couler sous les ponts avant d’envisager de nouveaux partenariats. Enfin, les troupes de Gilles Duceppe ont tout intérêt désormais à percevoir Michael Ignatieff comme un challenger sérieux au Québec, bien plus dangereux que n’ont pu l’être Stephen Harper et Stéphane Dion.

Pour illustrer ce nouveau paradigme, voici une dépêche de la Presse canadienne relative à la réaction de Gilles Duceppe.

Duceppe accuse les libéraux de laisser tomber le Québec en appuyant le budget

OTTAWA — L’ère de la collaboration et de la bonne entente entre le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada scellée en décembre dernier par le pacte donnant naissance à une coalition des partis d’opposition a pris fin abruptement mercredi avec la décision du parti fédéraliste de Michael Ignatieff d’appuyer le budget conservateur.

Pour le chef bloquiste, Gilles Duceppe, ce geste constitue rien de moins qu’une trahison.

“En votant en faveur de ce budget conservateur, les libéraux vont aussi voter contre le Québec. Comme les conservateurs, les libéraux vont eux aussi voter contre la justice sociale, contre le droit à l’équité salariale et ils vont voter contre une économie verte”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

M. Duceppe, qui ne s’en était pas pris directement aux libéraux depuis des mois, leur a reproché mercredi de renouer avec leur “tradition prête à laisser tomber le Québec à la première occasion”.

“On a la politique de nos intérêts et les intérêts du Canada ne sont pas ceux du Québec. Quand ils ont à choisir entre l’Ontario et l’Ouest et le reste du Canada et le Québec, le choix se fait facilement”, a-t-il fait valoir.

Le chef souverainiste a prévenu les libéraux, qui espèrent faire des gains au Québec lors du prochain scrutin, qu’ils paieraient le gros prix pour leur attitude.

A l’instar du Nouveau Parti démocratique, le Bloc s’oppose à un budget qui à ses yeux fait passer “l’idéologie avant l’économie”, ne vient pas en aide aux travailleurs et aux chômeurs et ne respecte pas les compétences provinciales.

Le Bloc a déposé mercredi un sous-amendement au budget qui reprend le texte d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale demandant une aide pour les secteurs manufacturier et forestier, un meilleur accès à l’assurance-emploi, le maintien de la péréquation dans sa forme actuelle et l’arrêt du projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne.

Le vote sur ce texte aura lieu jeudi. Pour M. Duceppe, tous les élus du Québec auront alors à prendre clairement position, non seulement sur le budget mais aussi sur une série d’enjeux chers à leur province d’origine.

“Au moment du vote sur ce sous-amendement tous les élus du Québec feront face à un choix qui est très clair: c’est le choix entre le Québec ou le Canada. Tous les élus du Québec qui voteront contre ce sous-amendement et en faveur de ce budget conservateur auront choisi le Canada au détriment du Québec”, a-t-il insisté.

Le NPD a d’ores et déjà indiqué qu’il appuierait le sous-amendement du Bloc. Le parti ne compte cependant qu’un député au Québec, l’ancien ministre Thomas Mulcair qui représente la circonscription montréalaise d’Outremont. [...]

Une semaine importante débute à Ottawa

M Jean

Dénouement de près de deux mois de tractations politique, cette semaine débutera par la lecture du discours du trône de Michelle Jean. Sauf réelle surprise, ce dernier devrait être relativement proche de celui prononcé il y a deux mois, se focalisant notamment sur l’enjeu économique actuel.

Le projet de budget quant lui, sujet de toutes les attentions, devrait être présenté demain. En effet, devant les menaces de coalition PLC-NPC, la prorogation de la session parlementaire, le 04 décembre dernier, a permis aux conservateurs de Stephen Harper d’obtenir un sursis de 7 semaines pour revoir leur copie budgétaire.

Le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, ne souhaite pas se prononcer sur une éventuelle censure du Gouvernement. avant d’avoir pris connaissance de celui-ci. D’ores et déjà, le Nouveau Parti Démocratique de Jack Layton a annoncé qu’il s’opposerait à son adoption. Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, a, pour sa part, indiqué qu’il conservait un mince espoir de voir le texte correspondre à ses attentes, mais à répété à plusieurs reprises qu’une coalition soutenue par le Bloc restait d’acutalité.

