Présentation du budget québécois 2009
21 mars 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
- Discours sur le budget (44 pages, 676 Ko)

- Le Budget en un coup d’oeil (12 pages, 512 Ko)

- … et tous les autres documents budgétaires sur le site du Ministère des finances
“Pour une gauche efficace”: Entretien avec Jean-François Lisée
16 février 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
À l’occasion de la publication de son dernier livre, Pour une gauche efficace, le Républicain Québécois rencontre Jean-François Lisée.
L’entretien est téléchargeable en PDF:
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Pour une gauche efficace
Auteur : Jean-Francois Lisée
Date de parution : 12/2008
ISBN : 9782764606407
EAN : 9782764606407
Editeur : Le Boréal
Collection : Essais et documents
La publication de votre récent ouvrage, Pour un gauche efficace, est une véritable bouffée d’air frais intellectuelle pour les tenants d’une approche interventionniste de l’État. Vous démontrez avec beaucoup de mordant qu’il est possible de concilier les objectifs de justice sociale, de rigueur budgétaire et d’efficacité économique.
Vous expliquez en introduction que vous souhaitiez casser l’idée que la “gauche” est une étiquette dépassée et tout au long du livre vous “passez à la moulinette” un certain nombre d’idées reçues. Un brin provocateur, vous allez même jusqu’à prétendre qu’il est possible « de voler des idées à la droite quand elles peuvent nous permettre d’obtenir des résultats de gauche » ! Vous ne craignez pas qu’à penser ainsi vous fassiez le jeu d’une droite beaucoup plus imaginative qu’une gauche qui ne serait bonne qu’à bricoler les solutions de ses opposant pour répondre à ses objectifs ?
- Vous avez raison : je m’expose à toutes les critiques Je suis certain de m’exposer aux critiques de mes amis de la gauche, qui vont me dire que ce sont des idées de droite déguisées, et je m’expose aux critiques de la droite qui va me dire que je n’ai rien compris parce que j’essaie de détourner des idées à des fins autres que celles pour lesquelles elles étaient conçues.
Alors par exemple, ce que je dis, c’est que pour nous, en tant que personnes de gauches qui défendent le service public, il est important de prendre les moyens pour faire en sorte que le service public reste public, soit efficace, soit performant et mérite l’appui de la population. Mais, pour y arriver, pour empêcher la privatisation, pour empêcher son érosion, pour empêcher sa dilapidation par la droite, il ne faut pas laisser à la droite les idées de réforme, de performance, d’émulation et un certains nombre d’idées qui feraient en sorte que le service public soit mieux défendu.
En fait, ce ne sont pas des idées de droite, ce sont des idées que la gauche a laissé à la droite et qu’elle doit reprendre à son goût. Je vais vous donner un exemple : lorsque la droite souhaite réformer le service public, c’est pour le privatiser. Or, pour le privatiser, elle se fout des conditions salariales et des conditions de travail des artisans du secteur public. Moi je pose le principe qu’une réforme de gauche du secteur public doit commencer par le principe d’innocuité, c’est à dire qu’on peut demander beaucoup de travail de réforme aux artisans du secteur public, mais en posant d’abord le principe que l’emploi, les conditions salariales et les conditions de travail seront protégés. À partir du moment où on a sécurisé ces artisans dans leurs emplois, leurs conditions, etc. on leur dit maintenant “on va harnacher vos propositions pour l’augmentation de la qualité du service et de sa performance et, en se fondant sur vos propositions, on va faire en sorte qu’une partie des économies réalisées retourne dans vos poches et qu’une autre partie revienne au service public pour augmenter l’investissement public”.
Vous voyez, pour la droite, c’est une proposition qui est anathème parce qu’à la fin elle permet au service public d’être encore plus important et, pour la gauche, c’est une façon de protéger le service public contre sa privatisation.
- La gauche a raison de défendre les acquis sociaux, mais elle n’a pas raison de défendre les mécanismes qui nous ont permis de les avoir ou d’être conservatrice dans la façon dont est organisée la société ou dans la façon dont les travailleurs ont un mot à dire. Par exemple, cette idée, un peu tabou à gauche et que j’emploie, de dire que le syndicalisme c’est non seulement bien mais essentiel -il faut augmenter les niveaux de syndicalisation partout, y compris au Québec où ils sont déjà assez élevés-, mais cela dit, il faut en plus faire en sorte d’intéresser les travailleurs à l’augmentation de la productivité, à l’augmentation de la performance. En bref, faire en sorte que, par un système de répartition des gains de productivité, une unité dans une usine qui a contribué à augmenter la productivité soit récompensée en matière de gain, qu’il y ait un système de bonus sans jamais avoir de malus. Alors, à gauche, il y a encore cette idée que non c’est impossible, et qu’il ne doit pas y avoir l’appât du gain : c’est encore quelque chose de tabou.
Je pense que l’on a appris, à travers l’histoire, que l’idéalisme et l’altruisme sont des éléments réels, importants de l’activité humaine, mais ce n’est pas le seul. Si on souhaite de l’innovation pour la qualité de vie, de l’innovation pour le pouvoir d’achat des familles et des salariés, une des clefs de l’innovation c’est l’appât du gain, l’innovation et la prise de responsabilité. Alors, il faut la mettre au profit des travailleurs, des salariés et du service public.
- J’en parle lorsqu’il s’agit de définir ce que serait une gauche efficace. Cette gauche efficace ne conçoit pas la production comme seulement la production capitaliste et, dans ce sens, l’économie sociale et le milieu des coopératives est une alternative intéressante et qui est en progrès, au Québec en particulier. Cependant, au niveau de l’échelle de la production totale, ça ne représente que 5% de l’emploi non-agricole au Québec : ce n’est pas insignifiant, mais c’est loin d’être prédominant. je ne pense pas que, même dans une stratégie nécessaire de valorisation de l’économie sociale et solidaire, on puisse en faire dans un avenir prévisible, à vue d’homme ou à vue de femme, l’élément prédominant de la production.