Sur le fond, des trois partis d’opposition, tous s’entendent néanmoins pour considérer  que l’annonce de déficits beaucoup plus importants que ce qui était planifié il y a encore quelques semaines ne contribue pas à restaurer la confiance à l’égard des conservateurs. Enfin, la rumeur d’une baisse généralisée (mais limitée dans le temps à la période de crise) est un autre point de tension: depuis la baisse de la TPS (impôt fédéral indirect sur la consommation), le Gouvernement a d’ores et déjà fragilisé les caisses de l’État canadien sans obtenir les conséquences escomptées sur le dynamisme économique. Plutôt qu’une relance économique, PLC, NPC et Bloc Québécois s’inquiètent du possible glissement progressif vers un déficit structurel.

SRCDu 22 novembre à aujourd’hui, retrouvez la chronologie complète des évènements sur le site de Radio Canada.

SRC

Le gouvernement conservateur en sursis jusqu’au 26 janvier

Le Gouvernement de coalition n’aura finalement pas lieu. Du moins pas tout de suite. Car, hier matin, le suspense aura duré deux heures et demie, mais le premier ministre Stephen Harper aura finalement obtenu de la la Gouverneure Générale, Mme Michaëlle Jean, la prorogation qu’il réclamait, fermant le Parlement avant que le couperet du vote de confiance ne tombe sur son gouvernement. Le chef conservateur a par ailleurs promis d’ici janvier de tendre la main à ses adversaires pour planifier le budget, mais pas au Bloc Québécois, dont les visées sont, selon-lui, contraires aux intérêts du Canada.

Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe,  s’est montré choqué de cette exclusion de la représentation du Québec. «Stephen Harper s’est sciemment et brutalement lancé dans la pire des politiques, celle de la division, de la peur et du mensonge, a-t-il déclaré. En contestant la légitimité des élus du Bloc québécois, le chef conservateur a dénigré le vote des Québécois. Il a poussé ses partisans à se lancer dans les pires attaques contre le Québec qu’on a vues depuis les événements de Meech. Stephen Harper s’est comporté comme un incendiaire, simplement pour sauver sa peau.»

Plusieurs députés de l’opposition ont déclaré craindre qu’en acceptant de proroger la Chambre pour la seule raison de permettre à M. Harper de s’éviter une motion de censure, Michaëlle Jean n’ait donné le feu vert à tout futur premier ministre de mettre la clé dans la porte du Parlement chaque fois qu’il sentira la soupe un peu chaude.

« Si tu peux tuer ton ennemi, fais-le, sinon fais-t’en un ami »

Machiavel, Le Prince

Nicolas MachiavelLes Premiers Ministres Charest et Harper, chacuns dans les tours de Québec et d’Ottawa, nous démontrent actuellement la grande justesse du propos machiavelien sur le cynisme en politique.

Le premier, c’est l’homme qui, sous couvert d’une implacable déroute financière mondiale, a lancé sa Province dans une élection que nul ne voulait pour le simple plaisir de se doter d’un majorité parlementaire. Nous ne répéterons jamais assez qu’il est profondément irresponsable de lâcher la barre d’un bateau pendant un mois pour dépenser quelques 80 millions de dollars. Comble de l’incohérence, les deux partis d’oppositions ne souhaitaient pas renverser le Gouvernement libéral et ont demandé, à plusieurs reprises, de collaborer avec lui.

Le second, quant à lui, pousse l’art du cynisme à son paroxysme. Le même homme qui refusait d’intervenir dans l’économie quand les marchés dégringolaient en pleine campagne électorale et qui ne souhaite toujours pas prendre de mesures drastiques pour anticiper les conséquences de la crise naissante (le plan de relance de l’économie ne sera présenté que dans quelques mois, les salariés précaires lui en sauront certainement gré), prendra vraisemblablement deux mesures idéologiques qui briseront toutes formes de contestations du pouvoir fédéral. Après les coupes dans le financement des programmes culturels, Stephen Harper a donc suspendu le droit de grève des fonctionnaires fédéraux. Les serviteurs de l’État canadien seront donc la première variable d’ajustement budgétaire en leur interdisant la capacité de contester toute forme de régression salariale. Et comme Stephen Harper semble concourrir dans la catégorié “démagogie galopante”, il a donc purement et simplement demandé que le système de financement publique des partis politiques (1,95$/voix) soit supprimé. Les finances du PCC sont saines, tant mieux pour lui et on pourra reprocher aux autres partis de ne pas s’engager plus dans les levées de fonds; mais supprimer le financement publique c’est asphyxier l’opposition et supprimer les vivres des petites formations politiques. C’est aussi ouvrir la boîte de Pandore et accepter que les méthodes douteuses de financement refassent surface.

La logique économique (je parle d’Économie avec un grand “É”, pas la realpolitik de gestion budgétaire) de Stephen Harper est nulle et injustifiable. Qui peut croire que les 30 ou 40 millions économisés à coup de hache dans les partis permettront de stimuler l’économie et venir en aide au secteur manufacturier? Le Gouvernement Harper n’est pas celui du bon sens comme il se prétend être: il est l’oeuvre d’une idéologie libérale et néo-conservatrice que George W. Bush n’aurait pas renié. À deux reprises, il n’a pu obtenir de majorité à Ottawa. Or, couper les vivres de ces opposants les mettra à genoux et lui ouvrira les portes d’un mandat majoritaire. Il est donc légitime que l’opposition songe à renverser le Gouvernement en formant une coalition car il s’agirait là d’un inquiétant glissement vers une spirale monopartisane.

Étouffer la contestation et agir librement, sans débat ni controverse, sont les ultimes conséquences des choix d’Harper car, pour reprendre une dernière fois les mots de Nicolas Machiavel, « la soif de dominer est celle qui s’éteint la dernière dans le coeur de l’homme »

Les impuretés du Parti Conservateur

Publié sur http://lutopium.wordpress.com/ par Lutopium, animateur du réseau “Les blogueurs disent NON à Stephen Harper“.

« Les familles canadiennes travaillent dur, elles paient ses taxes et ses impôts et respectent les lois, et elles s’attendent à ce que son gouvernement en fasse autant. L’ancien gouvernement libéral multipliait les scandales, les gaspillages de fonds et les exemples de mauvaise gestion, et il s’est toujours opposé à une réforme démocratique du Sénat. Les conservateurs prennent des mesures concrètes afin de redonner confiance aux Canadiens et aux Canadiennes envers leurs institutions publiques. » Plateforme électorale du Parti conservateur – élections 2008.

« En tant que premier ministre, je montrerai l’exemple. J’entamerai le processus en vue de trouver des solutions au système en légiférant et en mettant en application la loi sur la responsabilité fédérale – un plan précis, détaillé et crédible pour faire le ménage au sein du gouvernement. Un gouvernement imputable. C’est la première chose que je ferai. Vous ne méritez rien de moins. » -Stephen Harper, Plateforme éthique du Parti conservateur, 4 novembre 2005.

La réalité dévoile toutefois des impuretés inquiétantes:

Maxime Bernier

Nous connaissons tous la saga de ce député de Beauce avec Mme Julie Couillard… Je me demande tout de même pourquoi un homme d’affaires qui avait une belle carrière devant lui persiste à vouloir retourner à Ottawa alors qu’il sait très bien qu’il ne pourra accéder à aucun poste important et qu’il deviendra le plus chic des « backbenchers ». Je n’arrive pas à comprendre pourquoi de fiers beaucerons peuvent faire confiance à un homme qui a manqué de jugement en de nombreuses occasions.. Est-ce que la modernisation de l’autoroute de la Beauce est si importante aux yeux des électeurs?

Luc Harvey

Le député conservateur de la circonscription de Louis-Hébert a présenté des comptes de dépenses doûteux à Revenu Québec. Comme le mentionne François Bourque, journaliste au quotidien Le Soleil: « …les faits remontent à l’année 2000. L’entreprise Yevrah Inc (Harvey à l’envers) oeuvre alors dans l’installation de logiciels à domicile et soumet comme dépenses d’entreprise les frais suivants : 11 379 $ pour un voyage au Cameroun ; 2430 $ pour des billets d’avion à Sainte-Lucie ; 2900 $ pour une croisière au départ de Miami. » Les dépenses ont été jugées irrecevables par la Cour du Québec. Le représentant du parti de la transparence et de l’honnêteté aurait-il essayé d’en passer une petite vite à Revenu Québec?

Sharon Smith

La candidate du Parti Conservateur dans le comté de Skeena-Bulkley Valley a fait preuve de mauvais jugement en permettant à son mari de prendre des photos la montrant nue, en arborant le médaillon officiel de la mairie de la ville de Houston en Colombie-Britannique. Merci à Bon Blogue Bad Blog pour nous avoir mis la puce à l’oreille…

Stockwell Day

Ses croyances dans la théorie créationniste ont sans doute convaincu le Premier Ministre Harper à abolir le poste de conseiller scientifique qu’occupait le réputé chercheur Arthur Carty au sein du gouvernement. Et voilà que M. Day se voit maintenant associé à une histoire de prostitution mettant en vedette, qui d’autre… que Mme Julie Couillard!