Alors oui, vous avez tout à fait raison, dans tout le chapitre de ce livre, sauf le dernier, je propose des façons, au Québec et à la gauche québécoise, de corriger le système pour le rendre plus humain, plus productif, plus respectueux des citoyens. Mais, dans le dernier chapitre, je dis : tout ce qu’on vient de faire, c’est d’améliorer la position des Québécois dans le système actuel, or, le système actuel est insoutenable à moyen terme -insoutenable notamment pour les raisons environnementales que l’on connaît. Donc, la grande tâche de la gauche, pour la décennie à venir, et je parle de décennies parce que le temps presse, c’est de définir une sortie de l’économie de marché consumériste, qui ne va nulle part et qui va frapper un mur -c’est à dire l’incapacité de la planète à l’alimenter, et de trouver un nouveau système économique. c’est effectivement la grande question qui nous est posée pour les années qui viennent…
- Vous savez, ça dépend beaucoup d’Obama en fait, pour la simple raison que la fragilité de nos modèles sociaux tient au fait que depuis une vingtaine d’année, depuis Reagan en fait, il y a eu cette idéologie que l’impôt sur le revenu des hauts salariés et des plus hauts revenus était une mauvaise chose et que donc il fallait réduire leur niveau d’imposition. Cela a donc créé un détournement de la richesse créée vers les plus riches et un rétrécissement de la capacité des États à imposer et donc de redistribuer et une stagnation des classes moyennes. Alors c’est intéressant de voir comment Paul Krugman, dans son avant dernier livre L’Amérique que nous voulons, explique très bien comment Roosevelt, à la suite d’une crise assez semblable à celle que l’on vit maintenant, a essentiellement créé la classe moyenne américaine à coup d’imposition. C’est l’augmentation de l’imposition des hauts revenus , c’est l’augmentation de l’imposition des entreprises qui ont fait en sorte qu’il y a eu un écrasement de l’échelle des revenus aux États-Unis pour créer une classe moyenne importante et des riches qui étaient beaucoup moins riches qu’avant la crise de 1929. Depuis Reagan, les États-Unis ont tiré vers le bas la capacité des pays occidentaux à taxer les plus riches, ce qui fragilise la gauche et un certain nombre d’éléments de filet social. Maintenant, Obama et les économistes républicains américains savent que, avec les déficits importants qui sont créés maintenant -on parle de 7 à 8% du PIB américain, chaque année, de déficit, ce qui est insoutenable- que la seule façon de s’en sortir maintenant, ce sera l’imposition. Alors s’ils augmentent sérieusement l’imposition les revenus des plus aisés ça va permettre à tout l’occident de suivre cet exemple Ce serait une révolution importante, mais qu’on a déjà vécu dans les années 1930. Ça pourrait donc permettre de sortir de la crise en augmentant le pouvoir d’achat de la classe moyenne et des salariés des plus bas revenus.
Dans le système actuel, c’est assez restrictif de le dire, mais nos systèmes fiscaux sont tributaires de décisions qui vont être prises à Washington au cours des 2 ou 3 prochaines années.
- Oui ! Absolument, le but de l’impôt, c’est de corriger à l’arrivée les inégalités que le marché a créé au départ. Alors oui, c’est certainement la plus grande invention depuis le bouton à 4 trous !
- Je suis très proche de leurs positions J’ai lu leur programme électoral et je suis prêt à signer 90% de ce qui y est écrit. Cependant, pour que la gauche soit efficace, il faut qu’elle soit au gouvernement, or Québec Solidaire n’a pas vocation à entrer au Gouvernement dans un avenir proche, D’ailleurs, aujourd’hui on a assez de recul de l’exercice démocratique en Europe pour savoir que les partis qui sont à gauche du parti socialiste n’ont jamais eu de progression suffisamment significative pouvant les approcher du pouvoir. On sent bien que les électorats occidentaux n’élisent que des partis qui sont proches du centre, centre-gauche ou centre-droit. En conséquence, si on veut faire des politiques de gauche efficace, il faut les introduire dans les programmes de partis qui peuvent prendre le pouvoir. Évidemment, on ne les introduira pas dans les programmes de partis de droite ou centre-droit, donc il faut les introduire dans les programmes de partis de centre-gauche.
Le Parti Québécois, et là je prêche un peu pour ma paroisse, s’est montré très perméable à ces idées là au cours des années et, même dans des périodes restrictions budgétaires, il y a eu des avancées sociales importantes, que ce soit sur la conciliation travail-famille, les garderies, l’économie sociale, l’équité salariale, etc. Donc, pour moi, il y a de la place pour des avancées supplémentaires et, si on veut être efficace, il faut avoir l’outil qui sera susceptible d’appliquer ces mesures. Et au Québec, c’est le Parti Québécois…
- Malgré cette tension, les français ne voteront pas de manière significative pour M. Besancenot au moment de l’élection. C’est comme une séduction pour un style, des idées, un personnage mais on ne le voit pas Président de la République. Ce sera certainement la même chose avec Amir Khadir au Québec : il est très sympathique, il est très séduisant et très articulé, mais il y a une théorie qui dit que de toute façon c’est une bonne chose pour la capacité du Parti Québécois à élargir son électorat vers le centre puisque les électeurs centristes qui craignent la gauche voit que la gauche ce n’est pas nécessairement le PQ. C’est un peu pervers mais effectivement, pour que le PQ gagne les prochaines élections, ce n’est pas à Québec Solidaire qu’il doit piquer des voix mais plutôt au Parti Libéral.
Ce n’est donc peut-être pas un mal pour le PQ qu’il existe, sur sa gauche, une force qui lui sert de repoussoir dans une partie de l’électorat.
- Pas nécessairement. Dans cette redéfinition de la gauche, pour qu’elle soit efficace, il y a aussi la prise en compte du caractère individuel de nos vies. Je pense que s’il y a une partie des gens qui ont quitté le Parti Québécois pour le Parti Libéral ou l’ADQ ce n’est pas pour s’éloigner de valeurs de gauche comme la qualité de vie, l’égalité des chances, la redistribution de la richesse : ils s’en sont distanciés parce qu’ils considéraient que l’État était trop dogmatique dans son approche des vies individuelles et qu’il n’y avait pas assez de prise en compte du fait que maintenant on contrôle sa trajectoire personnelle et que, maintenant, l’État doit s’y adapter.