Un parti qui se dit plus blanc que blanc… Un Premier Ministre qui se retrouve avec des candidats ambitieux qui ternissent l’image d’une formation politique qui se présente avec une image d’intégrité et qui prône le respect des valeurs morales… Mmmm…

Gilles Duceppe martèle son opposition aux conservateurs devant plus de 2000 militants

Nous nous sommes rendus au grand rassemblement du Bloc Québécois à Ste-Hyacinthe d’hier matin. Dans une salle plaine à craquer, plus de 2 000 citoyens québécois, venus des 4 coins de la Province (dont la superficie est 2,3 fois plus grande que celle de la France!) en bus, ont pu chaudement applaudir les différents intervenants qui, tour à tour, ont conspué la politique rétrograde de Stephen Harper.

L’ancien député bloquiste et prêtre catholique Raymond Gravel a qualifié M. Harper de « sans cœur », alors que la professeure Louise Vandelac a reproché au chef du PCC son « obscurantisme » idéologique et son « négationisme » environnemental. L’acteur Gilles Renaud a vigoureusement critiqué les compressions en culture: « Si cela ne s’appelle pas fermer la gueule à une nation, je ne sais pas comme cela s’appelle ».

De leurs côtés le maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, et le meneur du Forum Jeunesse du Bloc Québécois, Jean-François Landry, ont tous les deux proposés des discours d’une grande qualité oratoire. Le premier avec la force du tribun et le second avec une certaine finesse d’esprit ont séduit un auditoire déjà captivé.

Enfin, après la présentation de l’ensemble des candidats du Bloc, le chef du parti souverainiste, Gilles Duceppe, n’a pas ménagé son rival conservateur: rétrograde, menteur, tricheur, obscurantiste, vendu au pétrole! Autant d’attaques dirigées exclusivement à l’encontre de Stephen Harper.

Il est clair qu’avec ce rassemblement, Gilles Duceppe a voulu amorcer la dernière ligne droite de sa campagne avec une démonstration de force. À ce titre, les commentateurs considèrent qu’il a pris la parole hier dans la plus importante assemblée organisée par un parti depuis le début de la campagne fédérale 2008.

Voici un extrait du discours de Gilles Duceppe, publié en communiqué par le Bloc Québécois :

« Quelqu’un qui copie, on n’appelle pas ça un leader, on appelle ça un tricheur », a lancé le chef du Bloc, en faisant évidemment référence aux récentes révélations de plagiats de discours du chef du Parti conservateur.

« Nous sommes plus de 2000 militantes et militants rassemblés aujourd’hui pour nous élever contre les politiques des conservateurs de Stephen Harper qui vont à l’encontre des intérêts et des valeurs du Québec. Une telle mobilisation ne peut que passer un message puissant aux conservateurs, donner un avant-goût de ce que Stephen Harper va trouver sur son chemin le 14 octobre », a déclaré le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au cours du grand rassemblement du Bloc Québécois qui avait lieu aujourd’hui à Saint-Hyacinthe.

D’entrée de jeu, le chef du Bloc Québécois a souligné que l’enjeu de ces élections, c’est d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité à la Chambre des communes. « À dix jours du vote, la situation est parfaitement claire : au Québec, nous pouvons battre les conservateurs, les empêcher d’obtenir une majorité et d’imposer leur idéologie sans limites », a poursuivi Gilles Duceppe.
« Stephen Harper a dit hier qu’il ne comprenait pas les Québécoises et les Québécois qui refusaient de voter pour lui et appuyaient plutôt le Bloc Québécois. Ça le dépasse, Stephen Harper, que des gens décident de voter pour ce qu’ils sont, pour ce qu’ils aiment. Il ne comprend pas, Stephen Harper, que reconnaître l’expression nation québécoise, ne reconnaître que les mots, ça ne suffit pas. Encore faut-il reconnaître ce que nous sommes, ce que nous voulons, ce que nous pensons. Mais Stephen Harper ne comprend rien au Québec! », a encore affirmé Gilles Duceppe.

« Stephen Harper a déclaré que c’était absurde que les Québécoises et les Québécois demeurent dans les estrades en votant pour le Bloc Québécois. Voilà une déclaration d’un rare mépris envers la démocratie et insultante pour tous ceux et celles qui choisissent d’appuyer le Bloc Québécois. La Chambre des communes, ce ne sont pas des estrades, c’est l’endroit où les élus du peuple prennent des décisions et votent. Ces propos en disent long : ce qu’il nous dit, Stephen Harper, c’est que s’il obtient une majorité, il va ignorer la Chambre des communes et régner en maître, n’en faire qu’à sa tête. Le chef conservateur vient de nous donner une raison de plus de l’empêcher d’obtenir une majorité. C’est ce que nous allons faire! », a-t-il enchaîné.

Le chef du Bloc Québécois a rappelé que le refus de Stephen Harper de soutenir l’économie, son mépris envers la culture, la langue, l’environnement, les droits des femmes et des jeunes, ainsi que sa propension à trahir ses promesses, notamment en ce qui concerne le remboursement du Supplément de revenu garanti et l’octroi au Québec d’un siège à l’UNESCO, tous ces indicateurs démontrent la nécessité de barrer le chemin à un gouvernement conservateur majoritaire à Ottawa.

« Depuis le début de cette campagne électorale, chaque jour des Québécoises et des Québécois se sont élevés contre les politiques rétrogrades, le mépris et l’arrogance de Stephen Harper et des conservateurs. Les artistes, des maires des villes du Québec, les représentants des régions, les décideurs économiques, les défenseurs de l’environnement, des chômeurs, les femmes, les personnes âgées, les démunis, les jeunes, les avocats, les policiers ont tous, les uns après les autres, rejeté les politiques de Stephen Harper », a repris Gilles Duceppe.

« Au Québec, il n’y a que le Bloc Québécois qui est en mesure d’empêcher Stephen Harper d’obtenir une majorité. Nous avons une grande tâche à accomplir et c’est de rassembler derrière le Bloc Québécois un maximum de Québécoises et de Québécois de toutes les allégeances. Nous devons convaincre le maximum de nos concitoyens d’exercer leur droit de vote. Nous devons rallier tous ceux et celles qui disent NON à Stephen Harper. Nous devons nous retrousser les manches et faire en sorte que le 14 octobre, Stephen Harper trouve tout le Québec sur son chemin », a conclu Gilles Duceppe.

Retour sur les débat des chefs 2008

Débat des chefsAux lendemains des débats des chefs, nous pouvons nous réjouir de la qualité des échanges qui s’y sont tenus. Même si le débat en français a révélé l’inconfort persistent de Jack Layton et Stephen Harper (il est inutile de revenir sur les difficultés d’Elisabeth May), les canadiens des deux langues ont pu assister à des débats de plutôt bonne qualité.

Concernant la formule de débat autour de la table, cela a certainement contribué à pacifier les échanges. Par contre, on ne pourra nier que la présence de 5 chefs a handicapé quelque peu la possibilité d’entretenir des conversations plus approfondies. La gestion constante du temps s’est d’ailleurs révélée plus difficile dans la formule anglaise du débat, à moins qu’il ne s’agisse là d’une “déformation” due à la traduction.

Stephen Harper a été la cible majeure et constante des attaques des 4 autres partis. Cette position, pour le moins inconfortable, a été amplifiée pendant le débat en français alors qu’il s’entêtait à considérer la situation économique canadienne comme ayant des “fondements beaucoup plus stables”. Entre l’autosatisfaction, la nonchalance et la confiance, il était difficile de lire clairement le sentiment du chef conservateur. À plus forte raison, on peut s’interroger, au regard de sa médiocre performance en la matière, sur ce qui a pu l’inciter à étendre le débat économique à 30 minutes…

Dans les deux débats, Jack Layton a voulu se présenter comme une alternative valable aux conservateurs, reléguant les libéraux au rôle de bons troisièmes. Il s’est évertué à se présenter comme un possible Premier Ministre ou, en tous cas, comme un chef de l’opposition potentiel. Cette stratégie d’affirmation correspond à ce qu’il a chercher à démontrer sur l’enesemble de sa campagne. s’est montré proche des préoccupations quotidiennes des gens. Indéniablement, il a été le plus agressif contre l’actuel Premier Ministre. Par contre, au milieu de ces innombrables attaques, il serait surprenant de constater que les téléspectateurs aient y percevoir la vision précise d’une société canadienne par un Gouvernement néo-démocrate. Premier opposant, peut-être, mais Premier Ministre… il reste encore une marche à gravir.

Concernant Stéphane Dion, les sondages le donnent tellement perdant depuis 1 mois que l’on ne pouvait s’attendre à un renversement de situation en sa faveur. Par contre, force est de constater qu’il s’est montré meilleur que ce qu’on pouvait s’attendre de lui. Rigueur, respect et volontarisme sont autant de valeurs que l’on a pu percevoir en lui. Par contre, sa proposition de présenter un plan d’action pour contrer la crise économique dans les 30 premiers jours n’a pas eu l’effet souhaité: présentée trop tôt dans le débat, alors que le chef libéral faisait encore état d’une certaine anxiété, il a “dégainé trop vite”… De plus, à y regarder de plus près, est-ce vraiment un plan ou un “plan-visant-à-mettre-en-place-un-plan”? Sur le second débat en anglais, il était clair qu’il lui revenait de remporter le débat pour modifier les tendances lourdes indiquées par les sondages. Malheureusement pour lui, s’il maîtrisait bien l’anglais, il a paru moins solide que la veille.