Alors, si la gauche réussit à modifier son message pour être plus respectueuse de l’individualité qui, comme le dit Alain Touraine, est au centre de notre existence, il est tout à fait possible de retrouver ces voix. Ce ne sont pas des voix qui sont nécessairement anti-gauche. Le centre de gravité politique de l’opinion publique québécoise est plutôt au centre-gauche. La désertion d’une partie de l’électorat du Parti Québécois tient au “refroidissement” qu’il a eu face à une certaine idée qu’il a eu de la gouvernance. Et c’est cette idée qu’il faut changer.
- Je n’ai pas la prétention de penser que si le livre était arriver 4 mois avant l’élection, il aurait modifié la donne, mais je pense au contraire que c’est une bonne chose car s’il y a des personnes, et je sens qu’il y en a, qui veulent reprendre certaines de ces idées pour les faire progresser et bien nous avons maintenant le temps de les faire progresser pour la prochaine fois. Évidemment, j’aimerai mieux que la prochaine fois soit plus rapprochée, peut-être devra-t-on attendre 3½ – 4 ans… Vous savez, les choses que je ne peux pas changer, je m’en accommode et j’essaie d’en tirer le côté positif et, effectivement, ce sont des idées que j’insère dans la conversation de la mouvance de gauche, en espérant qu’elles trouvent preneur, qu’elles se répercutent dans les programmes et ensuite dans les actions.
- Pas seulement, mais il a de ça : l’État doit protéger des inégalités en permettant notamment aux enfants des milieux défavorisés d’avoir le meilleur soutien possible dès le point d’entrée dans la vie, et là je pense que nous avons fait des efforts au Québec, mais nous sommes encore loin du compte -je fais une démonstration assez ahurissante de ça. Et, ensuite, que pendant la vie adulte, effectivement, il y ait un arrêt des trappes à pauvreté et de la dramatisation des sorties du marché du travail. Je pense que pendant une vie il y aura 5 ans où on sortira du marché du travail pour des raisons de formation volontaire ou de perte d’emploi Il faut s’assurer qu’il y aura des formations pendant ces périodes, que le revenu ne soit pas significativement réduit et que, — par exemple, les britanniques et les français sont déjà sur ces pistes– , il y ait des comptes individuels de formation qui suivent la personne tout au long de sa vie : c’est une excellente façon d’aborder le problème. Enfin il faut faire en sorte que les gens aient un contrôle, eux-mêmes, sur l’année de la retraite, que la retraite soit comme une banque sur laquelle on peut faire des dépôts et des retraits, c’est à dire prendre du temps avant 65 ans pour travailler plus après, que ce ne soit plus une date absolue où tout s’arrête après 65 ans.
Entretien avec Martin Lemay, Député PQ
3 février 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
Entretien exclusif du républicain québécois
Martin Lemay est le député “péquiste” (Parti Québécois) de la circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques (Montréal) à l’Assemblée nationale du Québec depuis 2006.
Porte parole de l’opposition officielle en ce qui concerne la métropole montréalaise, il est aussi Président de son caucus de Député depuis le 09 janvier dernier.
Au cours de son second mandat (2007-2008), il a été porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de citoyenneté, d’immigration et de communauté. C’est à ce titre que nous l’avons rencontré le 18 novembre dernier, en pleine campagne électorale.
M. Lemay, soucieux de préserver la culture québécoise, notamment face aux dangers du multiculturalisme, vous avez pris plusieurs fois position en faveur d’une approche rénovée de l’immigration au Québec. À ce titre, la décision de Mme la Ministre James de faire signer une déclaration aux nouveaux immigrants les engageant à respecter les valeurs québécoises vous semble-t-elle aller dans le bon sens?
- J’aimerai dire deux choses à ce propos. Tout d’abord, il y a une confusion qui entoure la signature de cette déclaration : est-elle obligatoire ou non? Si elle est obligatoire, elle implique que vous ne receviez pas votre Certificat de Sélection au Québec [CSQ]; ou est-ce un papier demandé parmi tant d’autres et cette déclaration n’emporte aucune conséquence en cas de refus. Dans ce cas, elle ne donne absolument rien…
Ensuite, il y a la manière d’aborder le sujet. Je trouve le procédé risible et réellement scandaleux parce qu’on vous demande de signer un papier sans qu’il y ait de contrepartie, c’est à dire que c’est à vous, en tant qu’immigrant, de vous débrouiller avec cela. Alors, certes, des valeurs ça peut s’apprendre “intellectuellement”, mais ça doit aussi se sentir avec le temps et on ne peut pas, par contrat, dire que vous allez intégrer un ensemble de valeurs en quelques heures.
Vous regrettez donc que ce document n’est aucune valeur juridique et qu’au final il ne soit, au mieux, qu’une déclaration d’intention et, au pire, une simple formalité administrative de plus pour les immigrants?
- Ce n’est pas aussi simple que ce que le projet de la Ministre nous présente… sans oublier qu’elle ne s’engage à rien en retour. C’est “signez ici” et elle ne s’engage pas à offrir des cours de français, un encadrement pour trouver un emploi, ou aider l’immigrant à faire reconnaître ses diplômes le plus rapidement possible.
Je trouve que ça n’amène absolument rien au débat, et la manière vraiment scandaleuse dont cela a été fait, à quelques jours d’une campagne que M. Charest a lui-même déclenché : on a, passez-moi l’expression, « garroché » ce texte.
J’imagine que vous regrettez l’absence de débat sur le sujet?
- Il n’y a eu aucun débat : la Ministre a annoncé cela à Montréal, je n’étais pas au courant et n’en ai eu connaissance que quelques heures plus tard. De plus, ce n’est qu’un plan d’action. Un projet de loi a certes été déposé mais il est mort au feuilleton à cause des élections. Donc tout cela est d’un cynisme époustouflant. Considérant l’important débat que nous avons eu ces dernières années, nous croyons que le dossier aurait pu être traité avec beaucoup plus de sérieux qu’il ne l’est actuellement. On se demande si M. Charest ne cherchait pas à se débarrasser de cette question pour démontrer que les libéraux ont fait leur travail. Au final, bien sûr, ce n’est pas vrai : tout est à recommencer et les documents déposés demeurent des plans d’action, c’est à dire que ce ne sont pas des lois, ni des obligations communes.
Car, effectivement, le projet fait reporter ultimement la charge de l’intégration sur l’immigrant, notamment en se contentant de reporter les mesures de francisation à la période précédent son arrivée au Québec, c’est à dire quand il est encore dans son pays d’origine…
- Un processus d’immigration c’est plusieurs mois voire plusieurs années. En conséquence, si, au cours de ce long processus, l’immigrant peut commencer à apprendre le français en amont, je trouve que cela est une bonne idée. Mais il ne s’agit pas que de cela, il faudrait faire en sorte que cette période soit aussi bonifiée pour assurer la reconnaissance des diplômes, etc. En bref, faire avancer le dossier au maximum pour que l’arrivée se fasse le mieux possible. L’immigré qui arrive doit pouvoir gagner sa vie et n’a pas le temps d’attendre 6, 7, 8 mois avant de pouvoir accéder à un cours de français : il faut que cela soit immédiat.
Et puis, il y a un second aspect que je souhaitais aborder au sujet de ces cours de français. Si un immigrant sollicite le Ministère de l’immigration pour y accéder, il pourra être rémunéré pour cela, ce qui est une bonne chose d’ailleurs. Par contre, s’il suit ce cours par le biais du Ministère de l’éducation dans un Collège ou une Université, il n’aura pas de revenu. Il y a une évidente inégalité de traitement. Il faut donc remettre un peu de sérieux dans notre politique d’immigration, autant pour la société québécoise que pour l’immigrant, lui-même.
En matière de francophonie, vous ne pensez pas que cela soit un peu vain, puisque, on le sait, il est de plus en plus difficile pour des immigrants francophones unilingues, de trouver de l’emploi, notamment sur Montréal?
- La confusion des messages devra cesser à cet égard, parce qu’effectivement de nombreux immigrants sont unilingues francophones. Dans le programme du PQ, nous prenons l’engagement de vérifier, auprès des employeurs, cette supposée nécessité du bilinguisme. On reconnaît certes que cela est fondamental dans certains secteurs de l’activité économique, mais on a de sérieux doutes sur cette demande de bilinguisme à si grande échelle. D’où la nécessité de mener des enquêtes.
Mais, lorsque je vous parlais de confusion de message, la politique canadienne entretient cette confusion là : les gens arrivant au Québec reconnaissent effectivement le français comme langue officielle mais, dans le même temps, on a cette politique canadienne avec le bilinguisme, le multiculturalisme et, au final, la citoyenneté canadienne. Évidemment, notre indépendance, notre souveraineté réglerait, entre autres choses, ces confusions.
Il n’y a rien de pire qu’être une Province se dotant d’une politique d’immigration, alors que, dans le fond, on ne contrôle ni les tenants, ni les aboutissants de cette politique. Ultimement, il y a cette citoyenneté canadienne que les gens souhaitent légitimement, mais qui ne favorise pas le combat linguistique au Québec.
Bien évidemment, il faudra aussi mettre l’accent sur la régionalisation car les emplois existent aussi en dehors de Montréal, en particulier à Québec qui est une ville qui explose sur le plan économique. Lorsque nous avons tenus la commission sur les niveaux d’immigration au Québec, plusieurs Régions sont venues nous solliciter pour expliquer leur besoin en immigration, en main d’œuvre. Elles sont prêtes à accueillir les gens. La politique de régionalisation doit donc être beaucoup plus énergique qu’elle l’est présentement, même si on comprend que, comme dans la plupart des pays, les immigrants sont d’abord attirés par les grandes métropoles.
Pour en revenir à la déclaration sur les valeurs, comment expliquez-vous que l’accent soit mis sur la francophonie, en tant que telle, et non sur des valeurs comme l’égalité, la tolérance, etc.? Est-ce que ce n’est pas confondre le moyen et la fin?
- Nous sommes d’avis que si vous parlez la langue de la majorité vous intégrerez d’autant plus facilement ses valeurs. En toute logique, les deux vont ensemble et sont intimement liées. La francophonie est donc au cœur de nos valeurs parce que c’est elle qui permettra de les comprendre, ainsi que les « codes » de la société.
C’est fondamental, surtout dans la perspective de cette volonté de perdurer en Amérique du Nord (nous ne sommes pas plus de 3%). Nous n’avons pas toute la diversité culturelle linguistique et culturelle de l’Europe: c’est anglo-saxon, avec toute la puissance culturelle des États-Unis juste à côté. Il faut donc trouver des moyens de perdurer. Alors, beaucoup de monde nous critiquent à ce sujet, mais ils oublient toujours ce constat. La mondialisation c’est surtout l’américanisation, ne nous le cachons pas, et les États-Unis sont juste à côté, à moins d’une heure et à 6h de voiture de New-York! Le défi est donc d’autant plus grand à relever : pour beaucoup, arriver au Québec c’est arriver en Amérique du Nord, donc c’est l’anglais…
Alors, permettez-moi de vous témoigner de mon désaccord à l’égard des récents propos de votre Président à Québec.
Pour atteindre cet objectif de francisation, pensez-vous qu’il faille durcir les processus de sélection?
- Je ne pense vraiment pas que ce la soit nécessaire, dès lors que l’on adopte une politique plus sérieuse que celle que je vous décrivais tout à l’heure. Nous sommes d’avis au Parti Québécois que cela prend quelques réformes au Ministère de l’immigration, mais serrer la vis ne servirait à rien. Or cas de demandes de réfugiés ou de regroupement familiaux qui sont du ressort fédéral, il est certain que la tendance restera francophone-francophile au niveau de l’immigration économique… mais encore faut-il que ces gens là y trouvent leur compte, car ce n’est pas toujours le cas, je le reconnais, sur le plan du travail ou de la reconnaissance des acquis.