Gilles Duceppe quant à lui s’est une fois de plus présenté comme un très bon contradicteur, poussant à plusieurs reprises Stephen Harper dans les cordes (notamment au sujet de l’approche territoriale dans la gestion des Gaz à Effets de Serre), sans pour autant parvenir à asséner le coup de grâce. Égal à lui-même, il n’a ni surpris ni déçu.

Enfin, Elisabeth May a dépassé les attentes que l’on avait d’elle sur son expression en France. Bien évidemment, sa performance a été bien meilleure en anglais, notamment pour contrecarrer le plan conservateur en environnement.

Vers une inéluctable ascension des conservateurs ?

Sondage SEGMASelon toute vraisemblance, il y a fort à parier que l’issue du scrutin du 14 octobre s’annonce favorable aux conservateurs. Pour preuve, ce nouveau sondage réalisé par l’agence SEGMA et diffusé ce matin donne au PCC près de 20% d’avance sur ces principaux opposants, le PLC.

Aussi, pour tous les progressistes canadiens, et sauf renversement de tendance lourd, l’enjeu ne serait donc plus de se battre pour porter au pouvoir telle ou telle autre formation: il s’agit purement et simplement de faire en sorte que Stephen Harper ne bénéficie pas d’un vote de confiance qui lui permettrait d’avoir un Gouvernement majoritaire et donc, pour reprendre l’expression de Gilles Duceppe, une majorité de Députés à genoux dans la majorité. Par contre, il y a de grands espoirs à placer dans le débat des chefs comme déterminant de la suite à donner aux évènements.

Après une dizaine de jours de campagne électorale, les conservateurs de Stephen Harper ont gagné haut la main la première manche en faisant des gains dans toutes les régions du Canada, notamment en Ontario et dans les provinces atlantiques, où les libéraux ne parviennent pas à “décoller”. Les deux seules régions qui hésitent encore et toujours à céder aux sirènes des conservateurs sont la Colombie-Britannique et le Québec. Pour cette dernière, la lutte à trois s’annonce imprévisible pour départager qui des libéraux, du NPD ou du Parti conservateur sortira vainqueur.

En toute logique, ce sont donc les Québécois qui décideront en grande partie si les conservateurs seront ou non majoritaires. Depuis plus de 100 ans, les conservateurs n’ont obtenu plus de la moitié des députations au Québec qu’à trois reprises : en 1958 sous Diefenbaker et en 1984 et 1988 sous Brian Mulroney.

L’opposition aux conservateurs, au Québec, ne réside que dans le Bloc Québécois. Cependant, le principal adversaire aux bloquistes n’est pas le Parti Conservateur mais bien l’abstention. En effet, nombreux sont les québécois hésitants aujourd’hui à continuer d’accorder leur suffrage à un parti qui, depuis bientôt 20 ans, s’entête à vouloir défendre une province avec la lourde tâche de respecter ses différentes sensibilités idéologiques tout refusant, par principe, d’accéder au pouvoir. Et pourtant, voter Bloc Québécois de nos jours a encore un sens aujourd’hui! Il suffit de voir la déclaration du fédéraliste Jean Charest (Premier Ministre libéral québécois) hier, sur la souveraineté culturelle, pour constater que la défense de la nation québécoise reste une priorité.

Heureusement, les conservateurs perdent beaucoup d’énergie à se battre contre eux-mêmes. Les nombreuses “bourdent” qui ont émaillé la 1e semaine de campagne a permis, jusque là, de limiter la vague conservatrice… jusqu’à quand?

Journal de campagne

La campagne électorale ayant commencé “sur les chapeaux de roues”, il a semblé préférable d’attendre quelques jours afin de laisser un peu décanter l’information ; mais, promis-juré, le journal de campagne sera alimenté beaucoup plus régulièrement à compter de ce jour…

Duceppe au théâtre NationalLe Bloc Québécois, prisonnier du « bric-à-brac idéologique de la gauche » ?
En ce début de campagne l’équipe de Gilles Duceppe a subit de nombreuses attaques sur les valeurs défendues par le Bloc. Or, une grande partie de ces critiques proviennent de souverainistes déçus, à commencer par Jacques Brassard, ancien ministre péquiste de l’environnement.