Je le répète, l’immigration c’est un contrat à deux niveaux: l’immigrant a des responsabilités, mais la société d’accueil en a aussi.
La voie de l’immigration est inéluctable pour le Québec. Différentes analysent ont démontré qu’il faudrait 300.000 nouveaux immigrants chaque année pour assurer l’équilibre…
- Je ne crois pas à ces chiffres. On désigne là du travail au rabais et même les 45.000 immigrants annuels, nous les atteignons difficilement. Je ne crois pas que le problème réside dans le niveau de l’immigration. Nous préférons parler de stratégie plutôt que de niveau. Ce Gouvernement ne nous parle que de chiffres, mais nous préférons dire oui à un niveau de francisation plus élevé, oui à une hausse du budget pour suivre les gens qui entrent dans un processus de reconnaissance des acquis, et oui à une politique de régionalisation de l’immigration. Il est impératif de mieux organiser l’accueil avec les services de la Province, mais aussi avec les organismes communautaires, les associations d’employeurs, les ordres professionnels, les universités, etc., pour que ces gens ne perdent pas 3 ou 4 années de leur vie. Nous n’avons plus les moyens de perdre un talent.
La reconnaissance des formations est longue elle aussi: plusieurs mois pour la seule reconnaissance des diplômes obtenus hors-Québec, parfois plusieurs années pour certaines professions réglementées…
- En fait, les ordres professionnels vont demander de mettre à jour certaines connaissances par l’obtention de certificats, mais le rôle de ces ordres n’est pas que d’agréer de nouveaux membres: leur mandat, avant tout, c’est de veiller à la protection du public. Le problème, c’est que les Universités ne proposent pas ces cours d’appoints et demandent à ce que les années soient reprises au complet. Alors vous recevez quelqu’un qui a trente ans, qui a une famille à faire vivre et qui est obligé de retourner à l’école à temps plein. Et après cela, certains employeurs ont encore des inquiétudes à l’égard de diplômes obtenus à l’étranger, sans qu’ils sachent toutes les démarches que l’immigrant a pu entreprendre pour les faire reconnaître ici. De plus, pour l’immigré non-francophone, cela prend en plus un permis de l’office de la langue française; or, seuls deux bureaux au Québec sont en mesure de le fournir.
On le voit, le système n’est pas adapté pour aider l’immigrant qui se perd dans ce dédale administratif extrêmement complexe.
Y a-t-il des expériences de testing auprès des employeurs pour apprécier les discriminations à l’embauche?
- Je connais une personne a qui s’est arrivé, qui a fait cela et qui a gagné devant la commission des droits de la personne. Il avait changé son nom pour “Tremblay” et il a été appelé pour l’employeur. Il n’a pas nécessairement été embauché mais a été appelé…
Sans sortir les “gros mots”, je pense que les gens ont douté de la qualité de sa formation. À mon avis, il s’agit plutôt d’une méconnaissance et c’est à nous, en tant que pouvoir public, de parler aux associations d’employeur pour les inciter à embaucher ses travailleurs spécialisés dont le Québec a besoin. Après toutes ses démarches complexes dont on parlé, et qui, en plus, coûtent de l’argent, on a aussi à assumer nos responsabilités. Il ne s’agit pas de donner une « partie gratuite », mais de leur dire « voici le cheminement et nous allons vous accompagner… » Ce n’est ni trop exiger, ni trop offrir.
Nicolas Sarkozy a exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour le communautarisme et le multiculturalisme à la canadienne. Pourtant, les 27 pays européens viennent d’adopter une position commune dans laquelle la langue est considérée comme l’un des trois piliers dans les politiques migratoires. Cette tendance témoigne-t-elle de la validité de votre approche linguistique de l’intégration?
- Avec mon bureau, nous sommes en train d’effectuer un travail sur l’ensemble des pays occidentaux qui amendent actuellement leurs lois sur l’immigration et tous ces pays parlent de langue, d’apprentissage de l’histoire nationale, etc. Même l’Angleterre…
Il n’a plus que le Canada à faire cavalier seul avec son communautarisme, quand l’Angleterre, pays du multiculturalisme par excellence, est en train d’y renoncer. Le Home office vient de déposer un projet de loi qui établit trois étapes pour accéder à la citoyenneté britannique et parmi les critères évalués il y a langue, bien sûr, mais aussi l’implication, non pas dans sa communauté, mais dans la communauté nationale. En conséquence, le Canada est de plus en plus isolé dans cette stratégie. La décision des États membres de l’Union Européenne confirme que la question linguistique doit être au centre des politiques d’immigration.
Enfin, pour conclure, nous aurions souhaité que vous nous présentiez les mesures qu’adoptera votre parti une fois aux affaires, pour répondre à cet enjeu de société alors que le Québec évolue dans une société sans cesse plus globalisée.
- Il s’agit d’un véritable combat politique que nous devons mener afin de rapatrier tous les pouvoirs en matière d’immigration. On souhaite la souveraineté au Parti Québécois, bien évidemment, mais le rapatriement de ces pouvoirs permettrait, dans un premier temps de cesser les confusions de messages dont je faisais mention tantôt. Il s’agit là de la première bataille.
A vrai dire, même si je n’aime pas vraiment le terme de contrat, il s’agit aussi de définir rapidement les obligations des uns et des autres, pas de juste de l’immigrant et de la société d’accueil, mais des deux. Il me semble intéressant que les deux parties s’entendent dans une démarche commune pour faciliter l’intégration.
Troisièmement, il s’agirait de faire le ménage dans la désorganisation totale du Ministère de l’immigration. En passant, je vous souligne que quatre ministères interviennent en la matière: l’immigration, évidemment, la santé, emploi et solidarité sociale, éducation. Certes il y a un budget de 270 millions de dollars assigné à cette mission, mais il est divisé en quatre. Je défie quiconque de s’y retrouver dans tous cela. Plus tôt je vous ai parlé des cours de langue, c’est devenu un exemple classique…
Ensuite, je vous dirai qu’en matière d’immigration, il y a un ensemble d’organismes communautaires qui ont développé une expertise extraordinaire sur laquelle il faudra s’appuyer pour aller plus en avant. Ces partenaires devront être intégrés de façon plus importante.
Enfin, je vais me répéter, il faut entreprendre une politique énergique de régionalisation pour que les régions soient prêtes à accueillir les nouveaux arrivants, que ces derniers aient le meilleur encadrement possible et qu’ils puissent travailler très rapidement. En fin de compte, on parle de valeurs, d’apprentissage de langue, etc., mais c’est l’emploi la principale finalité. Si, les nouveaux arrivants sont obligés d’apprendre l’anglais pour gagner leur vie, ils vont l’apprendre et ce sera normal, mais notre objectif ne sera pas atteint. Il faut que les gens qui arrivent gagnent leur vie le plus rapidement possible, mais en français.
Donc comme vous pouvez le constater, il y a encore beaucoup de travail devant nous…
Propos recueillis le 18 novembre 2008 par Florent Michelot au local de campagne de Martin Lemay.
Liens Internes:
- Article La francophonie est au coeur de nos valeurs
(basé notamment sur cet entretien)
Liens externes:
En France, mobilisation massive contre le Gouvernement
30 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique française
Source : lemonde.fr avec AFP et Reuters
La France a connu, jeudi 29 janvier, une mobilisation massive contre la politique économique et sociale du gouvernement, échappant toutefois à la paralysie et au “jeudi noir” prévus par certains.
Selon la CGT et Force ouvrière, plus de 2,5 millions de salariés du public et du privé ont défilé dans tout le pays à l’appel de tous les syndicats, pour une fois unis. Le ministère de l’intérieur a comptabilisé pour sa part 1,08 million de manifestants dans les 195 cortèges recensés. (Voir l’infographie Les chiffres des manifestations en France)
Les syndicats estiment avoir réussi leur pari de mobiliser autant qu’en 2006 contre le contrat première embauche. Selon François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, les défilés de jeudi sont les “plus grandes manifestations de salariés depuis une vingtaine d’années“. Ce n’est pas l’avis du porte-parole du gouvernement, qui a relativisé l’ampleur du mouvement. “Il n’y a pas un niveau de grève exceptionnel, c’est plutôt en-deçà dans le secteur public que ce qui avait été constaté lors des derniers mouvements“, a dit Luc Chatel sur Europe 1.
Selon les chiffres officiels, un quart des quelque cinq millions de fonctionnaires a répondu à l’appel à la grève. Outre l’éducation, où au moins la moitié des enseignants des écoles ne travaillait pas, les perturbations ont surtout touché les chemins de fer, les transports en commun et aérien, mais sans atteindre les niveaux annoncés. Grèves et débrayages ont aussi affecté le secteur privé, dont les salariés étaient bien visibles dans les cortèges alors que les périodes de crise marquent presque généralement un reflux des mouvements sociaux. (Lire l’article Bilan de la grève, secteur par secteur)
Les cortèges, particulièrement fournis en province, avançaient des revendications diverses : sauvegarde de l’emploi, défense des services publics, fin de la “casse” sociale, défense des libertés… (Voir le reportage A la Bastille, chaque manifestant a ses raisons)
A Paris, la préfecture de police a fait état de 65 000 manifestants, un chiffre contesté par les syndicats, la CGT ayant quant à elle compté 300 000 personnes. En fin de manifestation, des incidents ont opposé quelques centaines de manifestants aux forces de l’ordre dans le quartier de l’Opéra, où plusieurs feux ont été allumés, incitant les forces de l’ordre à charger et à tirer des gaz lacrymogènes.
Nicolas Sarkozy, omniprésent dans les slogans et sur les banderoles des manifestations, a dit en fin de journée comprendre l’inquiétude “légitime” des protestataires. Le chef de l’Etat a indiqué qu’il rencontrerait dans le courant du mois de février les organisations syndicales et patronales afin de “convenir du programme de réformes à conduire en 2009 et des méthodes pour le mener à bien“.
Reste à savoir si cette annonce suffira à convaincre les syndicats, qui se sont dit prêts à durcir le mouvement. (Lire l’article Les dirigeants syndicaux pensent déjà à la suite)
L’opposition a elle aussi donné de la voie, les leaders socialistes se montrant notamment au passage du cortège parisien. (Lire la note du blog “Puzzle socialiste” L’état-major socialiste était de sortie)
Budget fédéral : le PLC se résigne et signe l’arrêt de mort de la coalition
28 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique québécoise
Le choix du PLC a été annoncé ce matin et les libéraux ne s’opposeront pas au budget présenté par Jim Flaherty, Ministre du budget de Stephen Harper. Pis, ils iront même jusqu’à lui apporter leur soutien.
À cette volte-face, certains émettent l’hypothèse que l’arrivée de Michael Ignatieff à la la tête du PLC signait de facto la fin de l’entente entre les partis d’opposition. Bien sûr, le nouveau chef libéral ne sait jamais montré ardent défenseur de l’option de coalition, on le sait, mais ce serait avant tout la remontée du PLC dans les sondages depuis son arrivée à la direction qui aurait marqué le virage stratégique. En toute logique, un parti libéral qui se voyait pousser des ailes dans les intentions de vote avait toutes les raisons de s’émanciper d’un allié turbulent comme le NPD et d’un soutien intransigeant comme le Bloc.
Enfin, il y a eu ce que Denis Coderre, lieutenant d’Ignatieff au Québec, a appelé “l’intérêt national” en se retranchant derrière des arguties juridiques pour justifier la peur d’être conduit à de nouvelles élections générales. La coalition aura donc été utilisée comme l’épée Damoclès.