« Il me semble que le Bloc est désemparé d’avoir perdu ces fringants chevaux de bataille qu’étaient le scandale des commandites et le déséquilibre fiscal. Alors, il sort de l’écurie les vieilles picouilles de gauche (Kyoto, la paix, la haine des Américains, la droite nazifiée, la diabolisation des armes à feu, l’Alberta dégueulasse, etc.). Je ne suis pas certain que ces vieux canassons vont se rendre au fil d’arrivée dans la course électorale qui commence »

Dans deux lettres distinctes, le Bloc Québécois par l’intermédiaire de Jacques Léonard, et Bernard Landry, 26e Premier Ministre du Québec, se sont fendus d’une attaque réglée contre celui dont la lente dérive droitière justifierai l’aigreur des propos. Nous l’avons dit dans un précédent post, la vision de nationalisme peut être extrêmement variable. Le nationalisme peut être traditionnel, c’est à dire reposer sur une vision classique de l’État-Nation (comme la France ou l’Angleterre) ; il peut aussi être oppresseur, voire impérialiste, niant dès lors l’existence d’entités nationales minoritaires pourtant bien réelles ; il peut être libérateur, c’est à dire visant à atteindre la libération nationale, régionaliste, ou séparatiste ; il peut, enfin relever de la tradition nationaliste européenne proche de “la nouvelle droite”. Le Bloc a fait le choix de défendre un souverainisme de progrès qui défend une vision moderne et humaniste du Québec, dans une société canadienne de plus en plus en proie à la Réaction soutenue par le Parti Conservateur.
Comme le conclu Jacques Léonard, “l’une de ces valeurs, c’est le statut de la langue française au Québec. Vieille picouille, mon œil!. C’est cette idée d’un peuple fier de son identité culturelle, inscrite dans une dimension tolérante de la diversité qui a été développée par le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, au cours de son assemblée d’investiture à Laurier – Ste-Marie. Le mouvement souverainiste se grandit de ne pas céder à la tentation du nationalisme excluant et passéiste. Il en résulte que le Bloc devient un parti aux idéaux encore plus grands lorsqu’il dépasse la seule question de la souveraineté en anticipant, dès aujourd’hui, la société de demain.
Au cours de ce même discours, Gilles Duceppe en a profité pour critiquer avec vigueur Stephen Harper et Mario Dumont sur leurs inconstantes visions de la défense des intérêts du Québec. L’un comme l’autre ils n’assument pas jusqu’au bout les conséquences de leurs déclarations:

Le plan environnemental du NPD
“Compenser les pollueurs qui réduisent leur pollution et pénaliser ceux qui ne le font pas, c’est le pilier du système adopté par l’Union européenne, a expliqué Jack Layton. Les deux candidats à la présidence des Etats-Unis, Barack Obama et John McCain, l’ont proposé aussi. Cela permettra au Canada d’adopter une solution de plus en plus globale, qui pourrait être intégrée.” Voilà en résumer ce que le NPD a lancé dans la marre pour débuter sa campagne sur le terrain des idées. Jack Layton, à la différence de Dion, a eu l’intelligence d’arriver avec un plan bien ficelé en la matière. Il propose notamment d’aider les familles à faire la transition vers une économie durable à l’aide d’un fonds pour les emplois verts de 750 millions de dollars, ou encore de mettre un terme aux nouveaux projets d’exploitation des sables bitumineux jusqu’à ce que les émissions en soient limitées, voire d’instaurer un marché du carbone… chose qui été initialement défendue par Stéphane Dion quand il dénonçait la probable inefficacité de la Taxe carbone…

Les dérives grossières du PCC
On le savait, les conservateurs n’allaient certainement pas inventer l’eau chaude au cours de cette campagne. La campagne de 2006 avait été remportée sur la base de 5 ou 6 idées forces reprises en boucle. Aujourd’hui, il est clair que Stephen Harper n’a pas encore fait preuve d’innovation programmatique. Les inquiétudes restent les mêmes lorsque l’on a découvert que la candidate conservatrice de la circonscription Saint-Bruno-Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, fait partie de l’Opus Dei, et qu’elle en avait même été porte-parole. Bien sûr, ce genre de révélations ne fait que corroborer les inquiétudes qui avaient pu naître notamment du projet de loi C-484, modifiant le Code criminel (blesser ou causer la mort d’un enfant non encore né au cours de la perpétration d’une infraction). Et comme l’alliance des conservateurs de tous poils n’est jamais loin, on ne sera pas étonné d’apprendre que la Cardinal Turcotte, s’est introduit dans la campagne électorale en remettant son insigne de l’Ordre du Canada après qu’un ardent défenseur de l’avortement y est été admis.
Dans cette droite ligne, deux gaffes ont entaché la crédibilité du PCC: un membre de l’équipe de communication a maladroitement utilisé un témoignage de père de soldat mort en Afghanistan comme argument politique, et, enfin une animation sur le site conservateur mettait en scène, dans un montage scatologique de pré-adolescent, Stéphane Dion dans une situation peu avantageuse… Tout simplement idiot…