En tout état de cause, la fin de la crise parlementaire ouvre une certaine redéfinition du champ politique canadien: les libéraux peuvent désormais se targuer de faire manger les conservateurs au creux de leurs mains, ces derniers devant impérativement se recentrer pour préserver leur cabinet.
Pourtant, les libéraux pourraient être les premières victimes de leur revers. En effet, si le Gouvernement Harper aura plus que jamais besoin des voix du PLC pour persister, ce dernier devra compter sur ces anciens compagnons de route pour renverser les conservateurs. Or, une telle chose ne sera plus si simple puisque le NPD aura toutes les raisons du monde de se méfier ce faux-frère-ennemi de centre gauche: de l’eau devra couler sous les ponts avant d’envisager de nouveaux partenariats. Enfin, les troupes de Gilles Duceppe ont tout intérêt désormais à percevoir Michael Ignatieff comme un challenger sérieux au Québec, bien plus dangereux que n’ont pu l’être Stephen Harper et Stéphane Dion.
Pour illustrer ce nouveau paradigme, voici une dépêche de la Presse canadienne relative à la réaction de Gilles Duceppe.
Duceppe accuse les libéraux de laisser tomber le Québec en appuyant le budget
OTTAWA — L’ère de la collaboration et de la bonne entente entre le Bloc québécois et le Parti libéral du Canada scellée en décembre dernier par le pacte donnant naissance à une coalition des partis d’opposition a pris fin abruptement mercredi avec la décision du parti fédéraliste de Michael Ignatieff d’appuyer le budget conservateur.
Pour le chef bloquiste, Gilles Duceppe, ce geste constitue rien de moins qu’une trahison.
“En votant en faveur de ce budget conservateur, les libéraux vont aussi voter contre le Québec. Comme les conservateurs, les libéraux vont eux aussi voter contre la justice sociale, contre le droit à l’équité salariale et ils vont voter contre une économie verte”, a-t-il déclaré lors d’un point de presse.
M. Duceppe, qui ne s’en était pas pris directement aux libéraux depuis des mois, leur a reproché mercredi de renouer avec leur “tradition prête à laisser tomber le Québec à la première occasion”.
“On a la politique de nos intérêts et les intérêts du Canada ne sont pas ceux du Québec. Quand ils ont à choisir entre l’Ontario et l’Ouest et le reste du Canada et le Québec, le choix se fait facilement”, a-t-il fait valoir.
Le chef souverainiste a prévenu les libéraux, qui espèrent faire des gains au Québec lors du prochain scrutin, qu’ils paieraient le gros prix pour leur attitude.
A l’instar du Nouveau Parti démocratique, le Bloc s’oppose à un budget qui à ses yeux fait passer “l’idéologie avant l’économie”, ne vient pas en aide aux travailleurs et aux chômeurs et ne respecte pas les compétences provinciales.
Le Bloc a déposé mercredi un sous-amendement au budget qui reprend le texte d’une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale demandant une aide pour les secteurs manufacturier et forestier, un meilleur accès à l’assurance-emploi, le maintien de la péréquation dans sa forme actuelle et l’arrêt du projet de commission des valeurs mobilières pancanadienne.
Le vote sur ce texte aura lieu jeudi. Pour M. Duceppe, tous les élus du Québec auront alors à prendre clairement position, non seulement sur le budget mais aussi sur une série d’enjeux chers à leur province d’origine.
“Au moment du vote sur ce sous-amendement tous les élus du Québec feront face à un choix qui est très clair: c’est le choix entre le Québec ou le Canada. Tous les élus du Québec qui voteront contre ce sous-amendement et en faveur de ce budget conservateur auront choisi le Canada au détriment du Québec”, a-t-il insisté.
Le NPD a d’ores et déjà indiqué qu’il appuierait le sous-amendement du Bloc. Le parti ne compte cependant qu’un député au Québec, l’ancien ministre Thomas Mulcair qui représente la circonscription montréalaise d’Outremont. [...]
Une semaine importante débute à Ottawa
26 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Politique fédérale

Dénouement de près de deux mois de tractations politique, cette semaine débutera par la lecture du discours du trône de Michelle Jean. Sauf réelle surprise, ce dernier devrait être relativement proche de celui prononcé il y a deux mois, se focalisant notamment sur l’enjeu économique actuel.
Le projet de budget quant lui, sujet de toutes les attentions, devrait être présenté demain. En effet, devant les menaces de coalition PLC-NPC, la prorogation de la session parlementaire, le 04 décembre dernier, a permis aux conservateurs de Stephen Harper d’obtenir un sursis de 7 semaines pour revoir leur copie budgétaire.
Le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, ne souhaite pas se prononcer sur une éventuelle censure du Gouvernement. avant d’avoir pris connaissance de celui-ci. D’ores et déjà, le Nouveau Parti Démocratique de Jack Layton a annoncé qu’il s’opposerait à son adoption. Gilles Duceppe, du Bloc Québécois, a, pour sa part, indiqué qu’il conservait un mince espoir de voir le texte correspondre à ses attentes, mais à répété à plusieurs reprises qu’une coalition soutenue par le Bloc restait d’acutalité.
Sur le fond, des trois partis d’opposition, tous s’entendent néanmoins pour considérer que l’annonce de déficits beaucoup plus importants que ce qui était planifié il y a encore quelques semaines ne contribue pas à restaurer la confiance à l’égard des conservateurs. Enfin, la rumeur d’une baisse généralisée (mais limitée dans le temps à la période de crise) est un autre point de tension: depuis la baisse de la TPS (impôt fédéral indirect sur la consommation), le Gouvernement a d’ores et déjà fragilisé les caisses de l’État canadien sans obtenir les conséquences escomptées sur le dynamisme économique. Plutôt qu’une relance économique, PLC, NPC et Bloc Québécois s’inquiètent du possible glissement progressif vers un déficit structurel.
Du 22 novembre à aujourd’hui, retrouvez la chronologie complète des évènements sur le site de Radio Canada.
L’assermentation de Barack Obama en direct
20 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans International
L’assermentation de Barack Obama sera retransmise dès 11h00 (17h00 heure de France), en direct et traduit en français, à partir du réseau TVA.
Vous pouvez aussi suivre l’émission spéciale qui sera diffusée sur
.
Édition du message à 13h25:
La vidéo ci-dessus est produite par la chaîne parlementaire française Public-Sénat.
Les JRG s’indignent de la situation actuelle à Gaza
7 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans International
Depuis plus d’une semaine, l’armée israélienne mène une action militaire de grande envergure dans la bande de Gaza. Le bilan actuel fait état de

plus de 600 morts parmi les civils. Les organisations humanitaires présentes sur place parlent de “dépassement du seuil critique“. La bande de Gaza étant coupée en deux, les secours présents au sud ne peuvent intervenir au nord et vice-versa, alors que l’aide manque.
Les Jeunes Radicaux de Gauche (JRG) condamnent fortement la rupture de la trêve par le Hamas ainsi que l’action militaire israélienne. Ils demandent la mise en œuvre d’urgence d’un corridor d’urgence ainsi qu’un cessez-le-feu immédiat.
Les JRG appartiennent à un parti humaniste, attaché aux libertés individuelles. Ils appellent à la reprise de discussions en vue de l’obtention d’une paix durable, qui ne pourra advenir sans la coexistence de deux Etats viables dans cette région, à savoir un Etat palestinien et un Etat israélien. Ils regrettent également l’absence d’un véritable Haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, qui impacte négativement la voix de l’Europe dans cette région, à un moment où les Etats-Unis sont en phase de transition démocratique.
Nassim CHIBANI, délégué national à la communication militante
Olivier MAILLEBUAU, Président des JRG
Communiqué des Jeunes Radicaux de Gauche
Paris, le 7 janvier 2009
« La délimitation des frontières maritimes entre la France et le Canada»
3 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans International, institutions
Mesdames, Messieurs,
L’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon est particulièrement attaché aux dossiers relatifs à la délimitation des frontières maritimes, au premier rang desquels aujourd’hui l’extension du plateau continental. Pour les élus et responsables locaux auditionnés par la mission d’information, ce dossier représente la « dernière chance » de l’archipel dont l’avenir est menacé.
C’est dans ce contexte que l’examen, au travers du projet de loi en autorisant la ratification, de l’accord franco-canadien sur les hydrocarbures du 17 mai 2005 a convaincu la commission des Affaires étrangères d’approfondir l’étude des relations entre la France et le Canada en matière maritime.
Le potentiel d’hydrocarbures dans le sous-sol et les ressources halieutiques de l’Atlantique Nord ainsi que l’évolution du droit maritime international ont fait naître une concurrence entre les deux États côtiers sur les espaces maritimes qui les bordent.
Un différend portant sur la détermination de leurs droits respectifs sur les zones maritimes a ainsi opposé durablement le Canada et la France. Une décision arbitrale de 1992 a finalement réglé le sort de la zone économique exclusive (ZEE) française. Cette décision, très en deçà des prétentions de la France, a profondément marqué la population de l’archipel qui l’a perçue comme une injustice et un abandon de la part de l’Etat français. Elle a compromis la survie économique de l’archipel en mettant fin à plusieurs siècles d’industrie de la pêche. Depuis cette date, la loi sur les océans de 1996 a permis au Canada d’établir sa propre zone économique exclusive confirmant l’enclavement de la ZEE française.
Longtemps ressources maritimes et coopération ont donc été inconciliables. Le litige sur la zone économique exclusive a dominé la relation franco-canadienne faisant de cet espace maritime un espace de confrontation. Aujourd’hui, la nécessité de garantir la survie de l’archipel et la volonté d’intégrer pleinement Saint-Pierre-et-Miquelon dans son environnement régional pourraient permettre d’envisager le plateau continental étendu comme un espace de coopération future.
La ZEE française, de dimension modeste et enclavée dans la ZEE canadienne, ne suffit pas aujourd’hui à assurer la pérennité économique de Saint-Pierre-et-Miquelon et le maintien dans l’archipel de sa population. Alors que les perspectives en matière d’hydrocarbures et de pêche sont réelles, l’hypothèse d’une revendication d’un plateau continental étendu mérite d’être attentivement étudiée.
Selon l’analyse de la Mission, qui diverge de la position du ministère des affaires étrangères, la revendication doit en effet être envisagée, la sentence de 1992 ayant réservé cette possibilité. Le dépôt avant la date butoir du 13 mai 2009 de la lettre d’intention matérialisant cette revendication permettrait non seulement de préserver les droits de la France mais également d’ouvrir un dialogue avec les autorités canadiennes susceptible d’aboutir à une solution équitable sur la gestion de cette zone.
Cette revendication traduirait la volonté de l’Etat français de ne pas renoncer à ses droits d’Etat côtier dans la région et de soutenir l’archipel dont le potentiel, lié à sa proximité avec une région qui connaît un essor économique sans précédent, est malheureusement méconnu et négligé.
Meilleurs voeux pour l’année 2009 !
1 janvier 2009 par Le républicain Québécois
Dans Actualité française, Actualité québécoise, International
En ce début d’année nouvelle, nous vous présentons nos voeux les plus chers. Puisse 2009 assurer, à vous et à vos proches, le bonheur et la santé qui nous seront utiles pour la réussite de nos engagements respectifs.«[…] ce que le peuple n’a pu gagner un jour, il n’y renonce jamais et finit toujours par l’obtenir.»
Louis-Joseph Papineau (1786, Montréal – 1871, Montebello)
Grand orateur, il réclama la création d’un régime parlementaire basé sur la souveraineté populaire. Ses nombreux discours seront un élément clé dans la rébellion des Patriotes de 1837. Lorsque sa tête est mise à prix en 1837, il passe aux États-Unis, et plus tard en France. Il ne revient au pays qu’après l’amnistie générale de 1845. Il attendra que tous les patriotes bénificient de l’amnistie pour effectuer son retour.
Lire la suite de sa biographie sur Wikipedia


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