“Ensemble, tout est possible”: Stéphane Dion se prend pour Nicolas Sarkozy
Avec tout le respect que nous pouvons avoir pour le plan Vert de M. Dion, auquel nous croyons sincèrement, force est de constater que sa campagne patine… D’ailleurs, a-t-elle réellement commencé ? Si le slogan de campagne est on ne peut plus copié sur celui de l’ex-candidat Sarkozy, voilà bien la seul comparaison que l’on peut faire entre les deux hommes. Son manque de leadership est réel et dans quelque déclaration que ce soit, il est impossible d’y lire la moindre combativité. Même si son programme est plutôt éloigné de nos convictions, il est fort dommage que le Parti Libéral ne réussisse pas à se saisir d’une opportunité en or: les conservateurs sont les sortants et la perspective de les voir former un gouvernement majoritaire effraie au plus au point! En tout état de cause, il aurait pu opter pour une stratégie payante en se posant comme rempart du PCC, il a préféré jouer la carte risquée du pari écologique…

Les Verts au débat des chefs
Épiphénomène dans cette campagne, sous la pression médiatique, Jack Layton et Stephen Harper se sont résignés à accepter la présence du parti Vert au débat des chefs. La groupusculaire formation qui totalise 1 député en tout est pour tout (et encore, depuis quelques semaines!) sera donc à même de rivaliser sur le plateau de télévision. Un avantage indéniable à cela: cela fera une occasion de plus de pousser M. Harper dans ses retranchements, alors qu’il s’évertue à nier l’urgence écologique.

Élections fédérales le 14 octobre prochain

Lu dans le quotidien Le Devoir d’aujourd’hui :

L’obstacle Dion est levé [extraits]

Hélène Buzzetti
Édition du mardi 02 septembre 2008

Harper n’a plus qu’à déclencher les élections

Ottawa — Stephen Harper avait dit vouloir rencontrer ses adversaires avant de décider de déclencher ou pas une élection automnale. Après à peine 20 minutes passées avec Stéphane Dion hier en fin de journée, c’est maintenant chose faite. Selon le porte-parole du premier ministre, celui-ci en est ressorti avec la conviction qu’aucun parti d’opposition à la Chambre des communes ne lui accorde plus sa confiance. Un déclenchement électoral cette semaine est maintenant inévitable.

Stephen Harper devrait se rendre chez la gouverneure générale d’ici dimanche prochain pour demander la dissolution du Parlement. Le scrutin aura alors lieu le mardi 14 octobre prochain puisque le lundi précédent est un jour férié. La Chambre des communes ne reviendra pas de son congé estival, et les quatre élections partielles que le premier ministre avait annoncées dans Westmount-Ville-Marie, Saint-Lambert, Guelph et Don Valley Ouest (Ontario) sont annulées.

[...] Ainsi, Stephen Harper a rencontré le troisième et dernier chef de parti d’opposition [ Stéphane Dion] hier, celui à propos de qui il disait entretenir le plus de doutes quant à son désir d’appuyer le gouvernement conservateur.

[...] Pour M. Dion, il ne fait aucun doute que le pays basculera d’ici cinq jours en campagne électorale. «Oui, oui, on va en élection, il me l’a dit», a-t-il dit de Stephen Harper. «Je le savais de toute façon.»

Pour le chef libéral, un des enjeux de cette campagne sera la confiance. Il croit que les citoyens auront de la difficulté à faire confiance à un politicien ne respectant pas une loi qu’il a lui-même fait adopter, en l’occurrence celle instaurant des élections à date fixe. «La loi n’empêche pas les partis d’opposition de manifester leur manque de confiance envers le gouvernement au point de déclencher des élections. La loi empêche le premier ministre d’aller voir le Gouverneur général et de déclencher des élections à sa convenance. Il n’avait qu’à ne pas faire voter cette loi!» Selon M. Dion, une telle attitude envoie un très mauvais message aux citoyens. «Les citoyens doivent respecter la loi, et le premier ministre devrait montrer l’exemple.» [...]